Dans le cadre d’un exercice de simplification de la langue (lire aller vers une langue la plus simple possible), je me suis prêté au jeu, avec un correspondant de la mise en pratique.
Ce fut très instructif.
- en partant sur une base d’API, j’ai constaté que diacritiques comme multigrammes sont, à mon grand regret, inévitables. Cependant, bonne nouvelle, on peut s’en passer en écriture phonologique (écriture qui n’est en revanche pas complète — voir le ʁ phonétique contre le r phonologique)
- La question du contexte est restée sans réponse. Que faire des liaisons ? Que faire des sons que l’on peut éluder dans certains cas (devant une voyelle) mais pas d’autres ?
À titre d’exemple, voici un fichier de réponse à un courrier (une version PDF est disponible, au cas où les caractères apparaîtraient mal sur votre navigateur — dites-moi si vous ne pouvez pas lire le PDF, Windows/Adobe étant capricieux au niveau des noms de fichiers PDF).
Version « dure »
Écriture largement phonétique (sauf la marque des syllabes)
Si je résume tes suggestions (je vais les écrire selon ces normes, d’ailleurs) :
- ynivala~s skʁipto-fonologik. O~ paʁl com o~ ekʁi (sə̹ ki eksklu l’ɔtʁə̹ma~ pʁometœʁ loʒba~).
- pa de kaʁaktɛʁ djakʁite
- pa d’eksɛpsjo~
Ʒ’aʒut :
- ʁedyksjo~ də̹ l’alfabe
- ʁapʁɔʃma~ avɛk l’API
(A note kə̹ mo~ aksa~ pʁono~s le « ə̹ » kadyk)
Tʁwa ko~seka~s :
- i~posiblə̹ d’evite le digʁam (ɛ –ai-, vwajel nazal –an-)
- lə̹ fʁa~sɛ m’apaʁɛ « alma~ », tʁɛ difeʁa~ (e ply lɛ) kə̹ mo~ paʁle oksita~
- sa ʁə̹se~bl a dy SMS
Pwiskə̹ lə̹ plyʁjɛl nə̹ sə̹ pʁono~s noʁmalme~ pa a~ fʁa~sɛ, il n’i a ply də̹ maʁk dy plyʁjɛl.
Ko~tinyo~, a~ ply fasil :
- chevaux => chevals => ʃə̹vɑl (kaʁ « ch » pə̹ sə̹ pʁonɔ~se « ʃ » ou « k »)
Ʒə̹ swi d’akord, lə̹ femini~ devʁɛ ɛtrə̹ syprime. D’ajœʁ, la disti~ksjo~ də̹ ga~ʁ notɛ inisjalme~ la disti~ksjo~ anime/inanime
Puʁ la kɛstjo~ de virgyl, s’ɛ plys yn kɛstjo~ de stil kə̹ de gramɛʁ.
Le la~g izola~t so~ interesa~t. Aprɛs sa deʁnjɛʁ mytasjo~ vocalik, l’a~glɛ ɛ də̹və̹ny yn la~g tʁɛ isola~t, sœlme~ depase paʁ l’awaji~. Ka~t a la gʁamɛʁ « context-free », s’e cɛl de la~g i~fɔʁmatik.
Version « douce »
Écriture légèrement phonologique et reprenant pas mal l’existant, en faisant l’impasse sur certains sons et en mélangeant d’autres
Si je résume tes suggestions (je vais les écrire selon ces normes, d’ailleurs) :
- univalans skripto-fonologik. On parl com on ekri (se ki eksklu l’otreman prometeur lojban).
- pa de karakter diakrite
- pa d’eksepsjon
J’ajout :
- reduksjon de l’alfabe
- raprochmen avek l’API
(A note ke mon aksan pronons le « e » kaduk)
Troi konsekans :
- inposible d’evite le digram (« ai », voijel nazal)
- le franse m’apare « alman », tre diferan (e plu le) ke mon parle oksitan
- sa resenbl a du SMS
Pwiske le plurjel ne se pronons normalmen pa an franse, il n’i a plu de mark du plurjel.
Kontinuon, an plu fasil :
- chevaux => chevals => ʃevɑl (kar « ch » pe se prononse « ʃ » ou « k »)
Ʒe swi d’akord, le feminin devre etre suprime. D’ajœr, la distinksjon de ganr note inisjalmen la distinksjon anime/inanime
Pour les kestjon de virgul, s’e plus un kestjon de stil ke de gramer.
Le lang izolant son interesant. Apres sa dernier mutasjon vocalik, l’angle e devenu un lang tre isolant, sœlmen depase par l’aoijin. Kant a la gramer « context-free », s’e cel de lang informatik.
Propositions mineures
Les deux modifications précédentes sont lourdes et sont esthétiquement difficiles à encaisser (moi-même, je ne m’imagine pas écrire ainsi — le cœur et la raison, si vous voyez ce que je veux dire).
Les modifications ci-dessous n’ont quant à elles qu’un impact réduit et ne s’attaquent clairement pas au cœur du problème, juste à quelques considérations périphériques.
- les « consonnes doubles » deviennent des consonnes simples et si un
e les précède, il devient un é ou un è, selon la prononciation en cours (qui peut avoir dévié de la prononciation d’origine). Efféminé → éféminé, vaisselle → vaissèle, antenne → antene, équerre → équere, mettre → metre. Les doubles ss ne sont pas modifiés, car il forcent le s dur ([s]), alors que passer à un s simple donnerait un s doux ([z]). J’ai bien une proposition pour réduire le problème (DietAlphabet), mais je crains que ce soit trop radical pour un début
- la règle des m avant les b et les p est supprimée. Invincible ne change pas, Imbattable devient inbattable (et même inbatable si l’on applique également la règle précédente).
- le digramme
en devient an. La raison en est que les deux digrammes se prononcent pareil, [ɑ̃].
- si ce n’est pas déjà le cas (que quelqu’un qui connaît mieux l’orthographe réformée me le dise), que le nombre grammatical des nombres soit non ambigu : soit, tous les nombres sont invariables, soit, ils peuvent tous avoir un pluriel.
deux-mille
mais deux-millions
.
- plus difficile à faire passer (y compris pour moi), réduire les pluriels irréguliers. un cheval, des chevals. Le pluriel de mots se terminant en -x est plus délicat, car il nécessite de réécrire le mot et conduit même à une ambiguïté dans le cas de voix.
Comme vous pouvez le voir, ces règles ont deux points communs : ne plus accorder autant de place à l’étymologie et rapprocher l’écriture de la prononciation.