Archives du mot-clé société

Les quolibets et l’innovation

On a commencé à casser du sucre sur le dos de Mickaël Jackson à partir du moment où il a arrêté de faire de la bonne musique. Les quolibets étaient la conséquence, pas la cause.

On a commencé à casser du sucre sur le dos des Bleus à partir du moment où ils ont arrêté de faire des bons matchs. Les quolibets étaient la conséquence, pas la cause.

On commencé à casser du sucre sur Apple à partir du moment où l’innovation à stagné : retrait de Steve Jobs, iPhone 4S, iPad 3, iPhone 5. Si ça devient ringard d’être un fan d’Apple, c’est surtout parce que l’innovation n’est plus là (alors que j’ai vu de mes propres yeux à Laval Virtual 2012 la révolutionnaire technologie électrotactile que Nokia a vendu à Apple pour l’iPhone 6 – non, il n’y a pas de coquille).

Leçon de vie (#invariant) : quand on casse du sucre sur le dos d’une personne, ne vous concentrez pas sur le sucre. Concentrer sur la personne.

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Le transhumanisme, un bouc-émissaire de plus pour la déresponsabilisation ?

Trouver un bouc-émissaire ou “cachez cette responsabilité que je ne saurai voir”

Je dis toujours que le feu sert à cuire les aliments comme à brûler les hommes. Quoi que je puisse penser de la NRA, je dois leur porter crédit de leur slogan Guns don’t kill people ; people kill people (qui est aussi un excellent moment de nostalgie, mais je digresse).

On cherche toujours un bouc-émissaire, pour ne pas se regarder dans le miroir. Ce n’est pas moi qui ai échoué à rendre le tueur de Toulouse heureux (Stéphane Bourgoin, criminologue, supputait que le tueur de Toulouse est une personne qui n’a rien réussi dans sa vie et qui en veut à la société). Non, c’est un autre. L’islamiste, l’ultra-droite, les armes. Si le transhumanisme était plus à la mode, ce serait lui. Tout, du moment que ce n’est pas ma faute.

Il y a un vrai problème de responsabilisation. Problème qui s’auto-alimente, puisque le système encourage à rejetter la faute sur le système, y compris la faute de cette déresponsabilisation ! Je vous invite à méditer sur ces mots de Jean Baudrillard dans un entretien au Nouvel Observateur :

Le système produit une négativité en trompe-l’œil, qui est intégrée aux produits du spectacle comme l’obsolescence est incluse dans les objets industriels. C’est du reste la façon la plus efficace de verrouiller toute alternative véritable. Il n’y a plus de point oméga extérieur sur lequel s’appuyer pour penser ce monde, plus de fonction antagoniste, il n’y a plus qu’une adhésion fascinée.

Soyons clairs : le transhumanisme ne réduira pas en lui-même la criminalité (ni ne l’augmentera, même si de nouvelles variations sur un thème émergeront forcément). Ne surtout pas laisser cette idée se répandre. Cependant, la tentation sera grande de l’utiliser comme bouc-émissaire. Voici les arguments auquel il faut s’attendre :

  • Transhumanisme = technologie. Technologie = chômage. Chômage = Précarité. Précarité = détresse. Détresse = violence. Donc, transhumanisme = violence
  • Cyberpunk des années 80 (par opposition au postcyberpunk contemporain bien moins médiatisé), très noir. Lié au No future des punks, lui-même lié à l’angst des jeunes et non à une réalité vécue. Mais bien plus vendeur, malheureusement.

Stratégie des petits pas

Je renvois toujours à Marvin Minsky, Laisserons-nous la Terre à des robots ? :

As a species we seem to have reached a plateau in our intellectual development. There’s no sign that we’re getting smarter. Was Albert Einstein a better scientist than Newton or Archimedes? Has any playwright in recent years topped Shakespeare or Euripides? We have learned a lot in two thousand years, yet much ancient wisdom still seems sound–which makes me suspect that we haven’t been making much progress. We still don’t know how to deal with conflicts between individual goals and global interests. We are so bad at making important decisions that, whenever we can, we leave to chance what we are unsure about.

Là est le véritable enjeu sociétal. Mais ce n’est pas vendeur, alors il faut commencer par promouvoir la bioméchatronique, afin de vendre l’idée d’implanter de la technologie dans le corps (ce qui a de très grands intérêts intrinsèques ; ce n’est juste pas le plus grand de tous les intérêts). Après quoi en implanter dans le cerveau sera plus facile à accepter, puis modifier le cerveau pour une plus grande sagesse.

Au fil de mes interventions, c’est de plus en plus ce que je développerai : le transhumanisme comme apport social et, en parallèle, la nécessite de ne pas laisser à la technologie un travail que nous devons faire nous-mêmes. Je ne veux pas croire qu’en stimulant les centres neurologiques du bonheur, nous gagnerons en sagesse.

Sinon, les héroïnomanes seraient tous des moines zen.

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Origine du verlan et du cockney

Le verlan se développe d’abord dans les quartiers populaires. Il a la même fonction que le cockney anglais : encoder la langue pour la rendre opaque aux autres groupes sociaux. Le cockney était le fait des vendeurs des rues londoniennes qui pouvaient discuter devant les policiers sans que ceux-ci n’y pigent rien. Notre verlan, lui, est donc directement rattaché à l’émergence des bandes de “cailleras” parisiennes, donc des banlieues parisiennes.

Origines du verlan

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Peut-on évaluer un phénomène psy ?

Idée 1 : les troubles psychologiques, le mal de demain selon l’OMS. Selon Boris Cyrulnik, on pourrait atteindre 40 % de la population avec des troubles psychologiques (causes : solitude et stress)

Idée 2 : le livre “Statistiques des désordres mentaux” va sortir en 2013 et sera révélateur

L’importance de développer le C dans NBIC.

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La tyrannie des valeurs féminines

Pour expliquer cette baisse de libido masculine, la psychanalyste Hélène Vecchiali dénonce tout d’abord une forme de violence insidieuse : La société valorise le féminin de façon éhontée. La douceur, la parole, le consensus, au détriment de ce qui est pointu, piquant, tranchant. Il est demandé aux hommes de développer des qualités féminines, comme si les femmes avaient tout juste et les hommes tout faux ! Comment en rester un quand tout ce qui est constitutif du masculin est considéré comme brutal, agressif, violent ? Comment désirer avec des valeurs et des mots étrangers à soi ?

Les femmes n’ont pourtant rien à gagner de cette dévalorisation des valeurs masculines. Elles ont besoin d’admirer un homme pour l’aimer, poursuit la psychanalyste. Besoin aussi d’être désirées, car elles ont à réparer une double blessure imaginaire : celle d’avoir déçu leur mère en n’étant pas le garçon qui l’aurait comblée, à laquelle s’ajoute la peine d’avoir dû renoncer à leur père qui préférait leur mère. Les femmes sont donc perdantes sur les deux tableaux : elles vivent avec des hommes qu’elles n’admirent plus et qui ne les désirent plus.

Ces hommes qui n’ont plus envie de sexe

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Of board of directors, conseil d’administration and directoire

Almost verbatim from a post I wrote on wordreference.com.

Context: how to translate directoire (corporate meaning, unrelated with the Directoire).

Resurrecting an old topic, but since I am delving into French corporate law for around a week full-time now, I beg to give some input, for future readers.

First, I will have to use a lot of French words for the simple reason that there is no transparency is most terms – as far as I know.

France has a lot of different kinds of companies. The biggest ones usually are sociétés anonymes; English calls them S.A.

Historically (19th-century to mid-twentieth), French S.A. could only have a board of directors (conseil d’administration). Since 1966, a second system is possible, dubbed à l’allemande (à la Germany), replacing the monist system of a board of directors with the dualist system of a directoire (Vorstand in German) and a conseil de surveillance (Aufsichtsrat in German – surveillance comittee?).

The goal of this alternative system (which is still a minority of S.A. in present-day France, since only 4% of French S.A. use it) is to prevent abuses: the conseil de surveillance may look upon everything the directoire does – it can not oblige the directoire, but may otherwise impact it (here I stop knowing: I guess it can nullify something but I don’t know much more). My opinion is that the dualist system is more democratic than the monist one, since it enforces a greater transparency, but that’s just me.

This is different from the recent urge for transparency (post internet bubble) that lead, for instance, to split the powers of PDG (the American equivalent of a PDG is CEO and chairman of the board, P standing for chairman of the board and DG for CEO).

Tentative conclusions:

  • The directoire is a board of directors. Only that is has a mandatory surveillance comittee attached to it.
  • Back to the spirit: the reason for using two different words in French is that France has two different possibilities. In English, there is only one. Consequently, directoire shall be translated as board of directors when talking about a company’s primary executives and shall not be translated at all when the specific mechanisms have to be shown. Germany has Länder, not regions or states. The same principle applies here.

I hope to have been of help.

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L’origine de la méchanceté chez l’homme

Le mal ne vient pas tant de l’homme que de ce qu’il se compare aux autres

David Latapie, résumant la pensée de Michel Serres

C’est, en substance, le propos de Michel Serres, philosophe, sur France Info, en réponse à une question des auditeurs L’homme est-il bon ?

Rousseau : mythe du bon sauvage, l’homme est bon, la société le pervertit.

Michel Serres : qu’il soit bon ou mauvais (ce qui n’est pas bien important), la société aggrave son cas. Car qui dit société dit éléments de comparaison et de là concurrence, jalousie, violences. Que ce soient dans les domaines militaires, sentimentaux, économiques, sportifs…

Alors, la méchanceté, innée ou acquise ?

Moi : de multiples expériences montrent que les animaux sociaux savent s’engager des dans des rapports de force (les insectes sociaux aussi, entre colonies ; il faut considérer une fourmilière comme un ensemble d’organes et non comme une collection d’invidus). Donc, les effets pervers de la société ne sont pas le propre de l’homme (antispécisme). D’un autre côté, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ; ce n’est pas parce que la société pervertit l’homme qu’il faut forcément rejeter la société.

Cette réflexion sur la vraie place de la méchanceté chez l’homme me parait très importante au niveau pratique. Au lieu de n’être qu’élucubrations de philosophe, ça permet de mettre en place des réflexions éthiques et sociétales (notamment à une époque où le génie génétique arrive à maturité). Et c’est là qu’on voit que, loin d’être un gadget d’une société d’oisifs, le philosophe revêt une importance fondamentale de nos jours. Peut-être même plus qu’à l’époque où ils étaient davantage reconnus.

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