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Petits jeux de mots sur la langue

  • les attri­buts du sujet (trouvé sur langue sauce piquante, le blog des cor­rec­teurs du Monde)
  • un sin­gu­lier plu­riel (trouvé dans La Dépêche du Midi pour une multi-lauréate du Prix du jeune écrivain)

C’est méchant

Clark­son also defen­ded Camilla Parker-Bowles on an epi­sode. People often cri­ti­cise (Parker-Bowles) because she’s approa­ching 60, he said, but they for­get that Prin­cess Diana was approa­ching 120 when she went into the tunnel.

Expli­ca­tions (mais c’est moins drôle s’il faut expliquer) :

  • Camilla Parker-Bowles est la seconde femme du Prince Charles
  • Jeremy Clark­son est un très célèbre pré­sen­ta­teur bri­tan­nique d’une très célèbre émis­sion auto­mo­bile bri­tan­nique (Top Gear). Il est connu pour son carac­tère plein et entier.
  • la langue anglaise par­lée per­met d’éviter de nom­mer l’unité quand on donne une valeur. Ainsi, on peut mettre en paral­lèle dif­fé­rentes valeurs pour un effet bur­lesque. C’est ainsi que les 60 (ans) de Parker-Bowles sont com­pa­rés aux 120 (km/h) de la voi­ture dans laquelle est morte la prin­cesse de Galles. On pour­rait défi­nir ce type de jeu de mot comme un zeugma.

L’exception française

Ini­tia­le­ment publié le 03 juin 2006 à 14:56:00

D’accord, le titre est facile.

Le fran­cium, élé­ment de numéro ato­mique 87, est le der­nier élé­ment natu­rel1 à avoir été décou­vert (1939 par une Fran­çaise). Je croyais que c’était aussi le plus rare, mais l’astate le dépasse, grumble. C’est aussi celui avec le plus grand nombre d’isotopes et la plus faible élec­tro­né­ga­ti­vité, ainsi que le plus instable.

Et main­te­nant, vous pou­vez lâcher les trolls : cet élé­ment ne sert à rien.

Voir aussi Le vrai et le beau : l’antimoine.


  1. Parce que si parle des jouets de labo­ra­toire (nº95+), c’est trop facile…

Dans chaque « fille » il y a une mouillure

Je me rends compte qu’au 29 mai 2006, il n’y a tou­jours pas d’entrée mouillure dans Wiki­pé­dia (la mouillure, c’est le son [j], comme dans yeux, iota…). Alors, je décide d’écrire l’article.

Et là, sur IRC, ça part en… couille

[_david_]   Vous y croyez vous? [[Mouillure]] n’existait pas…
[ptifeth]   _david_: tiens, j’aurais pensé que c’était sexuel, la mouillure
[Blidu]     et voila ! _david_  a créé une page qui va plaire aux vandales :p
[_david_]   ptifeth et Blidu : Bon, je crois que j’ai tendu une grosse perche aux vandales ="Diverses occurrences de la mouillure en français"[ptifeth]   _david_: ’fin bon, moi j’ai toujours entendu "cramouille"
[Submarine] dites, il est 09.30 et ça parle de sexe?
[_david_]   tiens, il y a souiller aussi
[_david_]   et couille
[Blidu]     _david_:  je peux mettre "citrouille" comme exemple de mouillure ?
[Blidu]     (sans le "itr" bien sûr)
[Blidu]     il faut attirer l’attention du vandale :)
[_david_]   Blidu trop tard, je l’ai déjà fait, celle-là :-)
[_david_]   couille, nouille, pouilleuses… c’est un vrai trésor !
[_david_]   morpion
[Blidu]     dans chaque "fille" il y a une mouillure

La Rousse Illustrée

Je pen­sais que c’était une blague et non, il paraît que c’est la vraie cou­ver­ture du Grand Larousse Illus­tré 2006 (par Phi­lippe Stark, le plus célèbre desi­gner fran­çais contem­po­rain, merci Maxime).

Ce n’est pas l’austérité à laquelle on est habi­tué ; je ne suis pas cer­tain que ce soit oppor­tun pour un ouvrage de réfé­rence comme un dic­tion­naire (pour une cam­pagne publi­ci­taire pour ledit ouvrage de réfé­rence, pas de pro­blème). Néan­moins, j’aime beaucoup.

Portrait d’un mannequin roux
Portrait d’un mannequin roux

Par madame Monstre et Jean-Dico.

Calembours

Lorsque vous dites Tu rêves, Her­bert ? d’un seul coup, vous faites un calem­bour (Tu réver­bères ?). Le calem­bour consiste à détour­ner le sens d’une expres­sion, d’une phrase, en jouant sur les sono­ri­tés iden­tiques de la langue.

La langue fran­çaise semble même être faite pour cet exer­cice qui, à la réflexion, mérite plus de consi­dé­ra­tion que le mépris dans lequel on le tient géné­ra­le­ment. En effet, il demande une grande agi­lité d’esprit, et une bonne connais­sance de la langue.

Ces jeux de lan­gage sont carac­té­ris­tiques de la langue fran­çaise, il n’existe pas ou très peu dans les autres langues. Voici pourquoi :

  • Le carac­tère par­ti­cu­lier du fran­çais est d’être voca­lique et peu accen­tué, com­paré aux langues euro­péennes envi­ron­nantes. Par exemple, la quasi-uniformité de notre langue fait que les rapaces peut se confondre avec les rats passent ; alors qu’en anglais, mighty tower (puis­sante tour), ne peut être confondu avec my tea tower (ma tour où l’on sert le thé), à cause de la forte accen­tua­tion sur tea, qui modi­fie com­plè­te­ment le sens de la série de sons. De même qu´en alle­mand es eilig haben (être pressé) ne sera en aucun cas confondu avec das hei­lig Abend (la veillée de Noël) du fait de la pro­non­cia­tion plus mar­quée du h.
  • Le fran­çais pos­sède de nom­breux mots homo­phones, c´est-à-dire qui se pro­noncent pareil ; sain, saint, ceint, cinq, ver, vert, vers, vair, sot, sceau, saut, seau, et tous les verbes du pre­mier groupe (aimer, aimez, aimée…). La liste des homo­phones est inépuisable.

Ces consi­dé­ra­tions expliquent pour­quoi les calem­bours, qui­pro­quos et équi­voques ont tou­jours fait le régal des Français.

Louis ⅩⅤⅠ aimait à répé­ter, cette inno­cente blague : les puces sont de la secte d’Épicure (des piqûres) et les poux de la secte d’Épictète (des piques-têtes). Les paro­dies des vers tra­giques font la joie des éco­liers, on pense ainsi au fameux vers de Cor­neille dans Cinna : Et le désir s’accroît quand l’effet se recule, détourné par des géné­ra­tions de col­lé­giens en …quand les fesses reculent — ce que Cor­neille avait pro­ba­ble­ment prévu, car on oublie com­bien nos aïeux étaient farceurs.

Ainsi, si vous aviez des illu­sions sur le sérieux de nos ancêtres, vous ne man­que­riez pas de pois­sons, car, selon le vieux calem­bour sécu­laire : les illu­sions sont… des truites !

(d´après un article de C. Duneton )

Voici quelques exemples de calem­bour, (vou­lus ou incons­cients, auquel cas on par­lera de kakem­pha­ton) :

Entre deux mots, il faut choi­sir le moindre

On s’enlace
Puis un jour
On s’en lasse
C’est l’amour

(Une coquette d’âge mûr, minau­dant devant un jeune homme )

Méfiez-vous jeune homme, je suis rusée !
– Oh madame ! C’est un « r » que vous vous donnez.

(elle) Il me faut, disons le mot, 50000 francs…
(lui) Par mois ?
(elle) Par vous ou par un autre !

…Mais le bébé, il sait pas,
il sait pas à quel sein se dévouer
pour lui, c’est la mère à boire
Elle était bonne pour moi, ma mère
C’était une mère veilleuse.

D’après Les calem­bours