Les nouveaux mercenaires

Employés par des socié­tés pri­vées sous contrat avec le Penta­gone, ils sont 15 000 à 20 000 sur le sol ira­kien. Leur tra­vail est cru­cial pour la mis­sion amé­ri­caine. La guerre se pri­va­tise, mais ses règles sont floues.

Conti­nue rea­ding

La seconde guerre d’Indochine (Vietnam) et la seconde guerre du Golfe (Irak) : du poids de l’opinion publique

Peu le savent, mais les États-Unis étaient sur le point de gagner la guerre du Viêt Nam.

Acculé par la supé­rio­rité entre autres tech­no­lo­gique des États-Unis, Hô Chi Minh, le chef des Viet-Congs (les adver­saires des États-Unis dans cette guerre) a tenté une action déses­pé­rée : jeter toutes ses forces dans la bataille lors d’une attaque sur­prise lors de la fête du Têt, une fête très impor­tante au Viêt Nam et qui, depuis le début du conflit, avait tou­jours été une période de cessez-le-feu. Les forces d’Hô Chi Minh ont lancé leur ultime attaque et, pre­nant les forces adverses par sur­prise, réus­sirent à per­cer jusqu’à Saï­gon (capi­tale du Sud-Viêt Nam, aujourd’hui Hô Chi Minh Ville, à l’autre bout de la pénin­sule). C’est ce qu’on appella l’offen­sive du Têt.

La sur­prise ne fut bien sûr que de courte durée et les États-Unis eurent tôt fait de reprendre le ter­rain conquis.

Seule­ment, voilà. Entre-temps, les camé­ras de télé­vi­sion avaient eu le temps de mon­trer aux États-Uniens une Saï­gon aux mains des Viet-Congs. Que ça n’ait duré que très peu de temps importe peu ; après toutes ces années de guerre, on avait l’impression que les États-Unis tenaient à grand-peine le Viet Nam et qu’ils s’enlisaient, voire per­daient, alors qu’en réa­lité, c’était tout le contraire !

Et cette éphé­mère vic­toire Viet-Cong a compté plus aux yeux du peuple états-unien que la constance vic­to­rieuse de son armée. L’opinion publique peut être flouée par des actions d’éclats qui ne veulent rien dire. C’était le pari d’Hô Chi Minh (La posi­tion de fai­blesse mil­taire des États Unis était impen­sable, il res­tait l’opposition interne aux États-Unis.) et ça a mar­ché. Les États-Unis ont dû se reti­rer d’une guerre qu’ils étaient en train de gagner.

Pour­quoi parlé-je de tout ceci aujourd’hui ?

Pour ça : Mani­fes­ta­tion pour le retrait des troupes bri­tan­nique d’Irak.

Plus de 12000 pro­tes­ta­taires étaient pré­sents aujourd’hui dans les rues de Londres afin d’exiger le retrait des troupes bri­tan­niques sur­tout, mais aussi des troupes amé­ri­caines d’Irak.

Simul­ta­né­ment, d’autres mani­fes­ta­tions se sont aussi tenues aux États-Unis et en Irak. Au total il y a eu 200 mani­fes­ta­tions à tra­vers le monde aujourd’hui.

Avant même que cette guerre ait com­mencé, on par­lait déjà d’un nou­veau Viêt Nam (Irak) et d’un nou­veau McNa­mara (Donald Rum­sfeld). Dans une démo­cra­tie, quand tu veux faire une guerre, assures-toi de la ter­mi­ner vite.

Dans le même esprit et pour res­ter sur les paral­lèles Viêt Nam / Irak, lisez : Le cin­quan­te­naire du Ton­kin.


La cita­tion à-peu-près-dans-le-sujet du jour : On fait la guerre quand on veut, on la ter­mine quand on peut.

Le cinquantenaire du Tonkin

Poussez-les à bout. Après, on pourra dire que ce sont eux qui ont commencé.

C’est en sub­stance la tac­tique qu’auraient uti­li­sés les États-Unis pour obte­nir un pré­texte à l’invasion de l’Irak. Comme le signale jus­te­ment Oli­vier Six, on peut faire un paral­lèle avec le coup du Golfe du Tonkin.

Lisez aussi l’article du Chris­tian Science Moni­tor, c’est assez hal­lu­cin­nant (Finally, in an iro­nic foot­note to the inci­dent, RawStory.com repor­ted that the num­ber of bombs drop­ped on Iraq actually decli­ned after the start of the war in March, 2003).

Petit exer­cice personnel :

Fac­teur Ton­kin Irak
Date 1961 2002
Méchant Nord-Vietnam Irak
Événe­ment coup du Golfe du Tonkin « coup du Golfe Persique »
Pré­lude à Guerre du Vietnam « Guerre du Golfe II »
Secré­taire de la Défense Robert McNa­mara Donald Rum­sfeld
Véra­cité McNa­mara avoua à John­son qu’il ne croyait pas qu’il y ait eu attaque. Est-ce la peine de répondre ?

La cita­tion à-peu-près-dans-le-sujet du jour : L’histoire n’est qu’un éter­nel recommencement.