À la base, deux articles de Jean-Christophe Courte, intitulés Stockage 2001… et Stockage 2006…. Ils traitent de la problématique des sauvegardes sur 22 ans et leur pérennité, tant du point...
À la base, deux articles de Jean-Christophe Courte, intitulés Stockage 2001… et Stockage 2006…. Ils traitent de la problématique des sauvegardes sur 22 ans et leur pérennité, tant du point de vue de la résistance physique du support et du lecteur que de la possibilité d’ouvrir le format d’origine après tant de temps ainsi, bien sûr que de l’utilité d’une méthodologie de catalogage.
On se met à parler d’alternative à l’existant.
Support physique
aacp29 signale que la NASA perd 30 % de ses données
pour ces raisons.
Je ne sais pas ce qu’est le support universel, mais ce ne peut pas être un CD, qui a trop de limitations (déjà, il est trop fragile, seul le CD en verre de l’astronautique durant 100 ans et seuls les plus chers des CD du commerce durent leur 10 ans — tablons plutôt sur 2 à 5 ans). Ce ne peut pas non plus être un disque magnétique, avec le risque de démagnétisation.
J’opte (pour le moment) pour de la mémoire solide (Flash, MRAM…)
Tony précise que la mémoire solide, Flash en l’occurrence, n’est pas non plus gage de sécurité puisqu’elle est donnée pour une durée des données de l’ordre de 10 ans. Ensuite, les petits « minicondensateurs » qui enregistrent les différents états binaires perdent l’information.
Notons qu’une problématique importante pour les conservateurs de donnée est l’approche du moment où la durée de transfert sera aussi longue que la durée de vie du support.
Une bibliothèque transfère ses cassettes vidéo magnétiques sur support CD. Ça lui demande des années. Quand elle a terminé, les premiers CD ont dix ans, il faut donc transférer les données pour s’assurer qu’il n’y a pas de dégradation dans le CD. Mais le transfert de donnée lui-même prend dix ans… Voire plus, et là, on est mal.
Quand j’ai découvert cette problématique, je ne l’ai pas prise au sérieux, me disant que c’était le fruit de l’imagination d’un paranoïaque. Je me suis depuis entretenu avec un bibliothécaire : ils prennent ça très au sérieux, la menace est réelle.
Des mémoires Flash ou MRAM auraient l’avantage d’un transfert plus rapide (débit plus rapide, mais aussi moindres interventions manuelles).
Support logique
Voici la mésaventure de Jean-Christophe :
Un exemple vécu hier : je retombe sur un fichier de ma compta des années 95–99… Tout était sur Excel avant que je bascule l’ensemble de mes infos en FileMaker en 1999…
J’essaye d’ouvrir ce fichier sous une version plus récente d’Excel (Office X de 2003 — 10.1.5)…
À la fin, j’ai droit à un message : La traduction a échoué. Pour plus d’informations, reportez-vous au fichier trnslate.log
…
Et mon fichier ne s’ouvre pas, CQFD…
Hop, je vois qu’il y a une mise à jour en 10.1.6… je tente l’opération ce matin…
Niet. J’ai essayé sur d’autres fichiers Excel des années 98, que dalle… Question : dois-je passer à une version plus récente pour ouvrir mes fichiers… La réponse est : je ne le souhaite pas… !
Aucune certitude quant à l’ouverture de mes fichiers et ensuite, si la version de 2003 n’ouvre pas les fichiers de 1998, quid des capacités de la version 2006/2007…!
Je crois que c’est le bon moment de parler d’OpenDocument, le format universel pour la bureautique1.
Pour expliquer l’importance d’un format standardisé pour la bureautique, Tim Bray utilise toujours le même argument dans ses présentations : il pose cette question Qui d’entre vous est sûr de posséder des documents auxquels il voudra pouvoir accéder dans dix ans ?
, puis cette autre Qui d’entre vous est sûr d’utiliser la même application bureautique dans dix ans ?
. Lorsqu’il reçoit beaucoup de réponses oui à la première question, et peu à la seconde, il continue en disant Bien, donc je vais vous parler d’OpenDocument…
Comme me disais Laura il y a un an : Je m’en fous d’utiliser un logiciel propriétaire, du moment que le format de sortie, lui, est libre.
On pourrait penser aussi penser à la dégradation gracieuse comme alternative.
La « dégradation gracieuse » est un terme utilisé dans le domaine du webdesign lorsque l’on parle de compatibilité. L’idée est de rendre une version peut-être moins belle, mais en tout cas fonctionnelle pour les lecteurs non prévus (audio, handicapés…).
Pour la bureautique, voilà comment je vois la dégradation gracieuse : pour l’exemple d’Excel, un export en CSV (fichier texte où les données sont séparées par des virgules). Tout le zoli formattage en couleur et en gras est perdu (dégration), mais l’essence du travail (les données) est toujours là (gracieuse).
Évidemment, il faut encore un produit capable d’ouvrir le fichier d’origine. Il s’agit donc de faire une version « dégradée » tant qu’on le peut encore. Parce que dans dix ans, cette version dégradée sera toujours lisible. La version native, par forcément (ou plutôt « forcément pas »).
Si vous êtes sous Mac OS X, je vous recommande SilverKeeper.
- Personnellement, la majorité de mon travail est en HTML, donc OpenDoc ne me sert pas. En plus, le principal utilisateur d’OpenDoc, c’est OpenOffice, que je n’aime pas.