- popularité bientôt en berne
- occupation disque
- protection des données
- bande passante nécessaire
- coût
Je ne m’intéresserai ici qu’aux trois premiers.
La déception arrive
Petit avertissement : le cloud computing est arrivé sur la pente de la déception, (voir le Cycle de la survente de Gartner). Donc, bientôt les gens seront déçus par le cloud, mais ça n’aura qu’un temps. Tout ceci est très normal, donc ne pas s’inquiéter — attendez juste avant d’investir.Sauvegarde en ligne contre stockage en ligne
La sauvegarde en ligne est la conservation d’une copie hors-site. Ça veut dire qu’il y a toujours une version dans l’ordinateur et que donc, vous ne gagnerez pas de place en sauvegardant en ligne. Pire, vous en prendrez même davantage, puisque vous aurez une copie sur chaque ordinateur. C’est encore plus flagrant avec les solutions décentralisées (ou P2P), où il n’y a pas de serveur central (Wuala et Symform), puisque non seulement il faudra de la place pour vos données, mais en plus il en faudra pour celle des autres ! Ainsi :- Google Docs (stockage en ligne) : 0 % d’espace disque (sauf le cache navigateur)
- Dropbox (sauvegarde en ligne) : 100 % d’espace disque (c’est pour ça que l’on dit que Dropbox n’est pas vraiment sur cloud computing)
- Wuala/Symform (sauvegarde en ligne P2P) : 200 % d’espace disque (idem)
- risques légaux. Si une loi (comme le Patriot Act) dit que vos données doivent être accessibles au gouvernement, l’entreprise qui héberge les données n’a que trois choix : obéir (et alors, le gouvernement peut avoir accès aux données et l’entreprise aussi), refuser (mieux vaut alors être dans un lieu où une telle loi ne s’applique pas ; ce furent les choix d’HavenCo et The Pirate Bay, qui tous deux essayèrent de s’établir à Sealand) ou bien plier boutique. Parades : prendre une société très importante, qui ne peut se permettre la perte de confiance (on pense à Google), crypter les données de votre côté (c’est la fameuse solution Dropbox + TrueCrypt, mais qui vient au prix d’une perte de performance (versionnage peu probant, même si des réflexions sont en cours avec iKrypt, une solution basées sur encfs et github) et une complexité accrue (installation d’une couche de cryptage).
- risques techniques. Des disques durs, ça tombe en panne, donc sauvegardes externes et RAID sont nécessaires. Je classe aussi les risques liés à l’environnement (panne de courant, catastrophes naturelles et cambriolage) dans cette catégorie. Bonne nouvelle, prévenir tout ceci fait partie de la routine des datacenters, donc ce n’est pas un problème pour les serveurs centralisés (pour les serveurs décentralisés, on compte sur la réplication des données pour compenser le manque de fiabilité des nœud et le résultat est, on l’espère, similaire). En revanche, un problème bien plus grand est celui de la corruption silencieuse des données (réalignement magnétique, rayons cosmiques…). Une étude du CERN à montré que ce n’est pas du tout anecdotique. Les solutions existent (ZFS), mais si elles ne sont pas implémentés sur le client, ça ne sert à rien. Or, autant on peut espérer qu’un serveur (centralisé) est à l’abri de ceci, autant on ne peut pas l’espérer avant… longtemps sur les clients. Le problème est pire encore pour les serveurs décentralisés (GIGO)..
- risques humains. L’erreur humaine (suppression accidentelle) peut être prévenue par le versionnage (conservation de toute différence, même un changement de virgule ou une suppression, l’historique de Wikipedia est l’exemple le plus connu). Certes, un individu malintentionné pourra toujours détruire les données, mais là, c’est du sabotage et de la gestion d’équipe ; on rentre dans la défense en profondeur et on quitte le champ de l’erreur humaine. Cependant, un problème important demeure : celui de ne se rendre compte qu’après moult modifications que quelque chose à été supprimé accidentellement ; mais avec un versionnage illimité, c’est juste long à réparer…