TLD : Trop Le Délire

Ini­tia­le­ment publié le 06 mars 2006 à 18:19:00

Des noms de domaine de pre­mier niveau qui méritent qu’on s’y attarde (notion bien sûr sub­jec­tive). Pour rap­pel, les TLD, c’est .fr/.de/.es… (ccTLD) ou bien .com, .org., .net, .mil… (gTLD).

  1. Les his­to­riques
  2. Les pathé­tiques
  3. Les inter­na­tio­naux
  4. Des ccTLD notables
  5. Des TLD extraordinaires
  6. Conclu­sion

Les his­to­riques

.com
Ini­tia­le­ment uni­que­ment pour les sites mar­chands. C’est depuis du gros n’importe quoi.
.net
Ini­tia­le­ment uni­que­ment pour les sites de ges­tion d’Internet (FAI, DNS…, donc une sorte de méta­do­maine. Il est arrivé un peu plus tard que les autres. C’est depuis du petit n’importe quoi.
.edu
Pour le sys­tème sco­laire (sur­tout) états-unien. Un cas d’école non états-unienne à avoir un .edu : Poly­tech­nique (ben oui). Le dites pas aux Ricains, déjà qu’ils ne nous aiment pas…
.gov
Pour l’administration états-unienne.
.mil
Pour l’armée états-unienne.
.org
Pour tout le reste. Oui, c’est vague.

Les pathé­tiques

cym, .sco
TLD patron­nés pour les arcs longs et les kilts, res­pec­ti­ve­ment. Ça me déplaît pas mal : les TLD défi­nissent les pays (ccTLD), pas les langues. Ensuite, on y voit ou non à redire, mais on fait ça pro­pre­ment, pas à coups de boutoir.
.aero, .biz, .coop, .info, .museum, .name, .pro
.biz est un consé­quence de l’incompétence l’imbécillité la demande crois­sante de la part des four­nis­seurs de conte­nus (aïe, j’ai eu du mal avec ce mer­ca­to­lo­gisme). Les autres, sont des consé­quences de lob­bys divers la demande crois­sante de la part des four­nis­seurs de contenus.
.jobs, .mobi, .post, .tel, .travel, .xxx
Comme ci-dessous, mais on se tâte encore pour savoir jusqu’où des­cendre dans la bêtise. Pour .xxx, l’argument du bit malé­fique (evil bit) (comme ça, tous les sites de fesses seront au même endroit. Génial, non ‽) a même été évo­qué ; .kid, .kids (voir ci-dessous) et .xxx, le Web c’est une his­toire de cul… et, sans suc­cès, TBL a demandé à ce que .mobi ne soit pas créé.
.asia, .geo, .kid, .kids, .Web, .berlin, .love
D’autres gami­ne­ries.

Les inter­na­tio­naux

.nato
Pour l’OTAN (NATO en anglais). Date d’avant l’introduction de .int.
.int
Pour les juri­dic­tions inter­na­tio­nales ou supra­na­tio­nales, comme les Nations-Unies et, pré­sen­te­ment, l’Union euro­péenne. Il a aussi quelques autres usages (genre on ne sait pas où foutre machin. Com­ment ça, si on avait bien fait les choses au début, on aurait .net ?
.eu
Domaine pour l’Union euro­péenne. En cours de mise en place. À ce pro­pos, écou­tez Gandi : la seule chose dont vous pour­rez être sûr, c’est que votre carte sera débitée.

Des ccTLD notables

.ax
Iles Åland. Vous ne connais­siez pas ? Bien­ve­nus au club.
.bv
Île de Bou­vet, inha­bité, sauf par les Yautja (Pre­da­tors). C’est là où se passe Alien vs. Pre­da­tor. superbrawl2007.bv ?
.cs, .zr
Tché­co­slo­va­quie et Zaïre. N’existent plus.
.eh
Sahara occi­den­tal, colo­nie maro­caine. Je n’entrerais pas ici sur le débat de la per­ti­nence de la déco­lo­ni­sa­tion de ce territoire.
.cat, .gb
Les codes pour res­pec­ti­ve­ment la Cata­logne et la Grande-Bretagne, qui n’est sont pas des États sou­ve­rains [les­quels sont res­pec­ti­ve­ment l’Espagne (.es) et le Royaume-Uni (.uk)]. Mes pro­tes­ta­tions sur .cym et .sco (voir plus bas) valent aussi po ur ces deux-là.
.cat
Même chose, mais ça a été accepté. Ben oui.
.iq
Irak. Le res­pon­sable étant empri­sonné au Texas, il avait un peu de mal à gérer tout ça (quand on vous dit que la réa­lité peut-être plus drôle que la fic­tion !). Lorsque les valeu­reux pala­dins à la ban­nière étoi­lée ont libéré l’Irak, ils ont délé­gué la ges­tion à un autre orga­nisme (l’ancien ges­tion­naire, lui, conti­nue à éplu­cher des oranges au Texas).
.kp
Corée du Nord. Réservé, mais pas uti­lisé. Inter­net est un outil trop dan­ge­reux pour la sécu­rité du cama­rade prolétaire.
.sj
Îles de Sval­bard et Jan Mayen. Le Spietz­berg, quoi (non, pas le chien).
.so
Soma­lie. Le gou­ver­ne­ment que vous avez demandé n’est pas dis­po­nible actuellement.
.su
L’URSS, cama­rade ! Avec la nos­tal­gie, il semble que ce nom de domaine va de nou­veau être uti­lisé. Ça ferait plai­sir à Ser­gueï Fou­kov et Ana­toli.
.tl
Le nou­veau code du Timor-Oriental. Il est vrai que l’ancien signi­fiait Timor por­tu­gais. On com­prend qu’ils l’avaient amère…
.um
Les Îles mineures éloi­gnées des États-Unis. Inha­bi­tées. Éton­nant que c.um (to cum, venir. En fait jouir, avoir un orgasme) ne sois pas pris. Il y a quand même un poten­tiel de 3500 mots en anglais.
.us
« États-Unis. Ce n’est que depuis que le mot patriote est devenu par­ti­cu­liè­re­ment à la mode (depuis que le ciel leur est tombé sur la tête le 11 sep­tembre 2001) que ce domaine a émergé.
.yu
You­go­sla­vie, à la fois l’ancienne (jusqu’aux années 90) et la nou­velle (la Serbie-Monténégro, qui s’appela un temps Yougoslavie).

Des TLD extraordinaires

.arpa, .root
Un peu à la manière de l’objectif ini­tial de .net, mais en plus res­tric­tif, ces deux TLD servent à gérer l’infrastructure.
.example, .invalid, .localhost, .test
Domaines réser­vés pour des rai­sons didac­tiques ou autres. J’aurai cru que .tld aussi était réservé, mais ça n’a pas l’air d’être le cas. Voir aussi example.[com|org|net].
.bitnet, .csnet, .uucp, .onion, .mail
Des pseudo–TLD. Les trois pre­miers remontent aux années 80, quand les réseaux ne fai­sant pas par­tie d’Internet étaient encore consi­dé­rables. .onion sert à se connec­ter au réseau ano­nyme Tor et .mail est une pro­po­si­tion pour endigue le pourriel.
.local
Créé par Apple pour sa tech­no­logy Zero­Conf Bon­jour, ne résoud qu’en local.

Conclu­sion

C’est pas mal, tout ça, non ? Et encore, je n’ai pas parlé des noms de domaine alter­na­tifs (qui ne sont pra­ti­que­ment plus uti­li­sés, cependant).

Ce qu’il fau­drait, c’est un Grand Renom­mage, comme ça a eu lieu pour Usenet.

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Une réflexion au sujet de « TLD : Trop Le Délire »

  1. David Latapie

    Il n’évolue pas. La Bre­tagne, l’Occitanie et les Cor­nouailles (en Angle­terre) sont elles aussi des nations. Les ccTLD, comme leur nom l’indique, s’intéressent aux pays, aux États souverains.

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  2. Pere

    Cher David,

    Mal­gré vos pro­tes­ta­tions, il y a déjà plus de 20.000 (oui 20.000) sites avec le TLD .cat. C’est beau­coup plus que pour un grand nombre de TLD d’états sou­ve­rains. Ça démontre qu’il ne s’agit d’aucune invention.

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  3. David Latapie

    Bon­jour,

    Je me fiche de savoir le nombre de .cat enre­gis­trés. Les ccTLD, comme leur nom l’indique, servent à dési­gner un pays. La Cata­logne n’est pas un pays, c’est une nation. Comme dirait Coluche, ce n’est pas parce qu’ils sont nom­breux à avoir tord qu’ils ont raison.

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