Il faut que certains intellos cessent de clamer qu’il faut régulariser sans regarder, ils ne font que convaincre d’autres candidats à l’immigration que c’est possible. Oui, c’est possible de venir en France et d’avoir la chance d’habiter un bidonville, oui, c’est possible de venir en France pour y crever de la tuberculose parce qu’on a peur d’aller à l’hôpital, oui, c’est possible de devoir vendre ses enfants pour qu’ils puissent manger, oui, c’est possible de se retrouver dans un charter pour un retour au pays, plus pauvre, plus désespéré, plus démuni que jamais.
Quand nous serons en mesure d’accueillir tous les nouveaux immigrants décemment, je ne parle même pas de confort, juste de décence, alors oui, nous pourrons tenir de grands discours pseudo-humanitaires. Pour l’instant, il suffit d’aller dans les quartiers défavorisés (avant on disait
misérables) pour voir la réalité de l’immigration et elle n’est vraiment pas belle, cette réalité. Mais évidemment, il faudrait pour cela que nos grands spécialistes quittent la rive gauche et ce n’est pas fait.En tant que Française, j’ai honte pour ces donneurs de leçons qui utilisent les sans-papiers et les habitants du Tiers-Monde pour leur promotion et leur amour propre. […]
Ces discours des intellectualisants sont non seulement naïfs, mais également profondément démagogiques, et plus : c’est un appel à l’illégalité.
Dans le domaine du Web, non nous battons depuis des années contre des navigateurs conciliants qui acceptent à peu près n’importe quelle crotte et vous affichent une page apparemment correcte. En informatique générale, Windows permet au développeurs de créer des applications mal foutues qui fonctionnent bien (on appelle ça l’approche Raymond Chen
). Résultat dans les deux cas : les développeurs (de pages Web ou de programmes) continuent à crotter allègrement, puisque de toute manière, ce n’est pas grave, ça passera, hein ?
Dans la question des sans-papiers, c’est pareil : en continuant à demander la régularisation des sans-papiers, c’est un véritable pied de nez à la France que font ces pseudo-humanitaires
, pour reprendre l’expression de Delphine. Remettre en cause ceci, c’est remettre en cause la légitimité des lois, d’une certaine rigueur ou même de l’autorité de la France sur son propre territoire. Je ne parlerais même pas de l’aspect démagogique et électoraliste des politiciens qui accourent derrière, mon dégoût se voit sûrement déjà assez bien.
Pour le dire simplement : si tu as des papiers, tu restes. Si tu n’en as pas, tu pars. Si ça fait quinze ans que tu n’en as pas, ça ne fait aucune différence, tu pars quand même. Et c’est normal. Tu savais que tu n’avais pas le droit de rester ; tu as tenté ta chance. Ton gamin ? T’as fait un gamin alors que tu n’as pas le droit de rester ? C’est moche pour lui, ce que tu as fait. Hey, quand on joue, il faut s’attendre à perdre.
Et en plus de cette considération théorique, mais pas moins extrêmement importante, car elle structure la considération que l’on a de l’intégrité nationale, il y a également les considérations pratiques avancées par Delphine : ce n’est pas parce qu’un étranger vit en France qu’il vit bien, ou même qu’il vit au-dessus du seuil de pauvreté. Ou même qu’il vit tout court.
Maintenant, ça ne veut pas dire que je suis contre l’immigration. Je suis tout à fait pour (et je veux bien croire que l’administration n’est pas blanche dans l’affaire, en faisant volontairement traîner moult dossiers, ou en demandant des garanties inutiles qu’elle sait parfaitement que les immigrants ne pourront réunir). Simplement, soyons rigoureux : si c’est oui, c’est oui, si c’est non, c’est non. Cette mentalité latine de magouiller, discuter, rouspéter et essayer de passer en force, ça n’est pas du tout de mon goût.
Pour clarifier mon point de vue, cependant, sachez que je suis (trans)humaniste, légaliste et fier des valeurs portées par la France (surtout autrefois, malheureusement). Je terminerais par une phrase d’un de mes hommes politiques contemporains préférés (et que j’aurai bien aimé voir en 2007 candidat à une certaine fonction), Michel Rocard : la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais il faut qu’elle y prenne sa part.