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Nous avons du néandertal en nous

Super-prédateur

Ini­tia­le­ment publié le 21 mars 2006 à 18:13:19

Jeudi 2 juin 2005, The Guar­dian

Les ana­lyses de fos­siles montrent qu’environ tous les 26 mil­lions d’années, une extinc­tion de masse se pro­duit sur Terre, éra­di­quant des mil­lions d’espèces et ne lais­sant que quelques sur­vi­vants vigoureux.

Nombre de scien­ti­fiques mettent cela sur le compte de bom­bar­de­ments météo­ri­tiques. Mais aujourd’hui, un article dans Phy­si­cal Review E sug­gère que la cause serait bien plus « proche ».

Adam Lipowski, un phy­si­cien de l’université Adam Mickie­wicz en Pologne, a déve­loppé un modèle infor­ma­tique mon­trant que les extinc­tions de masse pour­raient être cau­sées par l’évolution d’un « super-prédateur ». La plu­part du temps, le modèle est peu­plé de pré­da­teurs moyen­ne­ment effi­caces, mais de temps à autre, des muta­tions géné­tiques conduisent à l’évolution d’une bête très efficace.

Ce super-prédateur est une espèce à consom­ma­tion rapide et il a tôt fait de déci­mer les popu­la­tions de proies, ce qui amène à son tour à son propre déclin, explique-t-il. Toute créa­ture sur­vi­vant à cette des­truc­tion va peu à peu muter pour rem­plir les nou­velles niches éco­lo­giques et le cycle recommence.

Est-ce que les humains sont le der­nier super-prédateur ? C’est l’impression que nous avons, mais notre modèle est trop abs­trait pour le dire avec cer­ti­tude, déclare Lipowski.


<mascarade>De toute façons, ce n’est pas l’humain le super-prédateur : c’est le vam­pire ;-)</mascarade>

Plus sérieu­se­ment, si super-prédateur nous sommes, nous avons quand même une dif­fé­rence avec les autres : notre capa­cité d’abstraction nous per­met de voir venir le dan­ger et d’agir en consé­quence. Quoique, quand on voit com­ment on pol­lue, on mas­sacre à tout va (surpêche, déforestation outrancière…), on joue à se faire peur (guerre nucléaire, réduction de la fertilité humaine…), il y a de quoi se poser des questions.

Et si nous étions une simu­la­tion infor­ma­tique, dont l’objectif est de conce­voir un super_prédateur capable d’auto-régulation, contrai­re­ment aux précédents ?

Je reste scep­tique, ne serait-ce que parce que je suis habi­tué à l’autorégulation : pas assez de proies → mort des pré­da­teurs sur­nu­mé­raire → remon­tée du nombre de proies. À moins que ce super-prédateur arrive à tuer tel­le­ment de proies que ces der­nières passent en des­sous du seuil cri­tique où elles peuvent se ren­con­trer et procréer…

Signalé par Mac­Di­git, je vais essayer de trouve le temps de lire le très connu Le Troi­sième chim­panzé (1992) :

La chose est désor­mais connue de tous : l’homme, par­ta­geant plus de 98 % de ses gènes avec le chim­panzé pyg­mée et le chim­panzé com­mun, repré­sente, dans le monde ani­mal, le troi­sième chim­panzé. On en mesure habi­tuel­le­ment peu les impli­ca­tions. Le lan­gage, l’art, la tech­nique et l’agriculture — qui dis­tinguent ce chim­panzé — sont le fruit d’une évo­lu­tion non pas seule­ment ana­to­mique, mais éga­le­ment com­por­te­men­tale : le cycle vital de l’homme se par­ti­cu­la­rise par le faible nombre de petits par por­tée, les soins paren­taux bien au-delà du sevrage, la vie en couple, l’espérance de vie, la ménopause.

Autant de traits qui sou­lèvent le pro­blème de l’éventuelle pré­sence de pré­cur­seurs dans le monde ani­mal, et du stade auquel le troi­sième chim­panzé fit le saut quan­tique en matière de réus­site évo­lu­tive, avec l’acquisition de l’aptitude au lan­gage, il y a moins de cent mille ans.

Alors l’animal humain déploie tous ses traits par­ti­cu­liers — à com­men­cer par son apti­tude unique à détruire mas­si­ve­ment son genre, et sa capa­cité à détruire les éco­sys­tèmes, à rui­ner la base même de sa propre ali­men­ta­tion. Géno­cide et holo­causte éco­lo­gique posent désor­mais la ques­tion cru­ciale de l’extinction de l’espèce humaine, à l’instar de mil­liards d’autres espèces dis­pa­rues au cours de l’histoire de l’évolution. Telle est l’ampleur de la pers­pec­tive que Jared Dia­mond ouvre, avec une éblouis­sante culture scien­ti­fique, géo­gra­phique et his­to­rique, dans cet ouvrage sans égal.

Com­man­der chez Ama­zon* ou à la FNAC.

Ils en parlentmais ne me le disent pas, les petits cachot­tiers :