Transhuman Space — chronologie

Transhuman Space

Ini­tia­le­ment publié sur le forum de l’association fran­çaise de trans­hu­ma­nisme.


Bon­jour à tous,

J’écris peu, car très occupé par ailleurs, mais j’aimerai vous par­ler d’un jeu qui a pour moi été une révé­la­tion : Trans­hu­man Space.

Je sais que Kusana Geek en a parlé un peu en mars (Cities on the Edge, par Anders que cer­tains ont ren­con­tré à la table ronde à La Can­tine). Laissez-moi déve­lop­per un peu (voire beau­coup, je suis intarissable).

D’abord et avant tout : je suis un énorme fan de Trans­hu­man Space. Rien de moins. Cet uni­vers m’a tel­le­ment apporté, il m’a per­mis de faire la syn­thèse de bribes de futur éparses. Je suis 100 % par­tial et je l’assume !

Ensuite, quelques rap­pels pour que l’on parle tous la même langue.

Trans­hu­man Space est un jeu de rôle tour­nant sous GURPS. Il n’existe qu’en anglais (j’ai tou­jours l’intention de le tra­duire, mais je manque de bras) et je l’ai mon­tré à quelques per­sonnes lors de la table ronde (dont Hugo de Garis ; Anders le connais­sait déjà, bien sûr).

Par jeu de rôle, j’entends le jeu de rôle papier, le seul « vrai » jeu de rôle (dans le sens qu’on n’est pas limité par ce à quoi ont pensé les pro­gram­meurs, même si l’apparition du design sys­té­mique en infor­ma­tique pour­rait chan­ger la donne). J’entends par là un jeu qui soit entre le jeu de pla­teau et le théâtre d’improvisation. Si vous connais­sez Don­jons et Dra­gons, c’est un jeu de rôle (bien qu’aux anti­podes de Trans­hu­man Space, et pas uni­que­ment pour l’univers).

GURPS (Gene­ric and Uni­ver­sal Role Playing Game) est un sys­tème de jeu (l’équivalent d’un moteur de jeu en infor­ma­tique) conçu pour pou­voir jouer dans tous les uni­vers pos­sibles et ima­gi­nables (et quand on voit la liste des uni­vers, c’est vrai­ment le cas !). Mais sur­tout, et c’est ce qui nous inté­resse ici, la ligne édito­riale des concep­teurs de GURPS est de tou­jours pro­duire un contenu très réflé­chi et avec de la cohé­rence interne (même pour GURPS Toons).
Dans le cas de Trans­hu­man Space, ça signi­fie un uni­vers de hard science où les auteurs ont réel­le­ment lu et com­pris la science (David Pul­ver est une som­mité dans le petit monde du JdR et je ne serais pas sur­pris qu’il soit lui-même trans­hu­ma­niste ; quant à Jamais Cas­cio, c’est un futu­ro­logue professionnel).

La série est sor­tie au début des années 2000 et a obtenu le GROG d’Or (une récom­pense fran­çaise) pour preuve de sa qualité.

Enfin, même si je connais­sais un peu Orion’s Arm avant et que j’avais décou­vert le trans­hu­ma­nisme de manière assez super­fi­cielle, c’est vrai­ment Trans­hu­man Space qui m’a per­mis de m’en faire une idée bien plus mature. Ce jeu est aujourd’hui mon jeu de rôle pré­féré, et pour­tant j’en connais. J’y reviendrais.

Donc voilà, fin de l’introduction. Pas­sons au plat de résistance.

Le monde de Trans­hu­man Space est la Terre en 2100. Ou plu­tôt, le sys­tème solaire en 2100. Contrai­re­ment à beau­coup de jeu de science-fiction, pas d’apocalypse, pas d’extra-terrestre venu nous conqué­rir, pas de révé­la­tion. Non, juste nous, avec nos drames et nos joies, dans 100 ans.

Dis comme ça, ça parait bien ennuyeux, non ?

Détrompez-vous.

Si Trans­hu­man Space devait avoir un slo­gan, ce serait celui-ci (qui est d’ailleurs en qua­trième de cou­ver­ture du livre de base) :
C’est quoi, un homme ? (What is human?)

D’emblée, la ques­tion montre le niveau du jeu. Ici, ce n’est pas un film hol­ly­woo­dien où il faut blas­ter de l’alien. On vise plus haut.

2100. L’espèce humaine n’est plus une, mais mul­tiple. Para­hu­mains adap­tés à la vie sous-marine ou spa­tiale, Homo super­ior conçus pour des familles aisées ou pour des idéo­lo­gies (ima­gi­nez quand l’islam radi­cal ren­contre la géné­tique : des femmes pro­gram­mées pour être sou­mises, des hommes hyper­vi­rils…). Mais aussi des ani­maux pro­vo­lués (uplif­ted) ren­dus plus intel­li­gents et ser­vant d’animaux de com­pa­gnie ou d’auxiliaires (le gorille pro­vo­lué fait un très bon ouvrier de chan­tier ou videur et ne coûte pas cher).
Cer­tains humains ne sont plus inter­fer­tiles. Alors, sont-ce tou­jours des humains ? Ils pleurent, ils souffrent, ils res­semblent à des humains, ils ont des parents humains, ont tou­jours vécu avec des humains… Et dans la majo­rité des pays déve­lop­pés, ils jouissent de l’intégralité de leurs droix civiques et civils.
Plus loin encore : le télé­ver­se­ment de l’esprit (mind uploa­ding) est une réa­lité. Les humains dés­in­car­nés sont appe­lés des Fan­tômes et appar­tiennent à la grande caté­go­rie des info­morphes, avec deux branches : les émula­tions d’esprit (divi­sés en Fan­tômes, Ombres, Frag­ments et Eido­lon) et les IA (d’intelligence variable, les plus puis­santes étant aussi intel­li­gentes qu’un être humain — Turing fort, Turing faible ?). La dif­fé­rence entre les deux, c’est que les pre­mières furent humaines (avec le bagage psy­cho­lo­gique qui va avec) alors que les secondes ne l’ont jamais été. Mais les­quelles méritent tou­jours d’être appe­lées humains ? Les Fan­tômes n’ont pas de corps (mais peuvent en inté­grer un par un implant marion­net­tiste ou sim­ple­ment un bio­roïde, voir plus bas), mais est-ce que ne pas avoir de corps vous inter­dit d’être humain, de voter CFDT ou d’avoir un enfant ? Non. Les Ombres et Eido­lon, copies plus ou moins ratées d’un être qui fut humain, méritent-elles tou­jours d’être consi­dé­rées comme humains ? Et inver­se­ment, pour­quoi inter­di­rait à une intel­li­gence arti­fi­cielle aussi capable de com­prendre, pen­ser et souf­frir qu’un être humain « de souche » d’être consi­déré comme un être humain ?

Oui, c’est quoi, un humain ?

Ça va, vous arri­vez à suivre ? Parce que, tel Acce­le­rando, ça accé­lère.
D’abord, un Fan­tôme peut avoir été humain, mais il peut aussi avoir été para­hu­main, voire un ani­mal pro­vo­lué. Inver­se­ment, au lieu d’être sim­ple­ment déma­té­ria­lisé, il peut habi­ter dans un objet. À l’article de sa mort, une femme télé­verse son esprit dans le camion de son mari, chauf­feur de poids lourds. Stu­pide ? Réfléchissez-y à deux fois…
Ensuite, comme le disait le phi­lo­sophe Fran­çois Élie, avec le numé­rique nous sommes entrés dans ce monde non-platonicien où la copie est iden­tique à l’original. Donc, qu’est-ce qui empêche un infor­morphe de se copier ? Et plu­sieurs copies d’être actives en même temps ? Quel impact sur le droit de vote, les ques­tions d’héritage ? On les appelle des xox et elles per­turbent tel­le­ment l’ordre social qu’elles sont géné­ra­le­ment illé­gales. Mais au-delà de l’orbite de la Terre… Sans comp­ter que les mili­taires auraient toute envie de « clo­ner » leurs meilleurs stra­tèges…
Donneriez-vous le droit de voter en conseil de classe au car de ramas­sage sco­laire ? Après tout, il connait très bien les enfants, qu’il rac­com­pagne chez eux depuis des années et il les voit sous un jour que les profs ne voient pas. Si son intel­li­gence est suf­fi­sam­ment déve­lop­pée, de quel droit lui interdiriez-vous ? Parce qu’il n’a pas la bonne cou­leur de peau (par­don, de car­ros­se­rie) ? Pour ceux qui connaissent l’anti­spé­cisme (qui n’est jamais signalé dans la série et qui, à mon sens, cor­res­pond à la conti­nuité de la lutte contre la racisme et contre le sexisme), vous serez sûre­ment en ter­rain connu.
Bien évidem­ment, cela fait long­temps que les embryons de tous les enfants à naitre sont exa­mi­nés pour y détec­ter des tares géné­tiques d’importance. Bien sûr au début, cer­tains mou­ve­ments ont pro­testé. Mais tous les beaux dis­cours tombent quand il s’agit de VOTRE bébé (ou de l’argent de VOS impôts pour la sécu­rité sociale, le débat actuel sur le rem­bour­se­ment des ALS le mon­trant bien) et peu à peu, les enfants ne naquirent plus avec des tares géné­tiques handicapantes.

Le sys­tème solaire
Souf­flons un peu et pre­nons de l’altitude. Ça y est, Mars a été conquise — elle a même prise son indé­pen­dance de fait (même si offi­ciel­le­ment, elle est sous l’autorité de la Terre). La Lune et les points de Lagrange sont habi­tés, par­fois par des grou­pus­cules radi­caux, comme des fémi­nistes extrêmes (plus besoin d’hommes) ou des info­morphes (vivre dans l’espace est plus simple quand vous êtes dés­in­carné). Ce qui n’est rien que de très com­mun, quand on y réflé­chit : les pre­miers colons en Amé­rique étaient des per­sé­cu­tés reli­gieux.
Plus loin encore, Titan com­mence à être conquise, dont son océan (il y a de la vie indi­gène là-bas et les écoter­ro­ristes de Blue Wave se font remar­quer). Sur place, la majo­rité des humains sont des para­hu­mains, qui ne sont plus inter­fer­tiles avec la « souche his­to­rique » (vous et moi) et sont adap­tés à la vie aqua­tique, dans le froid et la pres­sion.
À ce pro­pos : c’est de la hard science. Pas de vitesse rela­ti­viste, pas de porte des étoiles. Oui, les voyages inter­pla­né­taires durent très long­temps, voire des années. En fait, la tech­no­lo­gie spa­tiale de Trans­hu­man Space, vous le retrou­ve­rez dans un ouvrage de phy­sique d’aujourd’hui et dans les labo­ra­toires de recherche. C’est de la hard science (voire de la « dia­mond hard science », comme disent certains)

La tech­no­lo­gie
Nous sommes en 2100, pas en 2050. La bio­mé­cha­tro­nique (les cyborgs), après avoir eu son heure de gloire, est pas­sée de mode. Les implants méca­niques sont rares (sauf ceux liés à l’informatique), on pré­fère la bio­tech­no­lo­gie, moins inva­sive, qui se répare, qui ne se voit pas. En revanche, la nano­tech­no­lo­gie molé­cu­laire (MNT, dry nano­tech), n’est pas encore là. La rai­son à mon sens est méta : ça bou­le­ver­se­rait vrai­ment trop de choses, l’univers ne serait plus recon­nais­sable.
Un exemple par­ti­cu­liè­re­ment pro­bant : les bio­roïdes. Les bio­roïdes sont, tout sim­ple­ment, des androïdes bio­lo­giques. Même s’ils peuvent res­sem­bler à des humains (notam­ment les modèles érotiques), ce sont des machines, avec un ADN très réduit (donc simple). Mais ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le droit à être consi­dé­rés. Ils sont géné­ra­le­ment conçus pour une tache bien spé­ci­fique : le super-soldat, l’ouvrier, la pros­ti­tuée, l’éclaireur… Et comme ils peuvent être aussi intel­li­gents que des humains « de souche », la ques­tion se pose de leurs droits civils. En fait, en 2100, le ques­tion du droit des bio­roïdes est légè­re­ment plus avan­cée que la ques­tion du droit des grands singes en 2010.

La mémé­tique : l’industrialisation des idées
Le mar­ke­ting a évolué en mémé­tique com­mer­ciale. Des ingé­nieurs mémé­ti­ciens uti­lisent les lois de l’évolution pour implan­ter des idées et les faire évoluer. Mar­ke­ting viral, incep­tion… Oui et plus encore (excep­tion : pas de mani­pu­la­tion des rêves ; enfin, pas à ma connais­sance). Avec les débor­de­ments qui vont avec, les « expé­riences de Fran­ken­stein » ou l’équivalent du lapin en Aus­tra­lie. Des idées hors de tout contrôle et qui, comme n’importe quel être vivant, se mul­ti­plient, s’adaptent… et tuent.
Jus­te­ment, à ce pro­pos : on nous dit qu’un Noir est l’égal d’un Blanc et que donc le racisme n’a pas lieu d’être. Très bien. Mais est-ce qu’un indi­vidu osten­si­ble­ment plus intel­li­gent (par exemple, un homo supé­rior) n’est pas, lui, véri­ta­ble­ment supé­rieur ? Et si on se réfu­gie der­rière la dignité humaine, une ques­tion encore plus déran­geante se pose : des para­hu­mains conçus pour être ser­viles doivent-ils avoir la dignité d’homme ? Le Meilleur des Mondes, mais cette fois avec de solides argu­ments géné­tiques. Un rêve (ou un cau­che­mar ?) d’eugéniste.

Conclu­sion
Je pour­rais conti­nuer long­temps comme ça. En fait, Trans­hu­man Space est, véri­ta­ble­ment, ver­ti­gi­neux. Cette série m’a pointé du doigt l’étendue des chan­ge­ments à venir et donne rai­son à Fran­cis Fukuyama (arrê­tez de nous bar­ber avec le clo­nage humain ; ce n’est rien du tout par rap­port au reste). Et sur­tout, il le fait en réunis­sant deux grandes qua­li­tés : une pro­fon­deur rigueur d’interprétation et une grande [matu­rité, le refus de prendre posi­tion (tout comme mon autre chou­chou, Deus Ex: Human Revo­lu­tion). Le seul parti pris est que la Sin­gu­la­rité n’est pas arri­vée (d’une part parce que la loi de Moore a bien atteint ses limites en 2022, d’autre part parce qu’un humain boosté aux assis­tants per­son­nels arrive encore à lut­ter à armes égales avec des intel­li­gences arti­fi­cielles, les homo super­ior, eux, étant trop peu nom­breux pour comp­ter au niveau socié­tal et à mon sens aussi pour une troi­sième rai­son, méta : un JdR sin­gu­la­ri­ta­rien serait trop étrange pour être amusant).

Une der­nière chose (pour cette fois-ci) : 50 % des lec­teurs d’ouvrages GURPS ne comptent pas y jouer. Juste les lire parce que la qua­lité de l’écriture vaut vrai­ment le coup.

Et Trans­hu­man Space, défi­ni­ti­ve­ment, est de cette trempe-là.

Je serai ravi de répondre à toutes vos ques­tions sur ce jeu et même, si vous êtes assez nom­breux, à maî­tri­ser une partie !

Jean-Baptiste Soufron sur la singularité technologique

Trans­hu­ma­nisme et posthumanisme.

Notez que ces deux termes appa­raissent de plus en plus sou­vent, ce qui est bien une preuve que le mème prend de l’importance (récem­ment dans l’article Iron Man’s Armour de Wiki­pe­dia). Mais atten­tion à la dérive idéo­lo­gique, une téléo­lo­gie très reli­gieuse et qui s’inscrit dans le cadre du réen­chan­te­ment du monde et qui doit donc être pris avec dis­tance. Atten­tion aussi à Ray Kurz­weil, pour qui ses livres sont aussi un moyen de conju­rer sa propre mort (ce qui n’enlève rien à ses réflexions, mais doit être mis dans la balance). Je vous conseille cepen­dant de lire La Fin de l’Homme de Fran­cis Fukuyama, dont la vision est très réflé­chie (pour résu­mer ce livre : arrê­tez de ne par­ler que de clo­nage humain ; que celui-ci arrive ou non, ce n’est vrai­ment que la par­tie émer­gée de l’iceberg). Et, bien sûr, Trans­hu­man Space et, pour les plus moti­vés, le concept de http://david.latapie.name/blog/niveaux-de-chocs-du-futur/chocs du futurs multiples et de niveaux topo­so­phiques (sin­gu­la­ri­tés mul­tiples) dans Orion’s Arm.

Le trans­hu­ma­nisme, un néo–futu­risme ?

C’est quoi, un homme ?

Ini­tia­le­ment publié le 05 juin 2005 à 14:10:59

  • Si demain, nous décou­vrions une popu­la­tion d’hommes de Nean­der­tal bien vivants, devrions-nous leur don­ner les droits de l’homme ?
  • Plus dif­fi­cile : que faire si nous ren­con­trions un homo habi­lis ?
  • Plus dif­fi­cile encore : que faire si nous ren­con­trions un aus­tra­lo­pi­thèque ?
  • Si nous don­nions le sta­tut d’homme à homo habi­lis, qu’en serait-il alors des Orangs-outangs, qui pour­raient bien être plus intel­li­gents que les « austries » ?

Dans le même ordre d’idées, vous pou­vez lire le pro­jet Grands singes, les grands singes comme per­sonnes ou la Décla­ra­tion sur les grands singes, relayés en fran­çais par One voice.


En écho à Tho­mas Linard, voici la conclu­sion du pre­mier cha­pitre de Trans­hu­man Space, dont j’ai déjà parlé à deux occa­sions (pour ceux croyant tou­jours que les JdR se limitent à des ados pré­pu­bères qui niquent les dra­gons et leur piquent leur tré­sor, c’est une excel­lente lec­ture, pour peu que vous lisiez l’anglais)

C’est quoi, « humain » ?

Aux yeux de nombre de per­sonnes, la ques­tion cen­trale du monde de 2100 est la défi­ni­tion de l’humanité. Des cen­taines de germ­line et des dou­zaines d’espèces para­hu­maines existent désor­mais. Nous avons du logi­ciel intel­li­gent qui semble avoir conscience de sa propre exis­tence et des bêtes géné­ti­que­ment modi­fiées avec la connais­sance du bien et du mal, sans oublier la voix et des pouces oppo­sables. Est-ce qu’un pro­gramme infor­ma­tique intel­li­gent, un chien qui parle ou un bio­roïde [androïde bio­lo­gique] sapient est une machine, un ani­mal fami­lier, un esclave ? Sont-ils nos enfants, ou notre futur ?

Une riva­lité est en train d’émerger à côté de laquelle les luttes des ⅩⅠⅩe et XXe siècles contre l’esclavage et l’apartheid paraissent bien mineures. Alors que, par le passé, les dif­fé­rences entre eth­nies humaines repo­saient sur des pré­ju­gés infon­dés, ceux entre les créa­tures arti­fi­cielles et les humains sont réelles et démon­trables. Si un bio­roïde ou une intel­li­gence arti­fi­cielle est conçu pour être légè­re­ment infé­rieur à un humain, est-ce mal de le consi­dé­rer comme sous-humain ? Si c’est un supé­rieur poten­tiel, devrait-on lui don­ner la liberté de faire ce qu’il veut, y com­pris de se repro­duire ? Il n’y a pas de réponse facile.

Une riva­lité est en train d’émerger à côté de laquelle les luttes des ⅩⅠⅩe et XXe siècles contre l’esclavage et l’apartheid paraissent bien mineures. Alors que, par le passé, les dif­fé­rences entre eth­nies humaines repo­saient sur des pré­ju­gés infon­dés, ceux entre les créa­tures arti­fi­cielles et les humains sont réelles et démon­trables. Si un bio­roïde ou une intel­li­gence arti­fi­cielle est conçu pour être légè­re­ment infé­rieur à un humain, est-ce mal de le consi­dé­rer comme sous-humain ? Si c’est un supé­rieur poten­tiel, devrait-on lui don­ner la liberté de faire ce qu’il veut, y com­pris de se repro­duire ? Il n’y a pas de réponse facile.

Une réflexion corol­laire de la part de Joel Gar­reau du Washing­ton Post: Sup­pose Faulk­ner was right?

Neu­ro­chips could also deve­lop fur­ther, for example the arti­fi­cial hip­po­cam­pus, rai­sing issues about what it actually means to be human.

(l’emphase est mienne)

Quelques pages à propos de « Transhuman Space »

Ini­tia­le­ment publié le 03 novembre 2006 à 17:14

Trans­hu­man Space est pro­ba­ble­ment la meilleure ten­ta­tive que j’ai vu d’imaginer un monde plau­sible en 2100 — life-enhancement.com

Actua­li­tés

De fausses actua­li­tés qui peuvent ser­vir à meu­bler le quo­ti­dien comme à ser­vir d’ébauches. Plus aucune n’est mis à jour.

How to get to grips with Transhuman Space?

A major issue with Trans­hu­man Space as a RPG:

Howe­ver, what I think is mis­sing is what role the player cha­rac­ters play in this world. Now, you could pro­ba­bly ans­wer that by saying, They can do any­thing the players can think of. That’s all well and good, but it can leave the players and GM adrift. Tra­vel­ler has the default cam­paign of free tra­ders, D&D default to dun­geon del­vers, Sha­do­wrun defaults to guns for hire. What is Trans­hu­man Space’s default campaign?

My uncle, who works in adver­ti­sing, once told me that when you write some­thing, you should be able to put the basic idea on the back of a busi­ness card.

Should I ever game­mas­ter one day, I will have to take this into consi­de­ra­tion, and maybe even to “push” them into a res­tric­ting role.

Texte d’ambiance pour Transhuman Space — L’assaut du Roc de Morrigan

Le chef d’équipe diri­geant la sta­tion se tua plu­tôt que de se rendre. C’était trop tard. Le chi­rur­gien du Reso­lu­tion agit rapi­de­ment ; le robot frac­tal réus­sit à sau­ver suf­fi­sam­ment de neu­rones du chef d’équipe pour créer une émula­tion d’esprit[1]. Les mémoires ainsi télé­ver­sées[2] confir­mèrent que c’était une opé­ra­tion de la Triade mar­tienne, mises en place par encore une autre clone trans-genre du célèbre Dr Mara Omo­kage. Les bio­roïdes de com­bat étaient des­ti­nés à la vente au Front de Défense d’Europe, des armes vivantes conçues pour faire cette guerre par pro­cu­ra­tion contre les pan­tro­pistes des Dun­ca­nites verts pour le contrôle de la des­ti­née de la lune. Le chef d’équipe révéla même des infor­ma­tions autre­ment plus inquié­tantes : le Roc de Mor­ri­gan n’était qu’un asté­roïde bio-usine parmi une dou­zaine exis­tants, leur loca­li­sa­tion exacte n’étant connue que des plus anciens cadres de la Triade martienne.

Le Roc de Mor­ri­gan est très rapi­de­ment décrit dans Trans­hu­man Space: Deep Beyond.


  1. mind emu­la­tion, NdT
  2. uploa­ded, NdT

Clarifications about “Transhuman Space”

Some cla­ri­fi­ca­tion regar­ding Trans­hu­man Space, by David Pul­ver. They come from dif­ferent e-mails exchanges with David Pulver.

  • See Feed­backs from Trans­hu­man Space.
  • The Fourth and Fifth Waves men­tions in Trans­hu­man Space are THS’s staff own inven­tions; they are extra­po­la­tions on Frank Tipler’s Waves.
  • NAI/LAI/SAI are not com­pu­ters. They are logi­cal struc­tures, while a com­pu­ter is a com­bi­na­tion bet­ween a *AI and a cer­tain kind of sta­tio­nary cybershell.
  • In the “Spa­ce­craft Design” sec­tion (Core Book Appen­dix A), A lif­ting body can be assu­med to be a wave­ri­der.
  • There is two dif­ferent Femi­nist ideal para­hu­man in the game: Wu Tsao (TS117) and Ariadne ⅠⅠ (FW117 — yes, same page). This is to indi­cate that trans­hu­man femi­nist move­ments are not a uni­form bloc but have dif­ferent com­pe­ting ideas.
  • This is unclear in Fifth Wave (FW122), so here is a cla­ri­fi­ca­tion: “gypsy spi­ri­thood” is not limi­ted to AI. Ghost can reach it too. Per­so­nal com­men­tary: social conse­quences are scary if it becomes popular.

Amour d’adolescente

Comme presque tous les jeunes, je pense que ma pre­mière fois, ce fut avec mon inter­face. J’avais bap­tisé San­jay d’après la star InVid et il avait vrai­ment un ava­tar canon, que Rose m’avait aidé à coder. Quelques mois plus tard, Rose ajouta un peu de hot­ware à son propre com­pa­gnon et m’aida à modi­fier le mien. Après ça, San­jay et moi fîmes beau­coup d’expériences avant que j’ai le cou­rage de deman­der à un mec. Même après que je me sois mise avec Anto­nio puis Paul, je pen­sais à com­bien je pré­fé­rais San­jay : il était là juste pour moi, tout le temps, et savais exac­te­ment ce que je voulais.

Voir aussi Les ordi­na­teurs per­son­nels d’après-demain : les implants voire L’éducation dans la Cin­quième vague. Trans­hu­man Space (jeu de rôles, mais sur­tout exer­cice de prospective-fiction à un siècle par des gens comme Jamais Cas­cio de World­Chan­ging) est dis­po­nible chez Ama­zon* (atten­tion, uni­que­ment en anglais, même si ce n’est pas l’envie qui me manque de le tra­duire). Si vous pré­fé­rez d’abord en savoir un peu plus : tag Trans­hu­man Space.