Archives du mot-clef Michel Rocard

Sans-papier, légalisme, rigueur et démagogie

Il faut que cer­tains intel­los cessent de cla­mer qu’il faut régu­la­ri­ser sans regar­der, ils ne font que convaincre d’autres can­di­dats à l’immigration que c’est pos­sible. Oui, c’est pos­sible de venir en France et d’avoir la chance d’habiter un bidon­ville, oui, c’est pos­sible de venir en France pour y cre­ver de la tuber­cu­lose parce qu’on a peur d’aller à l’hôpital, oui, c’est pos­sible de devoir vendre ses enfants pour qu’ils puissent man­ger, oui, c’est pos­sible de se retrou­ver dans un char­ter pour un retour au pays, plus pauvre, plus déses­péré, plus démuni que jamais.

Quand nous serons en mesure d’accueillir tous les nou­veaux immi­grants décem­ment, je ne parle même pas de confort, juste de décence, alors oui, nous pour­rons tenir de grands dis­cours pseudo-humanitaires. Pour l’instant, il suf­fit d’aller dans les quar­tiers défa­vo­ri­sés (avant on disait misé­rables) pour voir la réa­lité de l’immigration et elle n’est vrai­ment pas belle, cette réa­lité. Mais évi­dem­ment, il fau­drait pour cela que nos grands spé­cia­listes quittent la rive gauche et ce n’est pas fait.

En tant que Fran­çaise, j’ai honte pour ces don­neurs de leçons qui uti­lisent les sans-papiers et les habi­tants du Tiers-Monde pour leur pro­mo­tion et leur amour propre. […]

Ces dis­cours des intel­lec­tua­li­sants sont non seule­ment naïfs, mais éga­le­ment pro­fon­dé­ment déma­go­giques, et plus : c’est un appel à l’illégalité.

Dans le domaine du Web, non nous bat­tons depuis des années contre des navi­ga­teurs conci­liants qui acceptent à peu près n’importe quelle crotte et vous affichent une page appa­rem­ment cor­recte. En infor­ma­tique géné­rale, Win­dows per­met au déve­lop­peurs de créer des appli­ca­tions mal fou­tues qui fonc­tionnent bien (on appelle ça l’approche Ray­mond Chen). Résul­tat dans les deux cas : les déve­lop­peurs (de pages Web ou de pro­grammes) conti­nuent à crot­ter allè­gre­ment, puisque de toute manière, ce n’est pas grave, ça pas­sera, hein ?

Dans la ques­tion des sans-papiers, c’est pareil : en conti­nuant à deman­der la régu­la­ri­sa­tion des sans-papiers, c’est un véri­table pied de nez à la France que font ces pseudo-humanitaires, pour reprendre l’expression de Del­phine. Remettre en cause ceci, c’est remettre en cause la légi­ti­mité des lois, d’une cer­taine rigueur ou même de l’autorité de la France sur son propre ter­ri­toire. Je ne par­le­rais même pas de l’aspect déma­go­gique et élec­to­ra­liste des poli­ti­ciens qui accourent der­rière, mon dégoût se voit sûre­ment déjà assez bien.

Pour le dire sim­ple­ment : si tu as des papiers, tu restes. Si tu n’en as pas, tu pars. Si ça fait quinze ans que tu n’en as pas, ça ne fait aucune dif­fé­rence, tu pars quand même. Et c’est nor­mal. Tu savais que tu n’avais pas le droit de res­ter ; tu as tenté ta chance. Ton gamin ? T’as fait un gamin alors que tu n’as pas le droit de res­ter ? C’est moche pour lui, ce que tu as fait. Hey, quand on joue, il faut s’attendre à perdre.

Et en plus de cette consi­dé­ra­tion théo­rique, mais pas moins extrê­me­ment impor­tante, car elle struc­ture la consi­dé­ra­tion que l’on a de l’intégrité natio­nale, il y a éga­le­ment les consi­dé­ra­tions pra­tiques avan­cées par Del­phine : ce n’est pas parce qu’un étran­ger vit en France qu’il vit bien, ou même qu’il vit au-dessus du seuil de pau­vreté. Ou même qu’il vit tout court.

Main­te­nant, ça ne veut pas dire que je suis contre l’immigration. Je suis tout à fait pour (et je veux bien croire que l’administration n’est pas blanche dans l’affaire, en fai­sant volon­tai­re­ment traî­ner moult dos­siers, ou en deman­dant des garan­ties inutiles qu’elle sait par­fai­te­ment que les immi­grants ne pour­ront réunir). Sim­ple­ment, soyons rigou­reux : si c’est oui, c’est oui, si c’est non, c’est non. Cette men­ta­lité latine de magouiller, dis­cu­ter, rous­pé­ter et essayer de pas­ser en force, ça n’est pas du tout de mon goût.

Pour cla­ri­fier mon point de vue, cepen­dant, sachez que je suis (trans)humaniste, léga­liste et fier des valeurs por­tées par la France (sur­tout autre­fois, mal­heu­reu­se­ment). Je ter­mi­ne­rais par une phrase d’un de mes hommes poli­tiques contem­po­rains pré­fé­rés (et que j’aurai bien aimé voir en 2007 can­di­dat à une cer­taine fonc­tion), Michel Rocard : la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais il faut qu’elle y prenne sa part.

Pour reconsidérer sainement la DADVSI

Pressé par le temps et par Gandi, je mets en ligne le pro­to­type de lettre que j’avais pré­paré de longues heures durant pour les par­le­men­taires natio­naux. J’ai contacté mon député, M. Cochet (ou plu­tôt son répon­deur — mais c’est un infor­ma­ti­cien Vert, donc je crois que j’aurais prê­ché un converti), il me reste à m’occuper des séna­teurs… Dans tous les cas, il est je pense trop tard pour amen­der la lettre.

Ci-dessous une ver­sion HTML, le code source sous forme de page html et un PDF généré avec un Mac et Opera 9 (avec un petit pro­blème de mon côté pour les notes de bas de page en print). Je n’ai pas non plus apposé une numé­ri­sa­tion de ma signa­ture (fau­drait que j’y pense, un jour)

Lire la suite

Du refus du progrès

J’ai essayé de résu­mer L’encodage des œuvres numé­riques, un nou­veau Big Bro­ther ?, sans suc­cès. Ce texte a tout pour lui : court, aisé­ment com­pré­hen­sible et avec beau­coup d’idées justes (et co-écrit par Michel Rocard, en plus). Ainsi donc, je ne peux faire autre­ment que de vous en recom­man­der la lec­ture. Néan­moins, ça va me ser­vir de base pour une réflexion : Lire la suite

DADVSI : un danger pour la France

N’oublions pas que le DADVSI, ce n’est pas fini. Voici le cour­rier que je viens de rece­voir de eucd.info.

Les points à retenir :

  • fli­quage de chaque ordi­na­teur, inter­dic­tion de désac­ti­ver ce fliquage
  • fil­trage de l’ensemble d’Internet (comme en Chine)
  • Les peines (pour des choses honnêtes !) :
    • DVD et conver­sion de CD audio en mp3 :
      • uti­li­sa­tion d’un logi­ciel non auto­risé : 3750 €
      • publi­ca­tion d’un tel logi­ciel : 6 mois et 30000 €
    • logi­ciel d’échange de don­nées (P2P mais pour­quoi pas aussi votre mes­sa­ger ins­tan­tané) : 3 ans de pri­son et 300000 €
  • Les FAI sont obli­gés de vous four­nir les menottes et vous êtes obligé de les utiliser
  • contrôle de logi­ciels libres par l’administration (non, à la réflexion, ce n’est pas comme en Chine, c’est pire qu’en Chine)
  • risque de sécurité/intégrité des ordinateurs
  • perte de sou­ve­rai­neté tech­no­lo­gique et de capa­cité d’innovation pour la France ; ce n’est pas avec des menottes que l’on tra­vaille le mieux…
  • faci­lite les pra­tiques anti­con­cur­ren­tielles telles que la vente liée, les ententes illi­cites et les abus de posi­tion domi­nante (après tout, si on peut fli­quer votre machine, on peut savoir ce qu’il y a des­sus. De là à ce qu’un ordi­na­teur refuse d’aller sur Inter­net si Win­dows n’est pas ins­tallé…)

L’histoire de cette direc­tive est elle-même très peu démo­cra­tique, les lob­byistes indus­triels ayant bien forcé la main, au mépris même des règle­ments (et ça a mar­ché, ce qui donne idée de la vita­lité de notre démo­cra­tie…).

Que faire ? : contac­ter votre député et votre séna­teur, ainsi que les élus UMP et UDF (ceux qui ont le plus de chance d’influer).

Lisez la suite pour le texte intégral.

Lire la suite

Tronquons cette citation que je ne saurais voir

Ini­tia­le­ment publié le 7 mai 2006 Merci à Laura pour m’avoir indi­qué le compte-rendu du Monde diplo­ma­tique sur Rocard. Je me per­mets de la citer en entier.
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-09-30-Rocard Si c'est
vrai, Rocard baisse doublement dans mon estime: pour avoir effectivement
dit à l'époque que la France devait cesser d'accueillir des immigrés, et
pour mentir aujourd'hui plutôt que de le reconnaître.

Il arrive qu’un parti oublie com­mo­dé­ment des mor­ceaux de textes de cita­tion, parce que ça l’arrange. Dans les cita­tions sui­vantes, emphases et hyper­lien sont miens. Lire la suite

Voltaire et les brevets logiciels

Si vous vous inté­res­sez à l’affaire des bre­vets logi­ciels, vous connais­sez très cer­tai­ne­ment la fameuse phrase de Michel Rocard : Tout le monde se copie et c’est bien ainsi. Michel Rocard, c’est quand même un acteur impor­tant de la scène poli­tique fran­çaise et main­te­nant européenne.

Wikiquote/EN pour­tant, nous donne une encore plus fameuse per­sonne en la per­sonne de Vol­taire, et sa cita­tion ira à mer­veille avec les méta­phores sur la musique clas­sique et Mozart et Bee­tho­ven, puisque les trois vécurent à la même époque.

Ainsi presque tout est imi­ta­tion. L’idée des « Lettres per­sanes » est prise de celle de « L’Espion turc ». Le Boiardo a imité le Pulci, l’Arioste a imité le Boiardo. Les esprits les plus ori­gi­naux empruntent les uns des autres.

Le libre, c’est surtout européen

Selon M. Michel Rocard, fer de lance de la coa­li­tion anti-brevets logi­ciels au Par­le­ment euro­péen, 60 % des déve­lop­peurs de logi­ciels libres sont européens.

L’ensemble de l’article de Phi­lippe Rivière est inté­res­sant (pour la vul­ga­ri­sa­tion). Merci Chi­wa­lou (un lec­teur) pour le lien.

« Colère collective » et « insuffisance démocratique » : Michel Rocard sur les brevets logiciels

Pour citer Laura (merci pour le lien) le dis­cours de Rocard est… savou­reux.

M. Rocard, vous avez été un rap­por­teur très accep­table (et très popu­laire parmi les jeunes sous Mit­te­rand, paraît-il). Je pro­pose Michel Rocard comme can­di­dat indé­pen­dant (parce que la gauche actuelle…) pour 2007 !

Lire la suite