Recherche emploi de consultant accessibilité

Il y a quelque temps, un employeur poten­tiel et lec­teur de longue date me confiait : J’ai été très sur­pris de voir votre mail […] je n’imaginais pas que vous étiez en recherche d’emploi, l’accessibilité étant le « buzz » à la mode en ce moment.

Ça fait très plai­sir de se voir en fili­grane reconnu une forte com­pé­tence dans le domaine ; faut croire que je suis doué. Alors, pour­quoi n’ai-je tou­jours pas d’emploi ?

La rai­son est assez simple : quand bien même ai-je de fortes com­pé­tences, je souffre de deux tares inex­cu­sables en France1 :

  • je n’ai pas d’expérience pro­fes­sion­nelle (et vous connais­sez le cercle vicieux)
  • j’ai un par­cours aty­pique (géné­ra­liste et non spé­cia­liste, ce que je ne regrette guère)

Après avoir passé un temps non négli­geable en recherche d’emploi sur des sites qui ne me per­mettent pas de mon­trer ce que je sais faire, j’ai décidé de, tout sim­ple­ment, pas­ser par le bouche-à-oreille. Vous, lec­teurs régu­liers, savez ce que je sais faire ou pou­vez le lire.

Conti­nue rea­ding

Apparence et sémantique : l’être et le paraître

[…]

À part quelques socié­tés, qui ont besoin pour des appli­ca­tions spé­ci­fiques de struc­tu­rer leur texte, per­sonne ne struc­ture son texte de manière logique[1]. Toutes per­sonnes créant un docu­ment orga­nisent et struc­turent son texte par une image sty­lis­tique. Je vais mettre du gras ici, je mets une police de tel corps et de tel style. C’est l’organisation visuelle de leur texte qui leur four­nit la struc­tu­ra­tion logique de leur texte.

Com­bien de per­sonnes se sou­cient du mode plan de Micro­soft Word[2], et de ses feuilles de style asso­ciées. C’est dom­mage car cela rend énor­mé­ment de ser­vices. Mais c’est tel­le­ment facile, de struc­tu­rer son texte par le « paraître » plu­tôt que par « l’être, » que l’utilisateur va aller vers la plus grande faci­lité et c’est bien normal.

Pre­mier billet de Karl (décembre 2000) et déjà c’est superbe (j’utilisais le mode plan quand j’utilisais Word ; mode que je ne renie pas). Ça donne le ton pour les six années de Karl/La Grange.


  1. une note opti­miste : six ans plus tard, bien plus de gens (même si c’est très rela­tif) pensent et sur­tout écrivent avec la séman­tique en tête
  2. moi, oui (quand j’utilisais encore Word)

Web sémantique : quand les mots n’auront plus aucun secret pour vos logiciels…

Ce texte est tirée du numéro spé­cial vingt-cinquième anni­ver­saire du doyen des maga­zines infor­ma­tique fran­çais, L’Ordinateur indi­vi­duel.

Conti­nue rea­ding

Glyphes et caractères

Chris­tophe de blog éclec­tique (le sien aussi !) me deman­dait si glyphe et carac­tère sont la même chose. Ma réponse pour­rait inté­res­ser autrui.

Glyphes et carac­tères sont dif­fé­rents. C’est même une dif­fé­rence fon­da­men­tale pour bien com­prendre la typo­gra­phie, sur­tout infor­ma­tique. Si ça vous parle : structure/présentation (un peu comme HTML/CSS).

Voilà, vous avez l’essentiel. Si ceci vous suf­fit, vous pou­vez aller voir ailleurs. Sinon, vous décou­vri­rez diverses sub­ti­li­tés en lisant la suite.

Conti­nue rea­ding

Wikipedia un cran plus haut : Semantic Mediawiki

Wiki­pé­dia
Ency­clo­pé­die numé­rique col­la­bo­ra­tive uti­li­sant une syn­taxe wiki
Media­Wiki
Logi­ciel fai­sant tour­ner cette encyclopédie
Séman­tique
Ce qui a trait au sens. Dans le contexte du Web, pas­ser du per­ro­quet à la compréhension
Seman­tic MediaWiki
Ver­sion séman­tique de MediaWiki

Lespetitescases.net, excellent site sur la séman­tique et l’ontologie Web (qui, soit dit en pas­sant, n’a rien à voir avec l’ontologie phi­lo­so­phique), parle du pro­jet déjà rela­ti­ve­ment connu de Seman­tic Media­wiki : Et le wiki devint séman­tique. Contrai­re­ment à mes pré­cé­dentes lec­tures sur le sujet, cet article explique très bien ce dont il est ques­tion et je vous encou­rage donc à le lire.

Détails

Fonc­tion­ne­ment

Pour ceux qui veulent une idée rapide et qui n’étaient pas à Paris Web pour assis­ter à la confé­rence de Karl Dubost « Enri­chis­sons nos rela­tions », voici un exemple :

  1. Sans séman­tique, Ber­lin est la capi­tale de l’Allemagne, mais l’ordinateur ne le sait pas ; il se contente de répé­ter des suites de mots.
  2. Avec de la séman­tique, Ber­lin est tou­jours la capi­tale de l’Allemagne, mais cette fois-ci, l’ordinateur le sait. Berlin est la capitale de l’[[capital of::Allemagne]].

À noter que la créa­tion de caté­go­ries grâce à un tel sys­tème res­semble beau­coup aux listes intel­li­gentes (smart lists) que l’on trouve dans les sys­tèmes d’exploitation (un exemple pour trou­ver de vieux por­tables Apple d’occasion).

Loca­li­sa­tion

Notez que je ne sais pas encore com­ment cela se concrétisera-t-il pour l’internationalisation. Certes, la rela­tion Berlin/capital of/Allemagne peut se retrou­ver faci­le­ment liée à Berlin/capital of/Ger­many. Mais ceci n’augure nul­le­ment d’une rela­tion de langue. Uni­que­ment avec ces infor­ma­tions, il se pour­rait que Ber­lin soit la capi­tale d’une entité nom­mée Ger­many et d’une autre nom­mée Alle­magne (par exemple, au fil de son his­toire). Vu le grand nombre d’incertitudes, je pense qu’une infor­ma­tion de langue sera ajou­tée pour dire qu’Allemagne est le mot fran­çais pour Ger­many.

Inter­face

La simple richesse écra­sante de la séman­tique peut aisé­ment rebu­ter n’importe qui et les inter­faces d’édition et de recherche de sens seront capi­tales dans l’adoption de la séman­tique (à moins de se limi­ter à une séman­tique mini­male, ce qui serait bien dommage).

Conclu­sion

Il y a énor­mé­ment de choses à voir et à dire dans le domaine de la séman­tique du Web, et je n’ai clai­re­ment pas les dis­po­ni­bi­li­tés maté­rielles pour m’y atta­quer sérieu­se­ment. C’est bien dom­mage, car le Web séman­tique est une vision extrê­me­ment pro­met­teuse, for­te­ment cor­ré­lée à mon sens à l’Inter­net des objets (eve­ry­ware) et l’intel­li­gence arti­fi­cielle faible.

La réflexion (et les dis­cus­sions) conti­nuent chez Laurent Jouan­neau : Le wiki séman­tique avance et Sté­phane Gou­ri­chon — Ran­ger effi­ca­ce­ment des pho­tos numé­riques.

Idée Wikipédia : articles, sous-articles et transclusion

Depuis sa nais­sance, Wiki­pé­dia n’a de cesse de croître en volume, mais aussi de se sophis­ti­quer dans son orga­ni­sa­tion. Ainsi, si l’on prend l’article infor­ma­tique, il est devenu très vaste, tant que déci­sion a été prise de créer des sous-articles trai­tant cer­tains points. L’un de ces sous-articles est His­toire de l’informatique.

Codage abs­trait

D’une manière géné­rale, je suis opposé à l’anti­pa­tron qu’est le codage en dur ; ceci rejoint ma pré­fé­rence pour l’abs­trac­tion (%SystemDir% au lieu de C:\windows\System32), voire pour la séman­ti­sa­tion et l’interprétation. C’est d’ailleurs pour cela que j’espère que des tech­no­lo­gies per­met­tant de n’envoyer que le delta d’une page Web fini­ront par appa­raître (XSLT ou XFrames semblent aller dans ce sens, mais je connais trop peu).

Appli­ca­tion aux sous-articles

Dans le cas de notre article sur l’informatique, un modèle a été adjoint au début de l’article, {{loupe|Histoire de l’informatique}}, qui se tra­duit dans la page par : Pour appro­fon­dir, voir l’article His­toire de l’informatique.. Ce modèle per­met d’unifier les invites de ren­vois aux sous-articles.

C’est une très bonne chose, mais j’en vois une autre bien utile : la trans­clu­sion.

Une des règles offi­cieuses (et donc sus­cep­tible de chan­ger) de Wiki­pé­dia est qu’un article (de stade supé­rieur à celui d’ébauche) doit com­men­cer par une intro­duc­tion, puis être suivi de plu­sieurs par­ties. Cette intro­duc­tion doit défi­nir les grandes lignes de l’article.

Ceci me parait idéal comme pré­sen­ta­tion du sous-article dans la sec­tion idoine de l’article prin­ci­pal. Pour­tant à l’heure actuelle, la pré­sen­ta­tion dans l’article prin­ci­pal est com­po­sée à la main et n’a que peu à voir avec ce qui est écrit dans le sous-article. Au mieux, l’introduction au sous-article est un copier-coller de l’introduction du sous-article.

Ce que je pro­pose, c’est que, à l’instar de ce qui se fait déjà ailleurs dans Wiki­pé­dia, les intro­duc­tions au sous-article soient des trans­clu­sions de l’introduction du sous-article. La cohé­rence y gagne­rait, il y aurait moins de ver­sions inuti­le­ment dif­fé­rentes de la même chose, on rédui­rait la contra­dic­tion interne et on abs­trai­rait quelque chose qui gagne­rait à l’être.

Bien sûr, ceci néces­si­te­rait de revoir beau­coup d’introductions qui n’ont d’introduction que le nom. Il fau­drait aussi appli­quer une nou­velle struc­tu­ra­tion (id="introduction" , me parait idéal, mais les exports RDF de Seman­tic Media­Wiki sont une idée à creu­ser égale­ment : Chaque article peut être visible en RDF et donc lié par un autre fichier RDF, réuti­lisé dans une autre page Web ou dans un logi­ciel de ges­tion des connais­sances. L’intérêt dans ce cas est le même que celui que j’avais expli­qué pour les thé­sau­rus, les infor­ma­tions sont à un endroit et nous les réuti­li­sons plu­tôt que de les répé­ter.). Bref, rien d’insurmontable.

Qu’en pensez-vous ?

La cita­tion à-peu-près-dans-le-sujet du jour : Inter­net n’est pas seule­ment un nou­veau moyen de dif­fu­ser des infor­ma­tions, de même que l’imprimerie n’est pas seule­ment un nou­veau moyen de reco­pier la Bible.)

Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :

Tétracapillotomie : ordre des balises

Tétra­ca­pillotomie
(tetra + capill + tom) Cou­page de che­veux en quatre

Dans un ques­tion­naire, por­tant sur la séman­tique et l’ordre des balises, Dan Cede­rholm donne les exemples suivants :

  • <a href="http://www.simplebits.com/"><strong>The Greatest Web Site Ever</strong></a>
  • <strong><a href="http://www.simplebits.com/">The Greatest Web Site Ever</a></strong>

Dans le pre­mier exemple, une forte emphase est entou­rée par un hyper­lien. Dans le second, c’est le contraire.

La ques­tion que pose Dan est celle de la séman­tique : bien que ces deux codes donnent le même résul­tat, veulent-ils dire exac­te­ment la même chose ?

Les com­men­ta­teurs étaient vrai­ment miti­gés. Moi beau­coup moins.

Last in, first out : tout comme pour les CSS, le der­nier élément à pré­cé­dence sur les autres. Je consi­dère que la séman­tique doit se lire en fonc­tion de l’écartement d’un objet.

Dans le pre­mier exemple, un lien pointe vers un texte (et un site) impor­tant. Dans le second, un hyper­lien est important.

Ratio­ci­nage ? Pour moi, le lien est d’abord impor­tant avant d’être hyper­lié. Il est d’abord strong avant d’être a. Ainsi, mes liens se trouvent presque tou­jours en bout de chaîne.

D’autres exemples

Voici deux autres exemples de mon cru qui seront peut-être plus faciles à comprendre.

cite et emphase

  • <strong><cite>Washington Post</cite></strong>Washing­ton Post
  • <cite><strong>Washington Post</strong></cite>Washing­ton Post

Le pre­mier cas me paraît clai­re­ment plus séman­tique : le titre de l’œuvre est impor­tant, pas la chaîne de carac­tère. Le titre est Washing­ton Post, pas Washing­ton Post.

Un cas encore plus flagrant :

  1. il a dit : <q><strong>quarante-cinq !</strong></q> – il a dit : quarante-cinq !
  2. il a dit : <strong><q>quarante-cinq !</q></strong> – il a dit : quarante-cinq !

Ce qui importe, ce n’est pas d’avoir parlé, mais ce qui a été dit. Et on ne met pas des guille­mets en gras.

Je pour­rais don­ner un exemple simi­laire (et peut-être plus par­lant pour les typo­graphes) en met­tant un texte dans une langue et une cita­tion dans une autre. Dans ce cas-là, les guille­mets devraient être dans la pre­mière langue, pas dans la seconde. Cepen­dant, ce ne serait pas très par­lant au niveau du code (la seconde solu­tion néces­si­tant d’ajouter un span, l’impact péda­go­gique serait faible).

Où ça n’importe pas

Je consi­dère que em et strong ne sont que deux ité­ra­tions de quelque chose de beau­coup plus vaste : le poids des mots. En effet, le texte « nor­mal » a un poids de 0, le texte en em a un poids de 1 (emphase) et celui en strong un poids de 2 (forte emphase). Per­son­nel­le­ment, j’utilise small comme texte de moindre poids (poids –1) et je fais l’impasse sur big, mais là, je digresse.

Bref. em = 1, strong = 2

  • C’est important <em><strong>pour moi<strong><em> – C’est impor­tant pour moi. 1+2=3
  • C’est important <strong><em>pour moi</em></strong> – C’est impor­tant pour moi. 2+1=3

1+2=2+1=3. Dans ce genre de cas, l’ordre n’a aucune espèce d’importance. Per­son­nel­le­ment, je serais pour un em3. Pour le reste, voir Un peu de ménage dans CSS/HTML.

Enfin, quand je dis que ça n’importe pas, je parle de séman­tique. En CSS, la der­nière balise (donc la plus proche de la chaîne de carac­tères) à pri­mauté sur les autres. Un bon moyen de voir tout ceci est jus­te­ment d’adjoindre des styles mutuel­le­ment incom­pa­tibles à chaque élément et de voir par vous même.

« voir aussi » = related ?

Est-ce qu’il vous semblent cor­rect, d’un point de vue séman­tique, que j’intègre un rel="related"» dans tous les liens voir aussi que je mets dans mes textes ? related me semble bien cor­res­pondre au concepte de voir aussi mais peut-être ce code est-il réservé (ou à réser­ver) aux éléments de head

Exemple avec L’exception fran­çaise :

Voir aussi <a href="/post/Le_vrai_ou_le_beau_l_antimoine" hreflang="fr-fr" rel="related">Le vrai et le beau : l’antimoine</a>.

Structure et sémantique

L’emphase est mienne.

Contrai­re­ment à ce que dit un abus de lan­gage répandu, une page Web n’est pas séman­ti­sée, lorsqu’elle est enco­dée selon la norme XHTML. […] la séman­tique désigne ce qui est rela­tif au sens, à la signi­fi­ca­tion des uni­tés lin­guis­tiques. Or, que j’encode le mot chien avec la balise d’emphase em ou la balise d’emphase forte strong, le sens sera tou­jours le même : un mam­mi­fère de la famille des cani­dés. En revanche, la place du chien dans mon docu­ment sera dif­fé­rente, puisque le fait d’avoir uti­lisé une emphase forte peut mon­trer que le chien a une place impor­tante et l’auteur vou­lait insis­ter des­sus. Le XHTML et l’encodage XML, en géné­ral, ne per­met pas de faire de la séman­tique, c’est à dire de spé­ci­fier le sens des mots, mais de la struc­tu­ra­tion de contenu, c’est à dire d’indiquer la carac­té­ris­tique ou le rôle de l’expression enco­dée dans le contexte du document.

Plus loin, si je résume :

Struc­tu­rer
Pré­ci­ser la carac­té­ris­tique de chaque por­tion d’informations dans le contexte pré­cis du document

De mon côté, avoir mis tout ceci dans un blockquote est-il séman­tique ou struc­tu­rel ? Je vou­lais dire que ça ne vient pas de moi. Par ailleurs, si la majo­rité des navi­ga­teurs est inca­pable de suivre le lien vers le docu­ment ori­gi­nal, c’est parce que celui-ci est cor­rec­te­ment « séman­ti­sée » : il se trouve dans le champ cite de ma balise blockquote (j’ai déjà expli­qué tout ça, y com­pris com­ment suivre le lien : pre­nez Opera ou regar­dez dans la source de cette page).

Peu à voir, mais j’ai aussi une sug­ges­tion pour choi­sir entre em et strong.

J’ai bien envie de… aller ! je le fais, je mets le tag cyber­né­tique sur ce billet. Car je reste convaincu que nous sommes en train de créer une intel­li­gence arti­fi­cielle1.


  1. Au sens S-F de la chose, pas au sens concret des années soixante).