Archives du mot-clé élection

Machines électroniques : un mal pour un bien ?

On commence à pas mal envisager d’utiliser le vote pondéré, plus particulièrement la méthode Condorcet (le vote Condorcet). Entre autres, cette méthode fonctionnerai bien pour la grande majorité des déçus du second tour, qui se retrouvent avec uniquement des candidats qu’ils ne veulent pas (64,5 % des électeurs ayant voté le 21 avril 2002 […], n’ont pas retrouvé leur candidat préféré au deuxième tourVivement le vote pondéré). Au premier tour, on vote pour, au second tour, on vote contre.

Mais, de l’avis de son créateur, le marquis Nicolas de Condorcet (1743-1794), c’est une méthode difficile à mettre en œuvre, avec les moyens de l’époque. Or, quelle est la grande différence logistique entre l’Ancien Régime et le XXIe siècle ? L’informatique.

Or donc, les machines à voter électroniques, si décriées (et à juste titre1) d’autre part, seraient bien utiles pour améliorer les choix des votants. Voici un choix cornélien : avec les machines à voter, moins de démocratie, ou plus de démocratie ?

Une piste possible est d’utiliser une des autres méthodes de vote pondéré, comme la Pondération ternaire ou la Méthode Borda, toutes les deux suffisamment simples pour ne pas nécessiter de machines, mais peut-être moins équitable.


  1. Si vous voulez plus d’explications, je suis certain que des commentateurs(rices) pourront vous en donner :-)

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Les femmes ont-elles le droit de porter un pantalon ?

Les femmes ont-elles le droit de porter un pantalon ? Question pour le moins stupide dans un pays démocratique et libre comme la France du XXIe siècle, n’est-ce pas ?

Et bien pourtant, selon la loi française, les femmes doivent toujours demander une autorisation pour pouvoir porter un pantalon. C’est ce qu’avait dû faire Georges Sand.

PARIS (AFP)

5 Mars 2004 8h58

Une loi française interdit toujours aux femmes le port du pantalon

Un député a demandé au gouvernement français de revenir sur une loi du début du XIXe siècle qui interdit toujours aux femmes le port du pantalon [loi du 26 Brumaire an IX, que je n’arrive pas à la retrouver sur legifrance NdlR].

Le député UMP de l’Indre Jean-Yves Hugon a indiqué qu’il avait envoyé une lettre l’an dernier à la ministre déléguée à la Parité et l’Égalité professionnelle, Nicole Ameline, et qu’il comptait récidiver cette année.

La loi du 26 Brumaire an IX de la République dispose que toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation, et celle ci ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé, explique M. Hugon dans sa lettre.

Deux circulaires de 1892 et 1909 autorisent le port féminin du pantalon à vélo puis à cheval, précise-t-il.

À l’occasion du bicentenaire en 2004 de l’écrivain George Sand, qui avait dû se soumettre à cette autorisation pour porter le pantalon auprès de la Préfecture de l’Indre, le député suggère de mettre en conformité notre Droit avec une pratique incontestée et incontestable des femmes.

Nicole Ameline avait répondu à M. Hugon qu’il ne lui paraissait pas opportun de prendre l’initiative d’une telle mesure dont la portée serait purement symbolique. Pour adapter le droit à l’évolution des mœurs, la désuétude est parfois plus efficace que l’intervention, soulignait la ministre, ajoutant : Néanmoins, vous avez toute latitude pour mettre en valeur la contribution de George Sand à cette évolution à l’occasion du bicentenaire de sa naissance.

Outre que la réponse de Mme Ameline me déplaît, ce n’est pas tant la loi qui me choque (elle était le produit d’une époque — permission de travestissement !), mais le fait que, alors qu’il n’est pas envisageable aujourd’hui d’interdire au femme le port du pantalon, la loi n’est pas été supprimée (je crois qu’on dit abrogé).

Ajoutons, même si c’est mineur, que ceci est en contradiction avec les règlements de la police et de la gendarmerie qui exigent le port du pantalon par les femmes.

Une loi, on l’applique ou la quitte

Je ne considère pas qu’une loi, même surannée, doit être oubliée. Si elle existe, elle peut toujours être remise sur le devant de la scène quand ça arrange quelqu’un (par exemple, une droite décomplexée retrouvant des sentiments mis un peu en sourdine depuis 1945), surtout quand il s’agit d’une loi qui ne pourrait jamais être votée autrement.

Mais plus profondément que cette question de magouille politicienne, il y va aussi d’une nécessité de cohérence politique : une loi est faite pour être appliquée, sinon, elle n’a plus de sens — l’appareil législatif en son entier lui-même s’en trouve menacé. Légaliste, je ne peux me résoudre à accepter qu’une loi jamais appliquée soit chose normale.

Respectons la loi, respectons les électeurs

Et ceci nous amène à une question plus immédiate : selon la loi (encore une fois, je ne retrouve plus de laquelle il s’agit), il est interdit de tracter ou de faire pression un mois avant les élections. En l’état actuel, c’est tout juste si, par accord tacite, on s’interdit de tracter la veille des élections.

Alors j’appelle à ce que la loi soit respectée ou abrogée. J’appelle à ce qu’aucun sondage ne soit publié le mois précédent les élections. J’appelle à ce que sonder les électeurs soit tout aussi interdit, même quand il s’agit d’un journal étranger (un délit commis par un étranger sur le sol français est toujours un délit, non ?).


Et j’apprends, trois jours après avoir terminé la rédaction de ce billet (ben oui), que Laurent Gloaguen avait tenu un discours similaire sur la question des sondeurs le 4 mai (donc deux jours avant que j’écrive ce billet) :

Plutôt que de pénaliser la diffusion de l’information, il faudrait interdire la réalisation des sondages sortie des urnes, s’attaquer à la cause plutôt qu’aux conséquences. Certes, les soirées électorales à la télévision perdraient en dramaturgie et paillettes à 20 heures, mais le problème serait définitivement résolu. Car, les estimations de 20 heures ne servent que la société du spectacle, nullement la démocratie.

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Bayrou, trop honnête pour être élu ?

Initialement publié le 20 septembre 2006 à 13:05

À défaut de Rocard (mon favori derrière Waechter), je voterais bien pour Bayrou, si ce qui est dit est vrai (en plus, Bayrou a déjà invité Rocard). Je me permets de reprendre la citation relevée par Franck :

Le problème de Bayrou, c’est qu’il est un honnête homme. Il ne fait pas de promesses qu’il ne puisse tenir, n’a jamais trahi son camp pour changer de parti, n’a jamais trempé dans de sombres affaires, n’apparaît pas dans Voici en maillot de bain, n’instrumentalise pas sa famille, et est heureux dans sa vie privée.

C’est très mal parti pour lui.

Une personne propre sur elle ne peut pas être élue ? Ça me fait penser à cette citation attribuée à Churchill : Dans une démocratie, le peuple obtient le type de gouvernement qu’il mérite.

Lisez aussi l’article d’Agora-Vox dont est tiré ce commentaire. On y (re-)découvre qu’apparemment, Internet ne plait pas à la télévision, pas même à France 5 (toutes les références de Bayrou sur un Internet qui bouge ont été soigneusement supprimées).

Merci Franck pour ton billet qui m’en a tant appris.

Ajout : je viens de regarder les deux vidéos, wow ! ça vaut le coup de se taper le streaming-caca-Flash, vraiment. Avec deux ajouts, un très mineur, un beaucoup moins : Bayrou a un PowerBook 12 pouces et Bayrou semble la meilleure réponse à Le Pen : non-aligné, underdog, à le potentiel de rassembler les mécontents qui votent Le Pen par désespoir.

Rappellons aussi que Bayrou s’est exprimé contre la DADVSI (bien plus tôt, Gilles de Robien avait déjà exprimé mes convictions en défendant les 35 heures).

Bayrou président avec Rocard à la technologie et Waechter (qui appelle à voter Bayrou) à l’environnement, je vote pour !


Cette intuition qui est la mienne et que je défends depuis longtemps, elle est désormais vérifiée par les déclarations de Michel Rocard

Je ne suis pas sûr de devoir me réjouir, car si c’est pour se récolter un programme comme la gauche sait en faire depuis que je suis en âge de regarder la télévision, c’est mal barré pour changer les choses.

(Franck, sais-tu qu’avec ce super-truc inutile – ou ce truc super-inutile, au choix – qu’est cocoments, je ne peux plus envoyer de commentaires chez toi ?)

Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :

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Remontée de François Bayrou dans les sondages

Source : Wikinews

4 janvier 2007. – Selon le baromètre TNS Sofres de la cote de popularité des personnalités politiques pour Le Figaro magazine-iTélé à paraître samedi, 38 % des Français souhaitent voir le président de l’UDF, François Bayrou, jouer un rôle important dans la prochaine campagne pour l’élection présidentielle de 2007. Derrière Nicolas Sarkozy (46 %, -2 points en un mois), il est à égalité à droite avec Jean-Louis Borloo (-2 points) et devance Michèle Alliot-Marie (31 %, -6 points). A l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen est à 14 % (-4 points), alors qu’à gauche, Ségolène Royal est à 58 % (-3) d’opinions favorables.

Le sondage a été réalisé les 20 et 21 décembre auprès d’un échantillon de 1 000 personnes interrogées en face à face à leur domicile, représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus.

Lire aussi linstructif François Bayrou et les sondages de la mi-octobre – Analyse qui semble corroborer ma propre vision : les personnes grandement connectées à Internet ont plus de sympathie pour Bayrou que la moyenne nationale. Ça me rappelle le non raisonné au TCE. De là à en tirer des conclusions… disons que je préfère attendre un peu.

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