Ce n’est pas parce que nos écrans sont de plus en plus grands que nous pouvons faire des contenus totalement fluides (liquid design). Nous sommes limités par le confort visuel de la vision.
Le format A4 du papier (ou le US Letter de l’autre côté de l’Atlantique) ne sont pas nés du hasard : même si la page est remplie à 90 % dans sa largeur, les longueurs de ligne restent d’une taille compréhensible par le cerveau humain.
L’excellent article d’Arno* rappelle (entre autres excellentes choses, lisez-le en entier) une des rares règles typographiques liées à un impératif scientifique
: l’idéal tourne autour de 60 caractères par ligne
.
body {width:60ex}
Un autre document [PDF] donne une plage un peu plus grande : entre 50 et 80 caractères (ça dépend de l’encombrement des caractères ; au final, c’est bien une question de centimètres).
Je persiste pour ma part à penser que l’œil (ou plutôt le cerveau) travaille en longueurs physiques, tout simplement parce que le champ de vision est absolu, non relatif (d’accord, il est relatif à l’espèce, mais pour le moment, je n’ai vu aucune grenouille lire, donc…) C’est au HTML de s’arranger pour que le début de la ligne soit toujours dans notre champ de vision quand on en lit la fin.
Enfin, voici un texte des Pompeurs sur la question :
Non, c’est surtout une fatigue, euh, mentale. l’œil a besoin de se repérer globalement dans la page, pour savoir, quand une ligne se termine, où retrouver le début de la suivante. Avec des lignes trop longues, on est obligé, soit de :
- en quelque sorte « relire à l’envers » la ligne qu’on vient de parcourir pour en retrouver le début et passer à la suivante (ou remonter la suivante pour en retrouver le début)
- faire plusieurs aller-retour visuels rapides en retenant les mots de début et de fin de ligne pour essayer d’en rattacher deux qui voudraient bien dire quelque chose
Dans les deux cas, on brise le rythme de lecture, ce qui est fatal pour un site dès qu’il cherche à vendre quelque chose (ou juste intéresser le lecteur à quelque chose qu’il ne cherchait pas a priori). Si on rajoute à ça le fait que la plupart des gens ne lisent pas bien/vite, les lignes à rallonges sont un moyen parfait de perdre la concentration, puis l’intérêt du visiteur.
Il y a 500 ans d’expérience là derrière.
Les chiffres [de la longueur] varient. Moi j’ai vu : 14 mots.
Bref :
- entre 50 et 80 caractères,
- ce qui fait environ 14 mots.
- Dans votre feuille de style, mettez
body {width:60ex}.
Enfin, Sam Latchman en remet une couche.
Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :