Je vous livre quelque chose que je cherche depuis longtemps, l’apologue pour la science-fiction et la prospective par Gérard Klein (préface de Tous à Zanzibar). Un régal.
La Science-Fiction et la Prospective sont des demi-sœurs ayant pour père commun le désir d’appréhender l’avenir et pour mères deux cousines un peu éloignées, l’Imagination et la Méthode. Curieusement, il y a toujours eu un peu de mésentente dans cette famille, à savoir que l’aînée, la Fiction, manifestait volontiers de la révérence pour sa cadette tandis que celle-ci, un rien parvenue, s’affichant à la table des grands et s’efforçant de paraître bonne élève et sérieuse, affectait souvent d’ignorer cette parenté, ou, ramenée à elle, de la mépriser. Certains prétendent que la Prospective, jalouse de la séduction de la mère de l’autre, alléguait son peu de vertu et mettait en avant la qualité de l’éducation que la Méthode lui avait, quant à elle, donnée. Peut-être les temps sont-ils venus d’une réconciliation permettant aux deux sœurs d’occuper chacune la place qui lui revient et de se conforter mutuellement dans la poursuite passionnante et fort nécessaire de cette chimère, la maîtrise du futur.
Le reste du texte est disponible sur quarante-deux.org. Je vous recommende la lecture du texte complet, au moins jusqu’à Elle représente assez bien, sur le versant de la prospective, ce qu’avait entrepris plus de vingt ans plus tôt, sur celui de la Science-Fiction, John Brunner dans une série de quatre romans dont le plus fameux est Tous à Zanzibar : une description à la fois détaillée et globalisante du futur qui est notre destination
(après, il parle de John Brunner et de Tous à Zanzibar, et c’est moins intéressant, à mon sens, vu que ça traîte de l’ouvre elle-même).