Archives du mot-clé psychologie

Peut-on évaluer un phénomène psy ?

Idée 1 : les troubles psychologiques, le mal de demain selon l'OMS. Selon Boris Cyrulnik, on pourrait atteindre 40 % de la population avec des troubles psychologiques (causes : solitude et stress) Idée 2 : le livre "Statistiques des désordres mentaux" va sortir en 2013 et sera révélateur L'importance de développer le C dans NBIC.

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Comment être heureux en amour

  • Soyez jeune, moins "pollué" par la vie. Idéalement, la vingtaine : la personnalité est formée, mais la vie ne vous as pas encore trop atteint.
  • Trouvez votre complémentaire. Pour ce faire, trouvez votre profil socionique puis trouvez quel est le profil avec qui vous êtes en relation de dualité. Le plus dur : savoir où rencontrer vos complémentaires.
  • Il faut encore que vous vous trouviez attirants. Mais le fait d'être allé dans le milieu où se trouvent vos complémentaires augmente statistiquement les chances de rencontrer "le bon/la bonne".
  • Il faut avoir des goûts et des attentes en commun.
  • Soyez vigilant. La nature nous joues un tour et nous aurons tendance à ne pas faire attention à notre complémentaire.
Jeunesse, dualité, attirance, goûts et attente, vigilance… ben oui, ça fait beaucoup. Mais c'est mieux que le reste que l'on propose. Et, si vous lisez l'anglais et pouvez trouver la relation socionique/MBTI (plus difficile pour les introvertis que pour les extravertis), alors vous avez même des forum pour en parler (intj vs intp | intj vs entj | intj vs infj | intj vs istj | intp vs infp | entj vs entp | entp vs enfp).
However, let's not idealise these relations too much. Although theoretically relations of Duality are the best of the best, practically not everybody who is your Dual will make your dreams come true. The reason for this is that we are usually so twisted up during the course of our lives that our already formed and stable views and attitudes can affect our relationships quite heavily. In fact, younger people have more chance to succeed in the quest for their perfect partner than older people. But the chances are always there. […] However, nature has played a little trick on us. It is difficult to notice your Dual partner among all the other types and even easier to pass them by. Usually during first contact extroverts think about their introvert Dual as ordinary and simple, therefore not deserving their personal attention. In return introverts consider their extrovert Dual to be too good for them and therefore unattainable. Both positions usually belong to people who had a lack of Duality interaction during childhood. The magnetic effect of Duality becomes obvious when partners do not see each other for a while. Only after being together for a fair amount of time do the partners start realising how much they need each other. Finally, these relations are most suitable for friendship, marriage and family life. To have a Dual partner is irreplaceable if you have to compete or survive in a socially dangerous environment. — Relations of Duality between psychological ("personality") types

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Méditer pour apprendre à profiter du moment présent

Mails incessants, bruits dans les open space, portables, Internet… Comment réussir à se concentrer malgré la pollution attentionnelle ambiante ? Stéphane, dirigeant d'un cabinet de lobbying, lui, a suivi un stage de pleine conscience, il y a un an. Depuis, je médite vingt minutes chaque jour, raconte-t-il. L'exercice l'apaise. Je suis plus attentif, moins dispersé. Si une pensée parasite arrive, je la laisse venir; puis s'en aller, explique-t-il.

Roland Jouvent, psychiatre, n'est pas surpris de tels résultats : La thérapie de la pleine conscience s'appuie sur la philosophie prônée par les bouddhistes. C'est l’anti-double tâche. Par nature, les hommes sont soit dans l'anticipation, soit dans la remémoration. Un travers accentué par les nouvelles technologies. Une personne anticipant trop deviendra anxieuse ou au contraire dépressive, analyse-t-il. D’où le bénéfice d’une technique apprenant à profiter du moment présent. La méditation, c’est scientifiquement prouvé, stabilise l’attention, augmente la capacité de concentration et l'habileté à passer d'une tâche à l'autre, ajoute Christophe André, psychiatre, auteur de « Méditer jour après jour » (L'Iconoclaste). Et les personnes qui méditent ont plus de pensées positives. Signe de l'époque, les ouvrages de méditation s'arrachent : « Éloge de la faiblesse » d'Alexandre Jollien a 10 ans mais vient de paraître en poche (Marabout) et se vend par milliers, explique Laurence Deschamps, chef de produit littérature à la Fnac. Outre-Atlantique, le prospectiviste Alex Soojung-Kim Pang prône le contemplative computing (la contemplation informatique). Nous devons repenser notre relation compliquée aux nouvelles technologies pour ne plus les subir, a-t-il martelé, devant un public réuni cet été à Marseille par la Fédération Internet nouvelle génération (Fing). Avez-vous remarqué que nous retenons notre respiration quand nous vérifions nos mails ?, a-t-il interpellé. Ce réflexe inconscient est selon ce chercheur, une micro-alerte montrant une légère anxiété. Y a-t-il des conseils à suivre au quotidien ? Transformez vos attentes en temps de repos : ne lisez pas, ne regardez pas votre portable. Tournez votre attention sur votre souffle, votre corps, explique Christophe André, qui préconise de limiter les interruptions en regroupant coups de téléphone et lecture des e-mails. Enfin, créez-vous des espaces de pause intérieure. Toutes les heures, asseyez-vous, respirez deux minutes en commençant par une inspiration profonde, qui favorise le ralentissement, conseille le psychiatre. Allez, vous êtes arrivé à la fin de l'article, fermez les yeux !

Laure Belot, Le Mon­de ­pour Direct Matin du 7 novembre 2011

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Les nouvelles technologies troublent la concentration

David est acheteur, Claire avocate, Joseph économiste et Antony consultant Web. Ils ont en commun de bonnes études, un poste intéressant… Pourtant, tous quatre ressentent une drôle de sensation une fois au boulot : ils éprouvent de plus en plus de mal à se concentrer. Ils ont répondu à un appel à témoignages lancé sur Lemonde.fr mais désirent garder l’anonymat.

J’ai 4 000 e-mails dans ma boîte. Certaines personnes m’envoient alors qu’elles sont à 5 mètres. Je butine d’un sujet à l’autre et sous prétexte de partager un même espace, mes collègues m’interrompent sans cesse, déplore David qui travaille dans l’automobile. Pour Claire, seule dans son bureau d’un cabinet juridique, la source du mal est ailleurs : Dès que mon ordinateur est en route, la moindre pensée parasite me fait aller sur Internet. Pourtant, je suis passionnée par mon travail, dit-elle.

Joseph, lui aussi, dispose d’un bureau, dans une grande organisation internationale. Gestion d’équipe, suivi financier, recherche d’informations… On me demande d’être multitâche mais ma tête est en multi­zapping !, reconnaît-il. Quant à Antony, plongé dans l’univers Internet, il reçoit des demandes tous azimuts sur Skype ou par e-mails, entrecoupées de multiples perturbations. Sympa cette vidéo, tiens, un changement de statut sur Facebook, vite, un e-mail client… J’ai du mal à me concentrer sur des tâches complexes, avoue-t-il.

Combien sont-ils, ces salariés dont la pollution attentionnelle mange une partie de la journée ?

Difficile à dire, tant la dispersion au travail est un non-dit caché.

Personne n’en parle. Ce serait comme si quelqu’un disait qu’il glande au travail, confie Claire, l’avocate.

Le « syndrome de déconcentration », mal du XXIe siècle ? La multiplication des chaînes télévisées a habitué notre cerveau au zapping. Depuis, notre environnement quotidien est en ébullition. Internet, e-mails, téléphones portables, smartphones, tablettes tactiles, sans compter les tweets, nous ont rendus peu à peu multitâches, surstimulés mais pas si fiers de l’être. Pour preuve, l’écho mondial de l’article de Nicholas Carr, Google rend-il stupide ?, publié à l’été 2008. L’auteur y soutient que l’usage du Web limite la capacité de concentration. Son livre, The Shallows, vient d’être traduit en français (Internet rend-il bête ?, éd. Robert Laffont).

Une poignée de chiffres de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) campe le décor : près de six salariés sur dix consacrent deux heures par jour à gérer leurs boîtes mail ; près de sept sur dix disent vé­rifier leur messagerie toutes les heures mais le font toutes les cinq minutes ; sept managers sur dix déclarent souffrir de surcharge in­formationnelle. Ajoutons à cela que les open space sont désormais le quotidien de six sociétés sur dix. En conséquence, l’espace vital d’un salarié (7 mètres carrés) a été divisé par trois en dix ans !

Cette réalité intrusive n’est pourtant pas vécue par chacun de la même façon. Les plus de 30 ans ne sont pas nés une souris à la main et jonglent quotidiennement avec des outils numériques. Une gymnastique coûteuse en énergie, explique le psychiatre Roland Jouvent Les quadras, génération perdue ? Disons que les jeunes peuvent plus aisément switcher. Leur plasticité cérébrale leur permet de passer facilement d’un acte à un autre, en utilisant leurs cinq sens, répond le scientifique. D’autres inégalités, plus intimes, entrent en ligne de compte. Dans une journée, les salariés ne peuvent travailler en continu. Difficile de s’autoriser des plages de vacance visibles. Aller sur Internet peut constituer une pause salutaire discrète, explique la psychiatre Christine Foulon. Jusque-là, rien de problématique. Mais, à situation égale, certaines personnes plongent dans une addiction au zapping. La web-errance renvoie chacun à sa propre histoire, explique le psychanalyste Michael Stora. Se concentrer revient à pouvoir être seul avec soi-même, dit-il. Certaines personnes en sont moins capables que d’autres.

Le psychiatre Christophe André juge la situation préoccupante. Les périodes de calme, de lenteur et de continuité se fractionnent, constate-t-il. Des travaux récents publiés dans l’hebdomadaire américain Science soulignent que les personnes dispersées se sentent moins heureuses. Pour cet observateur, nous commençons à peine à mesurer scientifiquement les effets négatifs de ces phénomènes sur la performance et le bien-être.

Laure Belot, Le Mondepour Direct Matin du 7 novembre 2011

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Je suis neuro-droitier

Petite précision : il semble que j'amalgame dans cet article neuro-droitier et zèbre/surdoué. Mais je n'ai toujours pas réussi à voir ce qui tient de l'un et ce qui tient de l'autre…

Vous êtes toujours à penser à quatre choses en même temps, vous sentez incompris, n'arrivez pas à exprimer clairement vos idées aux autres et à faire court, vous fonctionnez à la motivation, avez besoin de comprendre la grande image pour comprendre les enchaînements de détails, voire avez été en situation d'échec scolaire… Il y a des chances pour que vous soyiez neuro-droitier.

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L’intelligence des animaux

Prenons l'exemple des castors. Ces rongeurs à moitié aquatiques se montrent à l'évidence programmés pour construire des digues compliquées. Ils savent le faire de façon innée. Portant, dans bien des situations, ces animaux très joueurs et très actifs n'agissent pas du tout comme des automates. Ils savent s'adapter aux situations inédites, inventer. Parfois, les digues s'écroulent alors ils les colmatent, les consolident avec ingéniosité. Quand le niveau de l'eau est trop haut, ils creusent des trous dans leur propre barrage pour éviter les iodations. Dégrader leur digue est pourtant contraire à leur comportement habituel. Ils trouvent des solutions faces à de nouveaux problèmes.

Les observant en biologiste, Derek Denton demande : les castors ne font-ils pas preuve d'intentions claires, de projets d'avenir élaborant des images mentales, disposant d'un modèle interne de leur environnement - autant de témoignages d'un esprit concepteur, d'une pensée ?

L'éthologue Donald Griffin le croit. Dans ces situations, explique-t-il, les castors font véritablement preuve d'un comportement versatile innovant.

Il donne d'autres exemples. Des castors se trouvent séparés des arbres qu'ils coupent d'habitude par une grille de fer. Alors ils entassent de la boue et des bâtons afin de faire un monticule, passer l'obstacle et récupérer le bois. D'autres castors construisent des remblais pour atteindre des morceaux de pain en haut d'un poteau de fer. Ou encore, ils bouchent des canalisations afin de faire monter l'eau dans leurs bassins. Toutes ces activités, affirme Gruffin, témoignent d'un premier niveau d'intentionnalité, d'une élaboration de projets collectifs, d'un apprentissage par essais et erreur - d'un « esprit » actif. Certaines semblent aussi connaitre, face à des situations nouvelles, des insights : des compréhensions soudaines.

[…]

[Benrd Heinrich, The Mind of the Raven, 1994 :] les corbeaux savent mentir. Par exemple, un corbeau ramasse un biscuit, s'isole et le cache en le recouvrant d’herbe. Un autre corbeau, qui l'observait de loin, vient pour le récupérer. Le biscuit n'est pas là.

[…]

Pierre Jouventin tire quelques leçons de toutes ses découvertes sur l'esprit des bêtes. Descartes s'est trompé, nous dit-il. Tout le monde sait aujourd'hui que le concept de « l'animal-machine » est faux. Il fallait être vraiment incompétent dans le domaine, ou buté sur le « domaine réservé » de l'homme pour le croire. Il apparait complètement arbitraire et illogique de mettre l'homme dans une tour d'ivoire où lui seul pense, souffre, raisonne, possède un langage et des souvenirs. Un neuropsychologue et éthologue comme Boris Cyrulnik ajoute dans Mémoire de singe et paroles d'homme (Hachette, 198) : Le jour où l'on acceptera enfin qu'il existe une pensée sans paroles chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des machines.

Le Monde 2, août 2007, p. 12-17

Nous ne sommes évidemment pas loin de l'antispécisme (extension du refus du sexisme et du refus du racisme aux êtres vivants). Attention : l'antispécisme est une considération morale, pas scientifique. Ce qui n'enlève bien sûr rien à son intérêt. D'autant plus que science sans conscience n'est que ruine de l'âme.

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