Archives du mot-clé géographie

“Rayez-nous de la carte !”

Pour information, ça date de 2007. Mais ça ne perd rien de sa saveur. Les GPS ont-il évolué, depuis ?
De toute évidence, ce village est bien trop petit pour les gros camions. Ses rues ont été conçues au temps des chevaux et des charrettes : elles ne permettent ni de passer, ni de manœuvrer, mais rien n'y fait : régulièrement, des semi-remorques tentent de traverser Wedmore. Pour cela, ils se laissent guider par des GPS qui ignorent que l'itinéraire le plus court n'est pas forcément le meilleur. Les chauffeurs n'ont pas la moindre idée d'où ils se trouvent, explique Wayne Hahn, un commerçant du coin qui voit chaque jour son lot d'accidents — barrières heurtées, rétroviseurs arrachés, véhicules qui se retrouvent coincés en bas de la colline de Wedmore. Il faudrait que les routiers soient équipés de systèmes leur indiquant que certains itinéraires ne conviennent pas à ce type de véhicules, dit John Sanderson, président du conseil municipal, qui a proposé une solution apparemment simple : exclure l'itinéraire passant par Wedmore des itinéraires des poids lourds. Des centaines de communes se trouvant dans la même situation – la Grande-Bretagne regorge de petits villages inadaptés au passage des camions – estiment que ce serait une excellente idée. En fait, nous leur avons demandé de nous retirer de la carte, purement et simplement, explique Geoff Coombs, maire de Barrow Gurney, un village que traversent chaque jour 15 000 véhicules – voitures et poids lourds – alors qu'il est trop petit avoir des trottoirs. Or, d'après le GPS, il constitue un bon itinéraire de délestage pour se rendre à l'aéroport de Bristol. Ne pas être sur la carte ? C'est plus facile à dire qu'à faire. Nous cartographions la réalité – les rues, les poteaux indicateurs, l'infrastructure routier – telle qu'elle est sur le territoire, fait valoir Dick Snauwaert, de Tele Atlas, une société qui fournit des cartes numériques pour les systèmes de navigation. Snauwaert estime que c'est aux collectivités locales de préciser quelles sont les routes inadaptées à la circulation des camions et d''installer les panneaux nécessaires. Les informations utiles, concernant par exemple la hauteur d'un pont , la largeur d'une route ou les contraintes de poids, pourront alors être intégrées aux bases de données utilisées par les GPS. Une fois que nous aurons les bonnes informations, nous pourrons commencer à changer les itinéraires des poids lourds, assure Richard Matthews, chargé de l'aménagement routier au conseil de comté du Sommerset, qui prône une action à l'échelle nationale. Grâce à une enquête réalisé auprès des autorités locales, ce compté à constaté que 82 % des communes avaient des problèmes de circulation liés au GPS. Certaines communes ont commencé à installer des panneaux pour inciter les conducteurs à ne pas se servir de leur GPS sur les routes de campagne. Mais, apparemment, ils l'utilisent de plus en plus, oubliant les cartes, leur bon sens et leurs yeux. On entend des histoires hilarantes de gens qui suivent aveuglément les instructions du GPS. raconte Vince Yearley, de l'Institute of Advanced Motorists [une association d'automobilistes]. Si le GPS leur dit : Prenez ce chemin boueux, ils se disent C'est bizarre, mais ils y vont quand même ! Quant aux poids lourds qui se perdent, ce genre de mésaventure arrive surtout à des conducteurs étrangers. Le mois dernier, un poids lourd slovaque est arrivé à Douvres. Il transportait 22 tonnes de papiers qu'il devait livrer au pays de Galles. Son GPS l'a invité à quitter la route principale pour s'embarquer dans des routes de plus en en plus étroites et il a fini par se retrouver coincé entre deux maisons, dans une petite allée du village de Mereworth (Kent). Le chauffeur est descendu de sa cabine et à éclaté en sanglots. Il a bien essayé de manœuvrer pour se sortir de là, a raconté Mark Siggers, un habitant, à un journaliste local. Mais il commençait à racler les murs des façades. Il a fallu plusieurs jours aux autorités pour dégager son camion, qui est maintenant déchiqueté.

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Des géographes à l’assaut de la Palestine ?

Tiens, on parle d’un de mes anciens profs (Jean-Robert Pitte) dans le Monde (oui, je sais, c’est vieux. Et alors ?).

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La querelle linguistique et la crise de l’État en Belgique

Initialement publié le 29 décembre 2005 à 17:07

En attendant d’avoir résolu mon problème de site Web traditionnel, je poste ce cours de licence de géographie (pas tout à fait terminé) ici. Release early, release often, comme ils disent.

Gaule celtique et Gaule belgique, Neustrie et Austrasie, et aujourd’hui Wallonnie et Flandre… La Belgique a toujours eu du mal à se définir. Cet article date initialement de 2002. La raison pour laquelle j’insère celui-ci et pas les autres, est l’article du Monde diplomatique signalé à la fin.

Bien évidemment, tout remarque de Belges est la bienvenue. J’ajoute en fin d’aticle un long commentaire de Sophie.

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Géographie de l’Internet

Quelques billets de géographie de l’Internet, domaine à la croisée de plusieurs de mes intérêts, mais pour lequel je trouve peu d’information en français.

Géographie et médias localisés

Anthony Townsend : les médias localisés vont avoir un impact considérable sur notre manière de percevoir les villes.

Pendant 10 ans, l’Internet grand public, ce fut la négation de la distance (village global et tout ça). Les médias localisés, c’est la constatation que les distances ne se suppriment pas comme ça (comme tout mème multimillénaire) et qu’au contraire, il vaut mieux en tenir compte (géolocalisation).

Ces médias sont nouveaux et on manque encore de recul. On s’intéresse entre autres à la manière dont les gens construisent des représentations cognitives de l’environnement urbain. Une réflexion intéressante sur l’impact des systèmes d’assistance à la navigation (GPS) et l’urbanisation : une ville n’a plus besoin d’être simple à comprendre quand vous avez un guide pour vous emmener où vous voulez. L’interviewé est assez pessimiste sur les impacts sociaux de ces médias. Moi, beaucoup moins, sans être optimiste pour autant ; mais la dépendance aux machines risque bien de s’accroitre, à moins de refuser le modèle de la grande ville, ce qui est bien possible, pour ce que j’en lis en prospective.

Réflexion personnelle : Existence du GPS → Paresse des urbanistes → l’accessoire devient indispensable → possibilité de l’écouter → cryptage. Parallèle avec le P2P.

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« Point Némo » : mon plus proche voisin…

Un pôle d’inaccessibilité est un endroit éloigné au maximum d’un ensemble de caractéristiques géographiques. Construit par analogie avec les pôles géographique, un pôle d’inaccessibilité ne désigne pas un phénomène physique précis mais une construction géographique. […] Le pôle maritime d’inaccessibilité, parfois nommé « point Némo » (48° 50′S 123° 20′W) est le point des océans le plus éloigné de toute terre. Il est situé dans l’océan Pacifique sud, à 2 688 km de l’île Ducie (îles Pitcairn) au Nord, de Motu Nui (archipel de l’île de Pâques) au Nord-Est et de l’île Maher (au large de la terre Marie Byrd, en Antarctique) au Sud. L’île Chatham est située plus loin à l’Ouest, le sud du Chili à l’Est. Pour un navigateur passant par ce point, les hommes les plus proches […] sont ceux de l’équipage de la station spatiale internationale.

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Jared Diamond et le déterminisme géographique

Si vous aussi vous avez du mal avec la docte sentence le déterminisme géographique n’existe pas, serinée dès les premières années de fac à là où s’enseigne l’école française de géographie universitaire, alors, je vous conseille de vous pencher sur De l’inégalité parmi les sociétés (FNAC, Amazon*).

Ce livre essait de comprendre pourquoi la civilisation européenne a réussi à dominer le monde (attention, je n’ai pas dit à éradiquer les concurrents ; « juste » à laisser une empreinte durable sur toutes les autres civilisations). Et, plus encore (et c’est là que c’est intéressant), pourquoi cette civilisation a pu réunir les outils nécessaires à cette domination, et pas les autres civilisations (aztèques, africaines, australiennes…).

Il reste deux questionnements directs et un indirect.

D’abord, les questionnements directs :

  • parler de domination européenne, n’est-ce pas oublier la domination arabe jusqu’au ⅩⅠⅤe siècle ?
  • plus encore, cette domination n’est-elle pas une parenthèse de l’histoire ? Si on regarde la Chine ou l’Égypte, ces deux « nations » ont toutes les deux dominé le monde bien plus longtemps que l’Europe.

Ensuite, un questionnement indirect, sur le déterminisme géographique :

Si le déterminisme géographique n’existe pas, pourquoi n’y a-t-il personne en Antarctique ? Pourquoi les sociétés se sont-elles amplement développées là où les conditions naturelles n’étaient ni trop dures pour interdire une implantation (Antarctique) ni trop bienveillantes pour inciter à l’oisiveté (Amazonie) ?

Comme d’habitude, j’imagine que la réponse est entre gris clair et gris foncé. Mais alors, pourquoi le possibilisme géographique est-il tout autant refusé ? Un orgueil de l’homme qui se considère comme « trop bien » pour se faire dicter une loi par la nature ? Je ne suis pas loin de le penser. Après tout, la science est écrite par des hommes. Tout comme la religion…

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