Archives du mot-clé cinéma

24 images par seconde, 64 kilobits : l’origine de quelques valeurs technologiques

Les raisons techniques (détail et résumé) pour lesquelles certaines valeurs sont ce qu’elles sont. Avec une surprise ! Continuer la lecture de 24 images par seconde, 64 kilobits : l’origine de quelques valeurs technologiques 

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Lucky Luke, avec Jean Dujardin

Samedi dernier, j’ai vu Lucky Luke au cinéma, avec Jean Dujardin (enfin, je ne l’ai pas vu avec Jean Dujardin dans le fauteuil d’à côté, hein. C’est Jean Dujardin qui jouait Lucky Luke. Au cinéma, pas dans la salle. Enfin, vous avez compris — comme Jessie James et le trou de balle).

Je l’ai vu aussi tôt parce que j’ai participé à une enquête Médiamétrie. Je crois que le film ne sortira que dans quelque mois.

J’ai beaucoup aimé le film. Il y a des répliques et des scènes d’anthologie, le sourire ravageur de Jean Dujardin, une Sylvie Testud très convaincante dans un rôle qui ne soit pas de l’intimiste-français-ennuyeux-à-mourir et un Daniel Prévost surprenant et en forme. Sans compter un Jessie « trou de balle » James (Melvil Poupaud) grandiloquent à souhait. Même Michaël Youn, qui d’ordinaire m’exaspère, me laisse un bon souvenir. Bref, les scénarios, les personnages, les acteurs, le montage, tout est bon.

En revanche, ce film, curieusement, ne s’adresse pas au plus jeunes. Un comble pour un Lucky Luke ! En effet, la scène d’introduction (révélatrice !) ainsi qu’une bonne partie du scénario manque de la naïveté et de la fraîcheur nécessaire à nos têtes blondes. Sur le questionnaire remis en fin de séance, j’ai donc marqué comme public concerné 15-49 ans (plusieurs cases à cocher en fait, mais je résume). Les plus jeunes trouveront le film pas top et les plus âgés n’ont peut-être pas grandi avec Lucky Luke.

Ceci étant dit, courez le voir plus vite que votre ombre (et restez jusqu’à la fin du générique).

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Le Nouvel Observateur: Baudrillard decodes “The Matrix”

First published on March 12th 2006 at 14:31

U have an almost duplicate post.

Update: a probably better translattion is available at International journal of Baudrillard Studies — The Matrix Decoded: Le Nouvel Observateur Interview With Jean Baudrillard.

I just learnt, whilse checking my referers, that Jean Baudrillard is dead the 8th of March (he succumbed to The Real).

Since low-brow obituaries will no doubt claim he inspired The Matrix, I here update this post to show what he thought about this movie.


Une traduction d’une entrevue entre Jean Baudrillard, philosophe ayant censément inspiré Matrix et Le Nouvel Observateur. J’avais effectué la traduction à la demande d’un blogueur lors de la sortie de la suite de Matrix et qu’il n’a jamais publié, malgré l’assurance qu’il m’avait donné. Je la ressors parce que je viens d’ajouter une information sur Wikipédia qui y fait référence. La traduction est quelque peu bancale, j’imagine.

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« Transylvania », film européen

Transylvania est un superbe film, pour son histoire, mais aussi pour le message européen que j’y ai vu (et je revendique la vision personnelle ici).

Affiche de « Transylvania »

C’est un film français qui se passe en Transylvanie, donc en Roumanie (ou Hongrie, selon à qui vous demandez). Le rôle principal est tenu par une italienne. Une grande partie du film est en anglais et le premier rôle masculin est tenu par un acteur turc.

Plus que la très belle histoire, c’est ce mélange d’origines qui m’a plu dans ce film. Surtout que je l’ai vu sous-titré en slovène


Vous pouvez encore voir ce film au Brady l’Albatros, à Paris.

Le Brady l’Albatros
39, bd de Strasbourg
75010 Paris
Métro Chateau-d’eau
Tél : 01 47 70 08 86
en VF, vendredi 15:30, dimanche 15:40, lundi 19:20

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Dick et les androïdes

Trouvé grâce à Gilles Desforges, deux réflexions autour de Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?/Blade Runner.

Se débarasser des préconçus

Quand nous avons eu établi de faire ce film, nous avons décidé qu’androïde serait un mot tabou. J’ai dit à tous les gens qui utilisaient le mot androïde que je leur défoncerais la tête avec une batte de base-ball. Le mot conjure toutes sortes de préjugés sur le genre de film que ça doit être. Un androïde pourrait très bien être humain, véritablement constitué de chair et de sang, structuré de manière génétique, mais nous avons simplement décidé de ne pas utiliser le mot parce qu’il avait été suremployé et mal utilisé. Nous avons donc développé notre propre mot, qui est réplicant.

L’« androïde biologique » que conjecture Ridley Scott est déjà en cours (tous débuts) : voir les bioroïdes.

Notez qu’aujourd’hui, il arrive la même chose au mot réplicant, tellement associé à Blade Runner qu’il ne pourrait tout simplement pas être utilisé ailleurs (un « typecast littéraire »).

Human, humane

La principale différence entre les êtres humains et les êtres humains artificiels dans le monde de Philip K. Dick’s n’est pas l’intelligence – l’intelligence des machines est censée égaler (ou surpasser) à celle des humains. La différence la plus importante est l’empathie, le fait d’avoir des émotions pour d’autres êtres.

Dans [Les androïdes rêvent_ils de moutons électriques ?], votre idée de ce que c’est que d’être humain (et votre perception des autres êtres humains) est systématiquement passée par-dessus bord. Une des meilleures séquences du livre, dans laquelle Rick Deckard est capturé par un groupe d’androïdes très convaincants et accusé d’être un tueur sans émotion, n’apparait pas dans le film.

Pour davantages de considération sur cette question de la nature de l’humanité, vous lirez avec intérêt C’est quoi, un homme ?

En anglais, humane signifie l’humanité comme vertu—human signifiant juste l’appartenance biologique. En français, les deux termes sont des homonymes parfaits, ce qui rend plus délicat la mise en relief.

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Indigènes. Vive la France

J’ai hésité à aller voir Indigènes, m’attendant à un film politiquement correct sur la guerre d’Algérie. J’ai en fait commis la même erreur que pour Munich et comme pour ce film, je suis heureux de m’être trompé. Ce film lève le voile sur une partie de notre histoire jetée volontairement dans l’oubli.

Indigènes, c’est un film sur la victoire de la France où c’est la France qui perd. Victoire militaire, défaite morale. Liberté, égalité, fraternité.

Tout le monde en France semble trouver le film moyen (peut-être parce qu’il dit ce qu’on n’a pas envie d’entendre) et le compare à Il faut sauver le soldat Ryan (que je n’ai pas vu). Même s’il en reprend la trame narrative (Seconde Guerre mondiale, gros combat au début, retour sur le contemporain), c’est pourtant bien plutôt à Glory (magnifique film sur le premier régiment noir des États-Unis, lors de la guerre de Sécession) que me fait penser Indigènes, mais en pire ; il n’y pas de happy end.

Lisez plutôt ceci :

  • En 1959, un décret gèle les pensions des ressortissants des pays nouvellement indépendants.

    En 2002, après de longs procès, le conseil d’État exige de la France qu’elle paye intégralement les arriérés.

    Mais chaque gouvernement a repoussé les échéances.

  • Le jour de la présentation du film dans les salles obscures en France, le 27 septembre 2006, le gouvernement Dominique de Villepin a annoncé que les 80 000 anciens combattants de l’Empire français encore vivants percevront les mêmes retraites que leurs compagnons d’armes français. Cependant, le paiement des arriérés (sur une période de plus de 40 ans) et des interêts qui vont avec, n’est pas envisagé à ce jour.

Et n’oublions pas que, si personne ne le rappelle, dans un mois, tout sera oublié et les immigrants ne verront jamais leur pensions. Alors qu’au Maroc, Certains [figurants] venaient avec le portrait de leur père.

Plutôt que d’abêtissantes collections de dates, on devrait plutôt donner aux élèves à voir une allocution de Benjamin Ferencz ou un film comme Indigènes (un enseignant de ZEP en pense autant et il y a même du matériel pour ça). Le devoir de mémoire, c’est aussi là qu’il faut l’implanter. Ou peut-être suis-je juste un patriote plein de rancœur. En tous les cas, cela fait déjà quelques temps que je n’ose signaler de quelconques idéaux français ou un exemple français.

Aujourd’hui, les anciens tirailleurs perçoivent en moyenne un quart de ce que touchent leurs camarades français. Des injustices plus criantes ont été signalées, avec des différences de l’ordre de un à dix. signale Libération. De même les anciens combattants ne bénéficient même pas de la nationalité française (décision de la cour de cassation), c’est fort quand même, de se battre pour un pays et de ne pas même en obtenir la nationalité. Dans un registre proche, sachez que les pensions des harkis (les combattants algériens qui ont combattus côté français lors de la guerre d’Algérie) sont toujours inférieures à celle des français de souche.

Soixante ans plus tard, la mémoire française est toujours défaillante. J’ai mal à la France.


Agir — Appel pour l’égalité des droits entre les anciens combattants français et coloniaux (document Word, à envoyer par courrier ou courriel, adresses incluses — je conseille le courrier, ça a plus d’impact).


Quelques ajouts :

Avez-vous rencontré d’anciens tirailleurs lors du tournage ?
Sami Bouajila : J’en ai rencontré pas mal, avant, pendant et surtout après le tournage, ce sont des anciens qui sont dans des foyers SONACOTRA, ils vivent dans des conditions plus que précaires. La plupart d’entre eux, pour pouvoir bénéficier de leur solde sont obligés de partir en exil, mais de rester sur le territoire français, sinon ils ne touchent pas leur droit. Lorsque l’on voit le personnage dans sa chambre, à la fin du film, il n’y a rien d’inventé, c’est un regard très juste, c’est dans ces conditions que je les ai rencontrés.
Comment expliquez-vous que les anciens n’aient jamais parlé à propos de toute cette histoire ?
Peut-être pour les mêmes raisons qu’ici en France. La France a toujours eu du mal avec son passé colonial et toute cette histoire qui n’est pas forcément très belle pour son image. Après l’indépendance des pays du Maghreb, c’était plutôt mal vu d’avoir servi l’armée française. On rentre alors dans une double amnésie, ici et là bas, ils sont alors doublement oubliés, ce film, c’est vraiment un double hommage.
Bernard Blancan : Si l’on regarde l’histoire de France sur cette période, ce que j’en sais, c’est ce que j’ai vu dans les livres d’histoire et au cinéma. J’ai grandi avec l’image d’une France résistante, avec les Américains qui viennent nous donner un coup de main sur la fin. On se rend compte maintenant qu’il manquait des choses, lorsque l’on creuse un peu, on est loin de cette image là. L’image de l’Arabe qui porte le drapeau français, eh bien, elle manquait celle là ! Je n’ai rien su de mes grands parents, j’ai appris les choses quand ils sont morts.
Les choses ont-elles vraiment changé ?
Sami Bouajila : Je dirais que la forme a changé, mais pas le fond. Dans notre système, il y a encore un gros choc des cultures qui n’est pas encore digéré. Tant que ces histoires-là ne seront pas connues et que la société ne jouera pas son rôle d’éducation auprès des enfants et de nous-même, je crois qu’on aura toujours du mal à s’assimiler les uns et les autres. On vit dans une société à deux vitesses, l’ascenseur social ne marche pas pour tout le monde et je n’invente rien en disant ça. C’est aussi pour ça que le film peut faire du bien, il peut servir de point de repère. Je pense que nous sommes prêts à mettre les choses à plat. Dans les écoles, quelles que soient nos origines, nous sommes d’abord Français, on se doit d’apprendre qui on est, d’où on vient et quelle est notre histoire.

Et d’autres :

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Gobelins 2006

Comme |’année dernière, voici les réalisations des Gobelins. Je vous recommande particulièrement le mignon Traintamare, le prévisible mais toujours efficace Pyrats (mon préféré), l’affolé Cocotte minute sans oublier le surprenant la migration bigoudenn. Notons également Motus et bouche cousue, Round zero ou le pimenté… piment. Et pour finir, mention spéciale pour le building (surtout la musique, en fait).

Et si vous n’en avez pas eu assez, il vous reste les génériques 2002 à 2004

via Daoro

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