Navigation texte et ergonomie

D’ailleurs presque en hors sujet : j’aime bien le thème Lynx Brow­ser. La lec­ture des articles est reposante ;)

Jetez un œil à Engad­get 1985. Si l’on omet toute la par­tie publi­ci­taire à droite, c’est éton­na­ment lisible ; ça fait réflé­chir sur l’ergonomie contem­po­raine… (lisez aussi les textes de faux fla­sh­back, ils sont excel­lents : Nokia, plus connu comme fabri­cant de pneus, Macin­tosh l’ordinateur qui ne pren­dra jamais, le tout pre­mier CD-ROM…) Je vais essayer d’aérer davan­tage ce blog, bien trop rem­pli d’agressions visuelles (quand bien même ça ne cli­gnote pas).

Dans le même sujet, savez-vous com­ment obte­nir un thème brut de pomme, comme chez Tristan ?

Mise en forme des « commentaires lasagne »

Ini­tia­le­ment publié le 11 juin 2005 à 10:19:32

Uti­li­ser l’italique pour simu­ler les réponses stra­ti­fiées en com­men­taire. Désor­mais avec une image pour le prosélytisme.

Conti­nue rea­ding

Non aux textes rétrécis

Je viens de me rendre compte qu’il y avait une salo­pe­rie de font-size:small dans la feuille de style du modèle que j’utilise. Je l’ai viré, ce qui explique que tout soit un peu gros, désor­mais. Mais je préfère :

  • C’est plus acces­sible pour les per­sonnes qui ont des pro­blèmes de vision sans je pense être désa­gréable aux autres (sur­tout après un léger temps d’acclimatation)
  • Je trouve les textes réduits crades du point de vue du code ; ça fait du code en plus et on tra­vaille tout à par­tir d’un biais, qui est du texte qui n’est pas à sa taille stan­dard (je ne sais pas si ça va vous par­ler, mais je com­pare ça au kilogramme).
  • Oh ! joie, en comp­tant le nombre de carac­tères par ligne (par exemple, sur Le Dic­tion­naire de l’Académie fran­çaise sur le Wik­tion­naire), j’ai compté que je tombe bien : il faut envi­ron soixante carac­tères par lignes

Ceci étant dit, si vous avez quelque chose à dire en bien ou en mal sur le sujet, ça m’intéresse beaucoup.

Purple Haze : apprendre sur de bonnes bases

Purple Haze est un modèle pour faire de l’HTML avec des feuilles de styles, 100 % stan­dard, sans tableau, en uti­li­sant les der­nières normes (XHTML 1.1 et CSS 2)

Cette page fut longue à trou­ver ; j’en ai cher­ché beau­coup et c’est ce que j’ai trouvé de mieux (il y a la ban­nière et le pied de page et le mul­ti­co­lon­nage, le tout en XHTML 1.1/CSS2-P)

  • Petite limi­ta­tion tech­nique : les ins­crip­tions dans le pied de page sont déca­lées, j’ignore pourquoi.
  • Petite limi­ta­tion sty­lis­tique : trois colonnes, c’est un peu trop, on s’y perd. Pré­fé­rez un style deux colonnes (navi­ga­tion plus contenu, avec des infor­ma­tions tech­niques et basiques, « contact » par exemple, dans le pied de page, la ban­nière ser­vant au titre et à ce qui doit être mis en valeur).

Enfin, ne pas oublier la « règle des trois clics » : le gros des infor­ma­tions ne doit pas se trou­ver à plus de trois clics de la page d’accueil.

L’illusion de la taille de fenêtre

Ce n’est pas parce que nos écrans sont de plus en plus grands que nous pou­vons faire des conte­nus tota­le­ment fluides (liquid design). Nous sommes limi­tés par le confort visuel de la vision.

Le for­mat A4 du papier (ou le US Let­ter de l’autre côté de l’Atlantique) ne sont pas nés du hasard : même si la page est rem­plie à 90 % dans sa lar­geur, les lon­gueurs de ligne res­tent d’une taille com­pré­hen­sible par le cer­veau humain.

L’excellent article d’Arno* rap­pelle (entre autres excel­lentes choses, lisez-le en entier) une des rares règles typo­gra­phiques liées à un impé­ra­tif scien­ti­fique : l’idéal tourne autour de 60 carac­tères par ligne.

body	{width:60ex}

Un autre docu­ment [PDF] donne une plage un peu plus grande : entre 50 et 80 carac­tères (ça dépend de l’encombrement des carac­tères ; au final, c’est bien une ques­tion de cen­ti­mètres).

Je per­siste pour ma part à pen­ser que l’œil (ou plu­tôt le cer­veau) tra­vaille en lon­gueurs phy­siques, tout sim­ple­ment parce que le champ de vision est absolu, non rela­tif (d’accord, il est rela­tif à l’espèce, mais pour le moment, je n’ai vu aucune gre­nouille lire, donc…) C’est au HTML de s’arranger pour que le début de la ligne soit tou­jours dans notre champ de vision quand on en lit la fin.

Enfin, voici un texte des Pom­peurs sur la question :

Non, c’est sur­tout une fatigue, euh, men­tale. l’œil a besoin de se repé­rer glo­ba­le­ment dans la page, pour savoir, quand une ligne se ter­mine, où retrou­ver le début de la sui­vante. Avec des lignes trop longues, on est obligé, soit de :

  • en quelque sorte « relire à l’envers » la ligne qu’on vient de par­cou­rir pour en retrou­ver le début et pas­ser à la sui­vante (ou remon­ter la sui­vante pour en retrou­ver le début)
  • faire plu­sieurs aller-retour visuels rapides en rete­nant les mots de début et de fin de ligne pour essayer d’en rat­ta­cher deux qui vou­draient bien dire quelque chose

Dans les deux cas, on brise le rythme de lec­ture, ce qui est fatal pour un site dès qu’il cherche à vendre quelque chose (ou juste inté­res­ser le lec­teur à quelque chose qu’il ne cher­chait pas a priori). Si on rajoute à ça le fait que la plu­part des gens ne lisent pas bien/vite, les lignes à ral­longes sont un moyen par­fait de perdre la concen­tra­tion, puis l’intérêt du visiteur.

Il y a 500 ans d’expérience là derrière.

Les chiffres [de la lon­gueur] varient. Moi j’ai vu : 14 mots.

Bref :

  • entre 50 et 80 caractères,
  • ce qui fait envi­ron 14 mots.
  • Dans votre feuille de style, met­tez body {width:60ex}.

Enfin, Sam Latch­man en remet une couche.

Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :