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Un jour triste pour la démocratie en Europe : Sarkozy/Janša, même combat

Nico­las Sar­kozy Janez Janša, ancien Pre­mier ministre Ministre de la Défense aujourd’hui à la plus impor­tante fonc­tion gou­ver­ne­men­tale de la Répu­blique fran­çaise de Slo­vé­nie, rêve de trans­for­mer son pays en copie des États-Unis État mili­ta­riste. Tout comme Sil­vio Ber­lus­coni, il a la main-mise sur les media. Seuls quelques media résistent encore, comme Libé­ra­tion Delo (Le Tra­vail) ou Les Gui­gnols de l’info Hri­bar. Mais pour com­bien de temps ? Les Gui­gnols de l’info Hri­bar, émis­sion sati­rique qui était l’une des rares à dire tout haut com­bien cet homme est dan­ge­reux, a été déplacé du prime-time à 23 heures, afin de perdre en popu­la­rité et pou­voir plus faci­le­ment être sup­pri­mée. PPD Sašo Hri­bar a même dit dans l’émission : Vous vous deman­dez sûre­ment pour­quoi Les Gui­gnols de l’Info Hri­bar est désor­mais à 23 heures. Et bien, vous pou­vez remer­cier Nico­las Sar­kozy Janez Janša. Autre exemple : à plu­sieurs reprises, Nico­las Sar­kozy Janez Janša a fait virer quelques membres de la rédac­tion de Libé­ra­tion Delo qui lui déplai­saient. Hier, plu­sieurs familles ont rési­lié leur abon­ne­ment au quo­ti­dien. Fina­le­ment et contrai­re­ment à ce qu’il à dit en face de Cohn-Bendit, Sar­kozy aime­rait bien la Slovénie…

Écologisme au rabais

L’emphase est mienne.

Le nou­vel hôtel de la région, tout de verre et d’acier, réponds aux exi­gences de la haute qua­lité environnentale. […]

À quelques kilo­mètres de là, un immeuble bardé de métal gris s’élève comme un silo, dans un quar­tier rési­den­tiel en marge d’un centre his­to­rique. Une pan­carte lui colle l’adjectif d’écologique, sans doute pour mieux faire accep­ter la pilule aux riverains.

Car l’écologie devient la nou­velle morale, l’argument défi­ni­tif sensé ral­lier l’unanimité sinon faire taire les vel­léi­tés de protestation.

Mais qu’y a-t-il d’écologique dans ces construc­tions ? Une basse consom­ma­tion éner­gé­tique sans doute. Le bilan de la construc­tion elle-même est net­te­ment moins favo­rable : le métal et le verre néces­sitent beau­coup plus d’énergie pour leur fabri­ca­tion que le bois ou l’argile (briques).

[…]

Non, ces construc­tions ne méritent pas d’être qua­li­fiées d’éco­lo­giques. L’écologie, science de la com­plexité, ne peut être réduite au seul fac­teur éner­gé­tique. Le concept de déve­lop­pe­ment durable admet sans doute ces pra­tiques, mais celles-ci démontrent la dis­tance qui les sépare d’une démarche authen­ti­que­ment écologique.

Citations sur la guerre

Ini­tia­le­ment publié le 25 août 2005 à 06:45

Quand bien même le métro n’est pas le coin le plus agréable de Paris, on y trouve par­fois des petites perles, comme ce texte de la série « Poé­sie brésilienne ».

Seul le riche sur la terre
Conserve un nom dans l’histoire,
Le pauvre vainc à la guerre,
Le riche obtient la victoire.

Pata­tiva do Assare


Dans un autre style, nous avons ce très beau texte que l’on trouve dans un livre pour enfant (ce qui est assez étrange, quand même), Les Mes­sa­gers du temps, tome 1 : Le Carillon de la mort :

La guerre, c’est l’art de se faire tuer pour un prince ou roi qui fini­ront par se ser­rer la main en pié­ti­nant ta tombe.

(Le contexte est la Guerre de 100 ans, une guerre qui n’était pas vrai­ment défensive)

Et celui qui je viens de décou­vrir en regar­dant Le Des­sous des cartes :

La guerre, c’est un mas­sacre de gens qui ne se connais­sant pas au pro­fit de gens qui se connaissent mais ne se mas­sacrent pas.

Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :

Pétition des fabricants de chandelles

En 1845, le lobby des Fabri­cants de Chan­delles, Bou­gies, Lampes, Chan­de­liers, Réver­bères, Mou­chettes, Étei­gnoirs, et des Pro­duc­teurs de Suif, Huile, Résine, Alcool, et géné­ra­le­ment de tout ce qui concerne l’Éclairage avaient péti­tionné les dépu­tés dans les termes suivants :

Nous subis­sons l’intolérable concur­rence d’un rival étran­ger placé, à ce qu’il paraît, dans des condi­tions tel­le­ment supé­rieures aux nôtres, pour la pro­duc­tion de la lumière, qu’il en inonde notre mar­ché natio­nal à un prix fabu­leu­se­ment réduit; car, aus­si­tôt qu’il se montre, notre vente cesse, tous les consom­ma­teurs s’adressent à lui, et une branche d’industrie fran­çaise, dont les rami­fi­ca­tions sont innom­brables, est tout à coup frap­pée de la stag­na­tion la plus com­plète. Ce rival, qui n’est autre que le soleil, nous fait une guerre (si) acharnée […]

Nous deman­dons qu’il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fer­me­ture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasis­tas, oeils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouver­tures, trous, fentes et fis­sures par les­quelles la lumière du soleil a cou­tume de péné­trer dans les mai­sons, au pré­ju­dice des belles indus­tries dont nous nous flat­tons d’avoir doté le pays, qui ne sau­rait sans ingra­ti­tude nous aban­don­ner aujourd’hui à une lutte si inégale. […]

Et d’abord, si vous fer­mez, autant que pos­sible tout accès à la lumière natu­relle, si vous créez ainsi le besoin de lumière arti­fi­cielle, quelle est en France l’industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée ?

Ceci est un extrait de la Péti­tion des fabri­cants de chan­delles, de Fré­dé­ric Bas­tiat. Cent-soixante-deux ans plus tard, ça n’a pas beau­coup changé.

Je ne sau­rais trop vous conseiller de lire le billet tou­jours d’actualité d’Ali Baba : « Pira­tage » et pro­priété intel­lec­tuelle, voire direc­te­ment le livre (en fran­çais et en anglais). Cory Doc­to­row, auteur de science-fiction et citoyen numé­rique acclamé, avait aussi dit quelque chose de très juste sur les États-Unis nais­sant, qui jetaient la pro­priété intel­lec­tuelle par la fenêtre parce que ça les arran­geait, mais je ne le trouve plus.

La cita­tion à-peu-près-dans-le-sujet du jour : Plus ça change, plus c’est la même chose. Il y a cent-cinquante-huit ans. Et là encore, ça n’a pas beau­coup changé.

L’armée veut contrôler le climat

L’armée US a ainsi pré­senté un rap­port sur ses tra­vaux pour un contrôle du cli­mat à des fins mili­taires offen­sives. Dans le domaine civil, le sénat US pré­pare une loi qui don­ne­rait au gou­ver­ne­ment le droit d’intervenir volon­tai­re­ment sur le cli­mat, en refroi­dis­sant l’atmosphère ou la sur­face des océans pour pré­ve­nir la for­ma­tion des cyclones, par exemple.

La Longue Traque — les Hmongs du Laos, un peuple sacrifié

Reco­pie sans auto­ri­sa­tion (impos­sible de joindre l’auteur) d’un article de Phi­lip Blen­kin­sop paru dans Le Monde 2 no30 de juin 2003. Avant de jeter la pierre (qui doit quand même être jetée), n’oublions pas, plus près de chez nous, le sort réservé aux harkis…


La guerre du Viet­nam porte mal son nom. Elle mit aussi à feu et à sang le Cam­bodge et le Laos, où la CIA a entre­tenu pen­dant tout le conflit une armée anti­com­mu­niste secrète com­po­sée de guer­riers de l’ethnie hmong. Quand, en 1975, les Amé­ri­cains, défaits, se retirent de la région, ils éva­cuent vers la Thaï­lande la plu­part des Hmongs du Laos. Mais pas tous. Ceux qui n’ont pu fuir sont tou­jours, plus de vingt-cinq ans après, per­sé­cu­tés par le régime com­mu­niste lao­tien. Le pho­to­graphe Phi­lip Blen­kin­sop, accom­pa­gné par un jour­na­liste du maga­zine Time Asia, a réussi à péné­trer la zone spé­ciale de Moung Xay­som­boune, dans le nord du pays, et à ren­con­trer des sur­vi­vants de ce peuple qui, har­celé, affamé, décimé, lutte pour ne pas disparaître.

Texte et pho­tos Phi­lip Blenkinsop/VU

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Misanthropie — les animaux de guerre

J’aurais pu vous par­ler des chiens que les Sovié­tiques affa­maient après les avoir entraî­nés à cher­cher de la nour­ri­ture sous les tanks (l’idée étant de leur mettre une mine sur le dos), ou bien du pro­jet Acous­tic Kitty, pour lequel je ne veux pas savoir com­ment la CIA a retiré aux félins le sens de l’appétit.

Mais je crois que cette cita­tion sur la guerre antique dépasse tout.

On peut effrayer [les élé­phants de guerre] avec du bruit, par­ti­cu­liè­re­ment celui des hur­le­ments de cochons brû­lés vivants.

Ah ! si, le gou­ver­ne­ment du Congo avait pro­posé d’utiliser des singes comme démineurs-suicide pour la guerre en Irak. En deux-mille ans, il n’y a pas grand-chose qui ait changé…