En commentaire d’un précédent billet, Laura me rétorquai que la fin de l’ordinateur classique, c’est pas demain, car c’est l’humain qui crée et l’humain, il lui faut des interfaces.
Je m’apprêtai à répondre en commentaire, mais finalement, vu la taille de la réponse, un billet est mieux adapté.
Interface
Laura, je m’étais mal exprimé : c’est le PC, objet combinant un écran et un clavier qui va disparaître. L’interface se fera autrement. Je suis à peu près certain qu’à long terme (une trentaine d’années, mais je suis peut-être pessimiste), l’interaction avec l’ordinateur sera plus ou moins comme celle avec un « lutin » (pensez au terme proxy
— oui, je sais que le sens est totalement différent) : une intelligence artificielle conversationnelle. Pour les tâches courantes, il y aura juste à lui dire et il le fera. Attention : si l’interface sera la voix, voire la conversation (expression en langage naturel, avec un niveau élevé de bruit), ce seront toujours des vraies machines bien bourrines qu’il y aura à l’intérieur.
- Exemple simple : lire mon mail à haute voix et me demander, dans le cas d’un rendez-vous, si j’accepte. Il inscrit ça dans le calendrier et me prévient s’il y a conflit, en me donnant des avis.
- Exemple plus compliqué : choisir des nouveaux vêtements pour moi (grâce à une base de données de mes goûts. On a un embryon – voire un œuf – chez Google) ou bien préparer une sortie en ville. Si je dis cinéma, il est capable de dire quel film ont des chances de me plaire. Je lui dis
j’ai suis vanné aujourd’hui. Il me faut changer d’air. Qu’est-ce que tu me proposes ?
. Il me propose alors différentes possibilités : restaurant, cinéma, opéra, café… Allez, d’accord pour un café, mais pas enfumé et pas trop loin. Qui est-ce qui veut venir ?
Le « lutin » comprend ma question et commence à contacter les « lutins » de mon réseau social pour voir ce que leurs maîtres font. Il m’annonce alors qui est dispo et quand. Après s’être mis au point sur le bar (si je suis fatigué, je lui dis décide
. Grâce à diverses technologies déjà en œuvre aujourd’hui dans le secteur automobile — plus quelques règles comportementales –, il comprend que je suis fatigué et qu’il me faut un bar proche et qu’on ne restera pas longtemps), il réserve les places dans le café et on se donne rendez-vous là-bas. Aucun d’entre nous ne sait où est ce bar, ce sont nos lutins qui nous y emmènent.
Cet ordinateur pourrait même se trouver… dans notre corps !
Nombre d’infomorphes vivent à l’intérieur des gens ! Ce cybershell est un implant d’interface virtuelle : un minuscule ordinateur avec un communicateur, installé dans le crâne ou distribué dans le corps et connecté au système nerveux de l’hôte. Il voit et entend en utilisant les sens de son hôte et peut communiquer tant avec lui qu’avec le reste du monde (y compris Internet) [Il est capable de] surveiller l’état mental et physique de son hôte.
Pour des exemples déjà à l’étude d’impalnts de surveillance médical, je vous renvois à L’avenir du marquage personnel (cherchez cutané
).
Bien sûr, comme le PC n’a pas supprimé le besoin du calculateur, des « PC » resteront disponibles, mais différents de ce qu’on connaît (je vous renvoie à L’ordinateur du futur).
L’illusion de l’indispensabilité de l’homme
À faire