Initialement publié le 30 mai 2006 à 12:15:44 Ce qu’on ne peut pas dire dans une langue ou une autre. Des souris et des hommes peut se comprendre comme il y...
Initialement publié le 30 mai 2006 à 12:15:44
Ce qu’on ne peut pas dire dans une langue ou une autre.
Des souris et des hommes peut se comprendre comme il y a des souris et il y a des hommes
ou comme traité sur les souris et les hommes
(c’est dans ce dernier sens que je l’ai utilisé dans Des machines et des hommes).
Pour lever la confusion, il faut aller au titre original : Of Mice and Men. Là, c’est clair, c’est la seconde acception, traité sur…
qui est correcte. L’erreur a d’ailleurs été faite (mais est-ce vraiment involontaire ?) par Lewis Wingrove, pseudonyme de l’auteur du livre Des souris et un homme (un bouquin sur les aventures sexuelles sur un site Web de rencontres).
Cette ambiguïté peut être vue comme une bonne ou une mauvaise chose, selon ce que l’on veut dire. Parfois, on veut rester dans le flou.
Des exemples comme celui-ci, il y en des milliers (au bas mot). Ainsi, le français conserve une ambiguïté sur la politesse quand il utilise la seconde personne du pluriel (singulier formel, pluriel informel ou pluriel formel ?), ambiguïté que l’espagnol ou le portugais lèveront1. De même, le slovène conserve l’ambiguïté quant à la formalité au duel. Ainsi de suite.
On peut même aller plus loin : les personnes habituées à utiliser plusieurs langues vont parfois utiliser des mots d’une langue alors qu’ils en utilisent une autre, tout simplement parce que la langue « courante » ne permet pas d’exprimer une subtilité que permet la langue « seconde ». Parfois, il s’agit juste d’une méconnaissance de la langue courante, mais pas toujours. For all things and purpose
(ce n’est pas l’expression exacte, je ne m’en souviens plus, si vous la retrouvez…) signifie en anglais quelque chose comme pour tous les cas de figure
. On le dit pas exemple de quelque chose d’obsolète.
Plusieurs langues, plusieurs manières de penser, plus large spectre de réflexion. Si vous avez des enfants, mettez-les dans une école internationale.
L’idée de cet article m’est venu à la rédaction de Des corps nus.
- (pour plus d’informations sur la distinction T-V dans les langues, voir Distinction T-V sur Wikipédia)
Lire un article du Monde : L’impossible oubli de sa langue maternelle (merci Henrick). On y parle des enfants de la troisième culture, ces enfants dont les parents sont d’une nationalité mais qui vivent dans un autre pays. Ils tendent à développer leur propre culture, une troisième culture qui n’est ni celle de leur parent ni celle de leur pays. Ce que l’article ne dit pas, c’est que ces enfants ce reconnaissent quand ils se rencontrent, il y a un je-ne-sais-quoi d’identique chez eux tous.
La citation à-peu-près-dans-le-sujet du jour : Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis.