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Représentativité dans la politique française : il y a comme un problème…

Mou­ve­ment démo­crate : 100 000 adhé­rents, troi­sième force poli­tique du pays, 1 député.

J’ai pris l’exemple du Mou­ve­ment démo­crate pour des rai­sons évi­dentes, mais ceci s’étend à l’ensemble des par­tis poli­tiques autres que le car­tel duo­po­lis­tique de l’UMPS. Il y a comme un problème…

Cent-mille

C’est le nombre de pré-adhérents au Mou­ve­ment démo­cate le soir de son lan­ce­ment offi­ciel. Un nombre sym­bo­lique pour un jour qui l’est tout autant.

Je vous rap­pelle l’existence d’une liste de dis­cus­sion Mou­ve­ment démo­crate (et bien­tôt davan­tage, dès que j’ai un peu de temps).

En fait, ce serait plu­tôt 110 000 (75 000 + 35 000 UDF). Pour ceux qui en ont marre que je parle de Fran­çois Bay­rou (et je les com­prends), je vais bien­tôt arrê­ter… ici.

Kaï-Bayrou

À ne pas confondre avec une célèbre vidéo.

Au pro­gramme de la journée :

  1. 11 heures : arri­vée du jeu de rôle Loup Soli­taire dans les entre­pots du Gri­moire. Vous pour­rez l’acheter à la Gen­Con et ceux qui l’avaient pré-commandé pour­ront le récu­pé­rer (vous pour­rez aussi par­ler direc­te­ment à Mon­goose Publi­shing — et même en fran­çais puisque j’assurerai la traduction).
  2. 18 heures : lan­ce­ment du Mou­ve­ment démo­crate, pré­sen­ta­tion des can­di­dats aux législatives.
  3. Plus tard : venez en discuter.

Il fal­lait oser, mettre Loup Soli­taire au niveau du Mou­ve­ment démo­crate. Ou bien est-ce le contraire ;-)

Mouvement démocrate, lancement - Paris Zénith, 24 mai 2007

Vive le MoDem !

La créa­tion d’un nou­veau grand parti poli­tique n’est pas chose com­mune dans un pays démo­cra­tique. Elle sur­vient en géné­ral à l’occasion de chan­ge­ments pro­fonds dans la société et tend sou­vent à renou­ve­ler le débat démo­cra­tique. Le lan­ce­ment du MoDem par Fran­çois Bay­rou s’annonçait pour­tant périlleux, avec le départ de la plu­part de ses dépu­tés vers la majo­rité pré­si­den­tielle de Nico­las Sar­kozy. Mais une vague d’adhésion mas­sive et inat­ten­due à ce nou­veau parti est venue confir­mer le bou­le­ver­se­ment du pay­sage poli­tique national.

Près de 60 000 ins­crip­tions en une semaine, sans cam­pagne d’adhésion, uni­que­ment par le bouche-à-oreille et la fré­quen­ta­tion d’un site Inter­net, tel est le bilan éton­nant d’une petite annonce, affi­chée sur le site de Fran­çois Bay­rou, invi­tant ses lec­teurs à rejoindre le futur Mou­ve­ment démo­crate. Ce phé­no­mène est tout à fait sur­pre­nant et nova­teur, quand on le com­pare avec l’émergence des autres par­tis poli­tiques actuels.

Le der­nier grand parti poli­tique fran­çais à avoir émergé est bien sûr l’UMP. Fondé en 2002 par la volonté de Jacques Chi­rac et d’Alain Juppé, celui-ci avait pour ambi­tion de deve­nir le seul grand parti de la droite, afin de trans­for­mer le sys­tème poli­tique fran­çais sur le modèle bipo­laire amé­ri­cain. L’objectif était aussi de don­ner à Jacques Chi­rac, alors en dif­fi­culté dans la course à l’élection pré­si­den­tielle, un outil effi­cace contre le Parti socia­liste. D’abord appelé Union pour la majo­rité pré­si­den­tielle pen­dant la cam­pagne élec­to­rale, ce mou­ve­ment deve­nait l’Union pour un mou­ve­ment popu­laire après la réélec­tion de Jacques Chi­rac, celui-ci voyant dans le plé­bis­cite du second tour l’occasion d’éliminer défi­ni­ti­ve­ment le parti concur­rent qu’était l’UDF.

Comme lors de la créa­tion du RPR en 1976, l’UMP était donc né d’abord par la volonté d’un chef et de son état-major, en fonc­tion de consi­dé­ra­tions stra­té­giques. De façon simi­laire, la nais­sance de l’UDF en 1978 pro­cé­dait des mêmes pré­oc­cu­pa­tions, assu­rer au pré­sident de la Répu­blique d’alors, Valéry Gis­card d’Estaing, un outil poli­tique per­met­tant l’accès ou le main­tien au pou­voir. Dans les deux cas, la base, c’est-à-dire les mili­tants ou les élec­teurs eux-mêmes, n’eurent pas voix au cha­pitre, même s’ils approu­vèrent faci­le­ment la déci­sion de leur chef.

Avant l’UMP, il faut remon­ter à 1984 pour consta­ter l’apparition d’un autre parti d’une cer­taine impor­tance, celui des Verts. Ce parti était alors né de la fusion de deux com­po­santes aux pré­oc­cu­pa­tions envi­ron­ne­men­tales, afin de bâtir un mou­ve­ment per­met­tant de défendre une éco­lo­gie politique.

Depuis cette époque, et mal­gré dif­fé­rentes ten­ta­tives d’émancipations de divers res­pon­sables poli­tiques, aucun nou­veau mou­ve­ment d’envergure ne vit le jour.

Des carac­té­ris­tiques tout à fait inattendues :

  • La pre­mière sur­prise, c’est bien sûr le nombre : ce chiffre de 50 000 adhé­sions au Mou­ve­ment démo­crate dépasse de loin le nombre d’adhérents de l’UDF à la fin 2006 !
  • La deuxième sur­prise, c’est l’origine de ces adhé­rents : à près de 90%, ceux-ci n’appartiennent pas à l’ancienne UDF. Il ne s’agit donc pas de la simple trans­for­ma­tion d’un parti en un autre, comme lors du pas­sage du RPR à l’UMP, mais bien de pre­mières adhé­sions de citoyens à un parti politique.

Les membres de l’UDF devien­dront sans doute auto­ma­ti­que­ment membre du MoDem à l’automne, et il est pro­bable que seule une très faible mino­rité refuse ce trans­fert (tout comme un faible nombre d’adhérents UDF avait suivi les élus trans­fuges vers l’UMP en 2002). Autant dire que ce nou­veau parti devrait comp­ter rapi­de­ment 100 000 adhé­rents. Pour la pre­mière fois sous la Ve Répu­blique, un mou­ve­ment cen­tral dans le pay­sage poli­tique est un mou­ve­ment populaire !

Il est sur­pre­nant que les médias n’aient d’ailleurs jusqu’ici pas com­menté ce fait remar­quable. A de nom­breux niveaux, cet enthou­siasme s’apparente en effet à la mon­tée en popu­la­rité de Fran­çois Bay­rou durant les mois de janvier-février lors de la cam­pagne élec­to­rale. Alors qu’il était pour­tant évident qu’un phé­no­mène popu­laire inat­tendu se dérou­lait, la plu­part des jour­na­listes atten­dirent la fin février et le pas­sage de Bay­rou au des­sus de 16–17% d’intentions de votes pour réagir.

Le troi­sième élé­ment mar­quant, c’est la socio­lo­gie de ces adhé­rents. Parce que cette adhé­sion quasi spon­ta­née ne se fait que sur Inter­net, par la visite des sites de Fran­çois Bay­rou et de son parti, ces adhé­rents sont des inter­nautes. Il faut rap­pro­cher cela à la forte sym­pa­thie de la blo­go­sphère envers Bay­rou et ses idées, reprises au sein du MoDem. Or, ce sont ces mêmes inter­nautes qui ont en quelque sorte lancé Fran­çois Bay­rou à l’automne 2006 ; rela­ti­ve­ment peu nom­breux en chiffres abso­lus, ils n’en n’ont pas moins une grande impor­tance par l’existence de leurs réseaux d’influence éten­dus, notam­ment au sein de l’électorat pri­vi­lé­gié de Fran­çois Bay­rou que sont les classes moyennes-supérieures et les pro­fes­sions intellectuelles.

Quelles sont les rai­sons pos­sibles de ce succès ?

D’abord, bien sûr, la per­son­na­lité de Fran­çois Bay­rou. Celui-ci a réa­lisé une cam­pagne excep­tion­nelle par rap­port à ses moyens, a su s’imposer comme pré­si­den­tiable à part entière, et a réussi à impo­ser dans l’opinion la légi­ti­mité de ses idées et de son mou­ve­ment poli­tique. Dans un cer­tain sens, cette vague d’adhésion est simi­laire, bien qu’à plus petite échelle pour le moment, à celle qu’avaient entraîné Nico­las Sar­kozy à l’UMP et Ségo­lène Royal au PS.

Se trouve-t-on pour autant face à un nou­veau parti dédié à son chef, comme cela a clas­si­que­ment été le cas pour les par­tis gaul­listes ? Non. Car, ces adhé­sions sont, au moins autant, des­ti­nées à sou­te­nir une idée, simple, qu’a défen­due tout au long de cette cam­pagne Fran­çois Bay­rou, et qui cor­res­pond à une évo­lu­tion pro­fonde du corps élec­to­ral : le dépas­se­ment du cli­vage droite-gauche et le ras­sem­ble­ment des compétences.

Ce mou­ve­ment de fond est d’ailleurs tel qu’aussi bien Nico­las Sar­kozy, dans sa ten­ta­tive actuelle de for­ma­tion d’un gou­ver­ne­ment élargi (à la Bay­rou ?), que Fran­çois Hol­lande, dans sa pro­po­si­tion de créer un nou­veau parti de gauche s’étendant jusqu’au centre, se sont empa­rés de ce thème. On peut néan­moins se deman­der quelle sera leur cré­di­bi­lité dans ce domaine par rap­port à Fran­çois Bay­rou, étant d onné leurs prises de posi­tion antérieures.

Quelles peuvent être les effets de ce phé­no­mène inattendu ?

Tout d’abord, comme au début de sa cam­pagne, cela per­met­tra de four­nir à Bay­rou et à ses can­di­dats un relais d’opinion essen­tiel pour leur cam­pagne, dans un contexte média­tique très défavorable.

Le suc­cès de ce nou­veau parti signi­fie peut-être aussi la mort des Verts. Les ral­lie­ments de nom­breux éco­lo­gistes pour­raient hâter cette fin. Ce parti vivait depuis de nom­breuses années dans une étrange schi­zo­phré­nie : ses élec­teurs étaient en majo­rité de gauche modé­rée, tan­dis que ses repré­sen­tants prô­naient une poli­tique de gauche anti­li­bé­rale. Le très faible score de Mme Voy­net et l’orientation envi­ron­ne­men­tale du MoDem condamne à plus ou moins brève échéance les Verts, dont la par­tie de gauche dure pour­rait se fondre dans un mou­ve­ment alter­mon­dia­liste plus large.

D’autre part, ren­for­cée par le très vif sen­ti­ment de sym­pa­thie à l’égard du MoDem généré par la tra­hi­son de la plu­part des dépu­tés UDF sor­tants, cette vague d’adhésion pour­rait bien être suf­fi­sante pour per­mettre à Fran­çois Bay­rou de sau­ver son groupe par­le­men­taire. Il est en effet pos­sible que, par réac­tion, ce mou­ve­ment d’adhésion mili­tant se concré­tise aussi dans l’électorat, qui vou­dra per­mettre à Bay­rou de conser­ver une voix dans le pay­sage poli­tique fran­çais, mal­gré un sys­tème élec­to­ral défa­vo­rable. Il fau­dra néan­moins sans doute attendre deux semaines pour en savoir plus.

Enfin, ce suc­cès oblige les autres par­tis poli­tiques à réagir, ce qui a pour effet une pro­fonde réno­va­tion du pay­sage poli­tique français.

À gauche, le Parti socia­liste est agité par les sou­bre­sauts de l’après-élection. Mais que ce soit Ségo­lène Royal, Domi­nique Strauss-Kahn ou Fran­çois Hol­lande, et bien sûr nombre d’élus locaux, la plu­part des res­pon­sables PS tentent de prendre en compte l’apparition de ce nou­veau mou­ve­ment, soit en pro­po­sant de trans­for­mer le PS en parti social-démocrate, soit en ouvrant la pos­si­bi­lité d’alliances avec le MoDem, soit même en tenant de faire une OPA sur MoDem nais­sant en élar­gis­sant le PS vers le centre. Face à ces ten­ta­tives, les tenants d’une ligne « de gauche » du PS se trouvent iso­lés, et pour­raient ten­ter de se ren­for­cer avec les alter­mon­dia­listes antilibéraux.

De la même façon, les Verts sont tra­ver­sés par les mêmes divi­sions, entre par­ti­sans de nou­velles alliances et ceux de l’ancrage à gauche.

À droite, la menace est aussi prise au sérieux. La réponse est double : pro­po­ser un gou­ver­ne­ment d’ouverture d’un côté, et ten­ter de vider le MoDem de ses élus en fai­sant pres­sion sur ses cadres et en favo­ri­sant l’émergence d’un autre parti cen­triste, de l’autre. Pour autant, on n’observe pas de chan­ge­ment idéo­lo­gique chez les vain­queurs, qui semblent plu­tôt ten­tés de confir­mer leur posi­tion­ne­ment à droite après leur large vic­toire, et donc de vider de leur sub­stance les anciens par­tis nationalistes.

Au centre enfin, ce mou­ve­ment popu­laire vient confir­mer le tour­nant amorcé par Fran­çois Bay­rou depuis deux ans, et le décro­chage défi­ni­tif du parti nou­veau parti cen­triste (cen­tral ?) de l’ancienne droite. Le départ des der­niers dépu­tés élus sous « l’ancien régime », que rejoin­dront sans doute un cer­tain nombre d’élus locaux mena­cés par les repré­sailles de l’UMP, va lais­ser place à une nou­velle géné­ra­tion de res­pon­sables au posi­tion­ne­ment recen­tré. Ren­forcé par des bataillons de mili­tants moti­vés, le MoDem devrait connaître quelques années dif­fi­ciles avant de pou­voir béné­fi­cier à plein de son empla­ce­ment cen­tral lors des élec­tions régio­nales et euro­péennes de 2010. La liberté accor­dée à ses élus locaux pour conclure des alliances ad hoc en fonc­tion des situa­tions devrait néan­moins lui per­mettre de se déve­lop­per lors des muni­ci­pales où les dis­cus­sions sont sou­vent plus pragmatiques.

C’est donc bien à un pro­fond bou­le­ver­se­ment de notre sys­tème poli­tique auquel nous assis­tons avec l’émergence du MoDem. Celui-ci en avait cer­tai­ne­ment besoin, tant était pro­fonde la frac­ture entre les citoyens et leurs élus. Sou­hai­tons que ce regain d’intérêt pour la démo­cra­tie s’accompagne des réformes ins­ti­tu­tion­nelles néces­saires à la plus grande par­ti­ci­pa­tion des citoyens à la vie publique.

Réseau orange (Mouvement démocrate)

Il y a quelques jours, Quit­te­rie Del­mas a pro­posé de mettre en place un réseau des blogs sou­te­nant la démarche du Mou­ve­ment Démo­crate et notam­ment de mettre des liens vers tous ces blogs.

Cet aspect « pyra­mi­dal » (lions-nous les uns les autres) me gêne, vu qu’il est cer­tain que je ne lirais pas même la moi­tié des blogs en ques­tion. Je suis avare de mes liens, car chaque lien réduit l’importance des précédents.

Cepen­dant, comme j’ai déjà été réfé­rencé sur plu­sieurs blogs (je n’ai certes rien fait pour ne pas l’être, c’est même le contraire), je vais ici me fendre d’une liste des blogs en ques­tion, à défaut de mettre tout le monde dans la barre laté­rale. Après tout, un lien depuis un PR 6, ce n’est pas trop mal…

Pour vous don­ner un ordre de gran­deur, le pre­mier parti poli­tique de France en terme de nombre de mili­tants a 200 000 adhé­rents. À l’heure où j’écris ces mots, le Mou­ve­ment démo­crate a dépassé les 60 000 pré-adhésions.

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Conseil national du Mouvement démocrate

À l’attention de toutes les per­sonnes inté­res­sées par le Mou­ve­ment démo­crate : le Conseil natio­nal du Mou­ve­ment démo­crate aura lieu à la Mutua­lité à 10 heures. Le Conseil se ter­mi­nera à 16 heures et sera suivi d’un apéro à 20 heures, orga­nisé par Quit­te­rie Delmas.

Ce n’est pas une réunion publique, mais les condi­tions pour ren­trer ne sont guère contrai­gnantes : il faut être adhé­rent UDF ou pré-adhérent MD et bien sûr pou­voir en four­nir la preuve.

  • Pour les adhé­rents UDF de longue date, pré­sen­ter sa carte du parti.
  • Pour les adhé­rents UDF de fraîche date, pré­sen­ter le cour­rier de confir­ma­tion que vous avez reçu (y com­pris le cour­rier élec­tro­nique imprimé pour ceux qui se sont ins­crits par Internet).

Vous vou­lez venir, mais vous n’êtes pas encore adhé­rent ? Vous pou­vez vous ins­crire très rapi­de­ment au Mou­ve­ment démo­crate (paie­ment par Carte Bleue, 20 euros mini­mum, par­tiel­le­ment déduc­tible des impôts)pas de paie­ment pour le moment. Vous rece­vrez d’ici moins d’une heure une confir­ma­tion par cour­rier élec­tro­nique. Imprimez-là et c’est bon !

Mai­son de la Mutualité
24, rue Saint-Victor
75005 Paris
Métro Mau­bert Mutua­lité (ligne 10)

Pour tous ren­sei­gne­ment : 0 811 11 2007 ou conseil-national@udf.org.