Don de moëlle

J’ai reçu il y a quelques semaines parmi le fatras de pub quo­ti­diennes (je ne jette jamais la pub sans la regar­der, même si géné­ra­le­ment, ce n’est pas plus de trois secondes) un cour­rier pour le don de moëlle (osseuse, pas épinière).

Je ne vais pas ici me lan­cer sur une apo­lo­gie du don. Je suis un citoyen convaincu (quoique je puisse pen­ser de la classe poli­tique en géné­ral) et j’espère que si vous avez pris la peine d’aller au-delà du pre­mier para­graphe, vous l’êtes aussi.

Voici au contraire quelques détails plus pratiques.

Je donne fré­quem­ment mon sang et consi­dère qu’il s’agit là d’un acte citoyen, ne coû­tant rien (sauf une heure ou deux) et pou­vant aider ceux qui en ont besoin ; il en va de même pour le don de moëlle osseuse. Dans les deux cas, le pro­duit se recons­ti­tue par lui-même et vous cou­rez très peu de risque pour vous-même :

  • pour le don de sang, au grand maxi­mum un léger malaise — c’est pour ça qu’on vous donne à man­ger après chaque don. Vous pou­vez aussi faire un don de pla­quette, qui ne vous affai­blit même pas (vos glo­bules rouges vous étant immé­dia­te­ment réin­jec­tés). Pas plus d’un don tous les 4 mois. Pas pos­sible de faire de l’excès de zèle invo­lon­taire, ils ont les papiers
  • pour le don de moëlle, vous êtes ins­crit sur un fichier et vous enga­gez à être dis­po­nible jusqu’à l’âge de soixante ans. Vous ne pou­vez don­ner votre moëlle qu’une fois dans votre vie, et cela se fait sous anes­thé­sie géné­rale. L’ensemble de l’opération (accueil, pape­rasse, chi­rur­gie et récu­pé­ra­tion) prend deux jours. Deux jours de votre vie pour en sau­ver une autre, je crois que le cal­cul est vite fait ! (le cas échéant, vous obte­nez un arrêt de tra­vail). Atten­tion : l’opération n’a pas lieu quand vous vous ins­cri­vez, mais peut-être un jour. Quand vous vous ins­cri­vez, vous ne faites que pas­ser un exa­men poussé pour véri­fier que votre vie ne sera pas mise en dan­ger par votre don.

Com­ment s’inscrire comme don­neur de moëlle (merci à Guillaume Espoir)

  • Il faut être âgé de 18 à 50 ans
  • Il faut contac­ter votre centre le plus proche (voir Deve­nez don­neur [PDF])
  • Un pré­lè­ve­ment de sang sera effec­tué afin de déter­mi­ner votre typage et vous ins­crire sur le fichier des donneurs.
  • Une fois établie la com­pa­ti­bi­lité avec un malade, la moëlle sera pré­le­vée au niveau des os du bas­sin, sous anes­thé­sie géné­rale ou péridurale.
  • La moelle se recons­ti­tue en 48 h.

Nous avons la chance en France d’avoir un excellent sys­tème de don (l’affaire du sang conta­miné, ça tou­chait les rece­veurs, pas les don­neurs) ; ce n’est pas le cas dans beau­coup de pays (à com­men­cer par les États-Unis). De plus, le don doit obli­ga­toi­re­ment être béné­vole : vous ne serez pas payé pour votre don, c’est un acte qui reste altruiste et, par là, garan­tit (outre des écono­mies pour les hôpi­taux) que les don­neurs sont dignes de confiance, contrai­re­ment à d’autres endroits où des per­sonnes donnent leur sang pour vivre et ne sont pas tou­jours d’une excel­lente hygiène.


Et pour en savoir plus : Le don de moëlle osseuse. Page du minis­tère (fran­çais) de la Santé.