Alors que défenseurs de la liberté des échanges sur le Web et maisons de disques s’affrontent pour savoir comment préserver la rémunération des musiciens face au téléchargement sauvage, le site...
Alors que défenseurs de la liberté des échanges sur le Web et maisons de disques s’affrontent pour savoir comment préserver la rémunération des musiciens face au téléchargement sauvage, le site Magnatune.com propose un système de vente de musique en ligne qui pourrait mettre tout le monde d’accord. Ce label musical créé en 2003, qui compte déjà 207 artistes dans son catalogue, a en fait transposé le mode de distribution des logiciels shareware à l’univers de la musique. Le principe : on écoute gratuitement en ligne (en streaming) tous les morceaux du catalogue de Magnatune. On peut ensuite acheter et télécharger des albums, au format désiré (WAV, MP3, AAC, etc.) en acquittant 4 € par album (et plus, si on le désire). 50 % de ce qui est versé revient à Magnatune, l’autre moitié à l’artiste. Les fichiers musicaux ainsi téléchargés sont fournis sans verrou numérique (DRM), on peut les graver et les copier autant de fois que l’on veut, et Magnatune tolère qu’on les échange, à titre privé, sur Internet.
Le site, dont la devise est We are not evil
, entend ainsi miser sur le lien affectif entre les musiciens et leur public plutôt que sur la contrainte ou la peur de poursuites.
Label
En anglais, Magnatune est plus qu’une plate-forme de distribution en ligne ou un site d’hébergement de MP3, c’est aussi un label indépendant. En moyenne, sur trois-cents artistes qui envoient leurs morceaux, Magnatune n’en édite qu’un seul, ce qui lui permet d’offrir un catalogue varié et de qualité (du classique à la techno en passant par le blues), même s’ils ne comportent pas encore de musiciens ou groupes du Top 50.
Pratique
Le site www.magnatune.com permet d’écouter en qualité « CD », gratuitement en illimité et sans inscription, l’intégralité des morceaux des 429 albums de son catalogue. Il suffit d’être équipé d’un lecteur multimédia (comme VLC ou Winamp) capable de lire le format MP3 et les playlists M3U.
Pour acheter un album, cliquer sur buy : un formulaire permet de choisir le montant que l’on souhaite verser (4 € minimum, 6 € conseillé, la moitié est reversée à l’artiste) et son mode de paiement (Carte bleu ou Paypal)
Une fois le paiement effectué, le site fournit un lien et un mot de passe (valable 60 jours) qui permet d’accéder à une page où l’on peut télécharger l’album entier, ou morceau par morceau, sous divers formats (WAV, FLAC, AAC, MP3, OGG). Les fichiers téléchargés peuvent ensuite être librement copiés ou gravés sur CD, tant que leur utilisation reste privée.
Pour chaque album acheté, Magnatune invite aussi trois amis que vous parrainerez à venir télécharger l’album gratuitement.
20 minutes, « Magnatune, artistes et Web réconciliés », Yaroslav Pigenet
Magnatune a été créé par des étudiants de Berkeley (Californie), université célèbre pour son non-conformisme. Depuis la publication de l’article (2 janvier 2006), le nombre d’artistes est monté, selon Wikipédia, à 222. Il y a également Jamendo, apparemment la coqueluche du tout-blog, mais je le connais encore moins.
Le slogan de Magnatune fait forcément penser à celui d’autre entreprise californienne (Google) : don’t be evil
.