Archives du mot-clé intelligence artificielle

C’est quoi, un homme ?

Initialement publié le 05 juin 2005 à 14:10:59
  • Si demain, nous découvrions une population d’hommes de Neandertal bien vivants, devrions-nous leur donner les droits de l’homme ?
  • Plus difficile : que faire si nous rencontrions un homo habilis ?
  • Plus difficile encore : que faire si nous rencontrions un australopithèque ?
  • Si nous donnions le statut d’homme à homo habilis, qu’en serait-il alors des Orangs-outangs, qui pourraient bien être plus intelligents que les « austries » ?
Dans le même ordre d’idées, vous pouvez lire le projet Grands singes, les grands singes comme personnes ou la Déclaration sur les grands singes, relayés en français par One voice.
En écho à Thomas Linard, voici la conclusion du premier chapitre de Transhuman Space, dont j’ai déjà parlé à deux occasions (pour ceux croyant toujours que les JdR se limitent à des ados prépubères qui niquent les dragons et leur piquent leur trésor, c’est une excellente lecture, pour peu que vous lisiez l’anglais)

C’est quoi, « humain » ?

Aux yeux de nombre de personnes, la question centrale du monde de 2100 est la définition de l’humanité. Des centaines de germline et des douzaines d’espèces parahumaines existent désormais. Nous avons du logiciel intelligent qui semble avoir conscience de sa propre existence et des bêtes génétiquement modifiées avec la connaissance du bien et du mal, sans oublier la voix et des pouces opposables. Est-ce qu’un programme informatique intelligent, un chien qui parle ou un bioroïde [androïde biologique] sapient est une machine, un animal familier, un esclave ? Sont-ils nos enfants, ou notre futur ? Une rivalité est en train d’émerger à côté de laquelle les luttes des ⅩⅠⅩe et XXe siècles contre l’esclavage et l’apartheid paraissent bien mineures. Alors que, par le passé, les différences entre ethnies humaines reposaient sur des préjugés infondés, ceux entre les créatures artificielles et les humains sont réelles et démontrables. Si un bioroïde ou une intelligence artificielle est conçu pour être légèrement inférieur à un humain, est-ce mal de le considérer comme sous-humain ? Si c’est un supérieur potentiel, devrait-on lui donner la liberté de faire ce qu’il veut, y compris de se reproduire ? Il n’y a pas de réponse facile. Une rivalité est en train d’émerger à côté de laquelle les luttes des ⅩⅠⅩe et XXe siècles contre l’esclavage et l’apartheid paraissent bien mineures. Alors que, par le passé, les différences entre ethnies humaines reposaient sur des préjugés infondés, ceux entre les créatures artificielles et les humains sont réelles et démontrables. Si un bioroïde ou une intelligence artificielle est conçu pour être légèrement inférieur à un humain, est-ce mal de le considérer comme sous-humain ? Si c’est un supérieur potentiel, devrait-on lui donner la liberté de faire ce qu’il veut, y compris de se reproduire ? Il n’y a pas de réponse facile. Une réflexion corollaire de la part de Joel Garreau du Washington Post: Suppose Faulkner was right?
Neurochips could also develop further, for example the artificial hippocampus, raising issues about what it actually means to be human.
(l’emphase est mienne)

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Wikipedia un cran plus haut : Semantic Mediawiki

Wikipédia
Encyclopédie numérique collaborative utilisant une syntaxe wiki
MediaWiki
Logiciel faisant tourner cette encyclopédie
Sémantique
Ce qui a trait au sens. Dans le contexte du Web, passer du perroquet à la compréhension
Semantic MediaWiki
Version sémantique de MediaWiki

Lespetitescases.net, excellent site sur la sémantique et l’ontologie Web (qui, soit dit en passant, n’a rien à voir avec l’ontologie philosophique), parle du projet déjà relativement connu de Semantic Mediawiki : Et le wiki devint sémantique. Contrairement à mes précédentes lectures sur le sujet, cet article explique très bien ce dont il est question et je vous encourage donc à le lire.

Détails

Fonctionnement

Pour ceux qui veulent une idée rapide et qui n’étaient pas à Paris Web pour assister à la conférence de Karl Dubost « Enrichissons nos relations », voici un exemple :

  1. Sans sémantique, Berlin est la capitale de l’Allemagne, mais l’ordinateur ne le sait pas ; il se contente de répéter des suites de mots.
  2. Avec de la sémantique, Berlin est toujours la capitale de l’Allemagne, mais cette fois-ci, l’ordinateur le sait. Berlin est la capitale de l’[[capital of::Allemagne]].

À noter que la création de catégories grâce à un tel système ressemble beaucoup aux listes intelligentes (smart lists) que l’on trouve dans les systèmes d’exploitation (un exemple pour trouver de vieux portables Apple d’occasion).

Localisation

Notez que je ne sais pas encore comment cela se concrétisera-t-il pour l’internationalisation. Certes, la relation Berlin/capital of/Allemagne peut se retrouver facilement liée à Berlin/capital of/Germany. Mais ceci n’augure nullement d’une relation de langue. Uniquement avec ces informations, il se pourrait que Berlin soit la capitale d’une entité nommée Germany et d’une autre nommée Allemagne (par exemple, au fil de son histoire). Vu le grand nombre d’incertitudes, je pense qu’une information de langue sera ajoutée pour dire qu’Allemagne est le mot français pour Germany.

Interface

La simple richesse écrasante de la sémantique peut aisément rebuter n’importe qui et les interfaces d’édition et de recherche de sens seront capitales dans l’adoption de la sémantique (à moins de se limiter à une sémantique minimale, ce qui serait bien dommage).

Conclusion

Il y a énormément de choses à voir et à dire dans le domaine de la sémantique du Web, et je n’ai clairement pas les disponibilités matérielles pour m’y attaquer sérieusement. C’est bien dommage, car le Web sémantique est une vision extrêmement prometteuse, fortement corrélée à mon sens à l’Internet des objets (everyware) et l’intelligence artificielle faible.

La réflexion (et les discussions) continuent chez Laurent Jouanneau : Le wiki sémantique avance et Stéphane Gourichon — Ranger efficacement des photos numériques.

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It’s on

Initialement publié le 19 octobre 2005 à 03:25:00 Une réflexion inspirée par le fort lyrique Nous sommes le Web, et plus particulièrement cette phrase :
Les chercheurs en IA se réjouissent quand un système d’apprentissage adaptatif tourne plusieurs jours sans planter.
Alors, je vous pose une question, qui chez moi au moins déclenche un certain vertige : Imaginez de quoi est capable un système informatique avec un uptime de 30 ans. 30 ans à apprendre tous les jours.

Hail to the Machine. It’s on.

  Idée cadeau : j’aimerai bien lire le roman intitulé Wyrm, de Mark Fabi. Il traite d’un virus Internet qui devient intelligent. Sur une note plus « lyrique », je vous recommande le superbe Shadowspace : le premier contact.   Terence Sejnowski se pose la même question: When will the Internet become aware of itself?. Bientôt une SAI-7 près de chez vous (et en avance) ?    

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Jabberwocky, le chatterbot qui venait du froid

Grâce à François Parmentier, j’ai découvert jabberwacky (mot-valise formé par paronomase – jeu de mots – sur jabberwocky et wacky). Voici notre conversation, les résultats sont impressionnants (les fautes de frappe sont d’origine et le robot parle en premier) :

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Lettres et images

Je vous ai traduit le premier paragraphe d’une page sur les caractères Unicode. Le reste est technique, mais ceci me semble le plus intéressant. Certaines choses semblent tellement aller de soi que l’on ne prend pas la peine de les signaler.

Dans le texte ci-dessous, l’emphase est mienne.

Pourquoi avons-nous besoin de caractères ?

Les textes gravés dans la pierre ou écrits sur du papier sont stockés sous forme d’images. Pourquoi ne codons-nous pas tous nos textes comme cela ? Après tout, il existe d’excellents standards pour cela […]. Utiliser des images permet une liberté maximale : nous pouvons dessiner les signes que nous voulons et les envoyer comme graphiques à nos lecteurs […]. Et cette technique est encore utilisée [en 1998, NdT] : de nombreuses entreprises japonaises préfèrent faxer une lettre manuscrite que rédiger un courriel si long à écrire ; de nombreux sites arabes sur la Toile présentent leurs textes comme des images GIF au lieu d’utiliser des encodages que la majeure partie des plates-formes ne gèrent pas1.

L’encodage d’images a plusieurs inconvénients, cependant : plus important que la faible compression (les images prennent plus de place, de bande passante et de temps de calcul) est le fait que votre ordinateur ne sera pas capable de :

  • déchiffrer les écritures illisibles ;
  • lire le texte à haute voix ;
  • reformater le texte dans une autre police ;
  • chercher des mots et des adresses depuis le texte vers des dictionnaires ;
  • chercher dans des tonnes de pages un certain signe, mot, ou phrase ;

sans faire appel à des techniques d’intelligence artificielle (vision informatique, OCR) qui ont tendance à utiliser des algorithmes heuristiques non sécurisés et qui ont besoin d’un encodage.

Où je reprend la main

Ceci nous emmène à une énorme différence entre les hommes et les ordinateurs : nous lisons des images, alors que les ordinateurs lisent des chaînes de caractères.

Je me demande ce qui arrivera quand nous lirons des chaînes de caractères (implants neuraux, sûrement) ; peut-être quelque chose de très proche de l’empathie (plus que la télépathie). Car finalement, nous sommes plus intellectuels que les machines…


  1. vous pouvez voir un exemple pour le laotien sur le site de RFI

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Google-bashing

Apparemment, on vient de passer un nouveau stade dans la peur du grand méchant Google : ça devient le bashing à la mode.

  • Quand Google dominera le monde… signale un concours assez sympathique. J’aime bien la recherche des clés.
  • The Economist publie une rétrospective instructive de Google. Entre autres, ils popularisent ce que je pense depuis quelque temps être l’objectif de ces geeks-là : créer une intelligence artificielle consciente1. Ce qui ne les empêche pas de surfer sur le Google-bashing, mais de manière posée, en observant comment l’extra-terrestre Google se « normalise ».

À lire aussi : GoogleGrid, GoogleBase, Cracher sur GooglePrint, c’est facile et, bien sûr, It’s On.


  1. Ce terme provient du jeu de rôle français Cyberage. D’autres termes sont : Sapient Artificial Intelligence (Transhuman Space) ou intelligence artificielle forte (c’est-à-dire qui n’a pas simplement l’air intelligent, mais qui est intelligente ; je considère personnellement cette dernière distinction comme non pertinente, mais c’est un autre sujet). Voir à ce sujet Retour sur l’intelligence artificielle « classique »)

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Chasseuse d’intelligences émergentes, pour GURPS

Un concept de personnage intéressant pour un monde de futur proche ; son plus proche équivalent cinématographique est Sarah Connor dans Terminator 2. Les caractéristiques sont établies pour GURPS. Les termes techniques ont été traduits par votre serviteur ; ils peuvent donc ne pas correspondre à la traduction officielle. Entres autres, je n’ai pas su comment traduire holdout dans ce contexte.

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