Le Mot et la chose, pour parler de la chose sans en prononcer le mot

Ou com­ment par­ler de c… en rui­nant son SEO. Les ordi­na­teurs ont encore des pro­grès à faire !

Le Mot et la Chose
Abbé de L’Attaignant, XVIIIe siècle — lisez sa bio­gra­phie suc­cincte, un régal !

Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit sou­vent le mot
On vous a fait sou­vent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pou­vez dire quelque chose
Et je gage­rais que le mot
Vous plaît beau­coup moins que la chose

Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J’avouerai que j’aime le mot
J’avouerai que j’aime la chose

Mais c’est la chose avec le mot
Mais c’est le mot avec la chose
Autre­ment la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pou­voir ajou­ter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l’avantage sur la chose

C’est qu’on peut dire encore le mot
Alors qu’on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c’est tou­jours quelque chose

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu’il ne faut ajou­ter au mot
Qu’autant que l’on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot
Vien­dra seul hélas sans la chose
Il faut se réser­ver le mot
Pour se conso­ler de la chose

Pour vous je crois qu’avec le mot
Vous voyez tou­jours autre chose
Vous dites si gaie­ment le mot
Vous méri­tez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n’avez pas dit le mot
Qu’on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connais­seur en la chose

Et bien voici mon der­nier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous pas­se­rai la chose

Du minimalisme en informatique

J’appelle mini­ma­lisme dans ce cas bien pré­cis, du code qui ne génère pas des débauches de giga­oc­tets pour un truc qui se fai­sait en dix fois moins gros cinq ans aupa­ra­vant tout en ayant au moins 90 % des fonc­tions. Pour citer Krysz­tof von Murphy :

[Ce qui me choque, c’est] le fait que le moindre uti­li­taire fasse plu­sieurs mégas, qu’Office gas­pille des Go sans faire plus de choses qu’Office pour Win95 qui ne fai­sait pas 100 Mo, et qu’un docu­ment Word ne tienne plus sur une disquette !

Tou­jours plus. Ça ne vous rap­pelle rien ?

Or donc, du code élégant de concision

  • Per­mis­sions informatiques
  • Les cham­pion­nats de code concis, comme les demo­par­ties ou bien le code DeCSS, ou com­ment contour­ner un pro­tec­tion à plu­sieurs mil­lions de dol­lars avec un code qui tient sur un mor­ceau de papier (moins d’un kilooctet).
  • Le tra­vail vec­to­riel, comme du PDF bien fait ou du Flash (que je n’aime pas, mais reconnaissons-lui d’être com­pact. Ainsi que les fichiers source de POVRay (lien vers une artiste en herbe).
  • La musique inter­pré­tée que sont les modules.
  • Le XHTML strict + CSS sans image, qui là encore est de l’interprétation d’instructions, plu­tôt que du « tas de plâtre »

Dans tous ces cas (sur­tout les trois der­niers), il s’agit de ne pas don­ner un gros machin à l’ordi avec ins­truc­tion de tiens, débrouilles-toi avec, mais au contraire de lui don­ner quelque chose de raf­finé, d’« intel­li­gent », oserais-je dire qui a du sens (sémantique) ?

Lire aussi De l’usage de la truelle en infor­ma­tique et, sur Wiki­pé­dia, Hack value.

Esthétique de la concision : la permission informatique

Vous pou­vez lire et uti­li­ser ceci, mais vous ne pou­vez pas écrire dessus

En infor­ma­tique, ceci se dit avec un chiffre, un seul : 5

Conti­nue rea­ding

Modules : musique sémantique

J’ai enfin trouvé un lec­teur capable de lire les modules sur Mac !

Que sont les les modules ?

Plus connus sous le nom de tra­ckers (.s3m, .mod, .it, .xm pour les plus connus), ils sont appa­rus dès le temps de l’Amiga et de l’Atari et sont tech­ni­que­ment entre le fichier audio « brut » (.wav ou .aiff — PCM) et le fichier de réfé­rence MIDI (qui est une base de don­nées à uti­li­ser en conjonc­tion avec des « ins­tru­ments », char­gés géné­ra­le­ment dans la mémoire morte de la carte-son). La série des eJay (Rave eJay, Dance eJay…) est un reloo­kage de cette tech­no­lo­gie. En fait, ce sont des sortes de « tables de mixage auto-exécutables » ou, pour faire une com­pa­rai­son avec le monde de la pro­gram­ma­tion, de la « musique inter­pré­tée ».

Au final, des fichiers qui pour les meilleurs atteignent la qua­lité de la « vraie » musique avec des tailles qui se comptent en kilo-octets (de la musique séman­tique, si on veut).

Pour télé­char­ger des modules, la réfé­rence est le réper­toire « tra­ckers » sur dmoz. Vous trou­ve­rez une expli­ca­tion com­plé­men­taire (plus tech­nique et moins de réflexion, en anglais) sur Wikipédia/EN Comme d’habitude avec Wiki­pé­dia, si le cœur vous dit de tra­duire (moi, je n’ai pas le temps), vous pour­rez mettre votre tra­duc­tion sur Wikipédia/FR ainsi que Wikipedia/FR, en licence GPL.

Notez cepen­dant que les modules s’accommodent mal de musique non syn­thé­tique (après tout, ce sont les pré­cur­seurs de la techno) : à part quelques essais au piano (l’instrument le plus facile à syn­thé­ti­ser), les meilleurs mor­ceaux sont de la techno (les mor­ceaux de heavy metal sont sys­té­ma­ti­que­ment de mau­vaise qua­lité ; n’étant pas un fan, mon juge­ment est cepen­dant biaisé).

Enfin, les modules servent exclu­si­ve­ment à de l’ins­tru­men­tal (au pire, des samples de voix, comme en techno).

Si vous cher­chez des modules, voici quelques liens :