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Transparence des banques : que puis-je faire, moi, simple citoyen ?

Réponse courte : demandez des exports CSV et si c’est non, changez de banque !


Réponse longue

Quasiment toutes les banques en ligne (dont la mienne, qui ne va rester la mienne longtemps) proposent uniquement un export PDF de vos mouvements bancaires. Je les ai (presque) toutes appelées au téléphone ; au final, pas plus de 20 % des banques en ligne propose des exports CSV, XLS ou Quicken. Parmi celles qui les proposent, il y a Axa, Fortuneo, monabanq. et… Tookam, dont je vous reparlerai bientôt tellement elle m’a emballé.

Si j’étais cynique, je dirai que si vous n’avez droit qu’à un malheureux PDF, c’est pour mieux contrôler ce que vous savez de votre argent, vous intimider avec des colonnes de chiffres qui vous donnent l’impression de maîtriser et vous décourage de mieux gérer votre argent tellement ces colonnes sont rébarbatives et inexploitables (méthode du good enough). Les chiffres n’ont de sens que dans un contexte. Si vous voulez savoir la part de vos dépenses liées au logement dans son ensemble, ce ne sont pas des colonnes de chiffres alignés sagement en ordre chronologique qui vous le diront. Et si vous voulez savoir combien de rentrées d’argent sont venues de mon activité secondaire sur un an, bon courage : vous allez devoir tout éplucher. Le seul emploi que vous pouvez avoir de ces PDF, c’est faire un budget ou vérifier qu’il n’y a pas eu d’achat frauduleux. Il faut dire que les banques ont tout intérêt à ce que vous ne compreniez pas très bien ce qui se passe : les frais bancaires (dont les découverts) représentent une bien plus grosse somme d’argent qu’on le pense.

Mais comme je suis d’un naturel optimiste et philanthrope, je supposerais que c’est juste parce que personne ne demande les exports numériques (CSV ou XLS) et que donc, dans une optique de réduction des coûts (la faute au système) les exports CSV n’ont tout simplement pas été implémentés. Même si ça ne prends que quelques dizaines de minutes à un programmeur débutant.

On pourrait me rétorquer qu’on peut convertir un ficher PDF en fichier csv, gratuitement et sur le net. Oui, on peut. Vous avez regardé le résultat ? In-ex-ploi-ta-ble.

On pourrait aussi me rétorquer que les banques proposent des logiciels d’analyse (en Flash) sur leur site web. Oui, et c’est ludique, sympathique, ça donne envie. Moi-même, j’ai voulu y croire. Mais ça ne donne que ce que à quoi pensé la banque — et, si j’étais cynique mais je ne le suis pas, ce qu’elle veut bien que vous sachiez. Avoir les chiffres ne suffit pas, il faut aussi pouvoir les croiser. Je rappelle que les banques ne se sont pas enthousiasmées quand elles ont été obligé d’envoyer un récapitulatif annuel de frais bancaires. Allez savoir pourquoi…

Il y a quelques semaines, je me suis rendu compte que l’analyse que je voulais avoir n’était pas disponible sur le simulateur en ligne de ma banque. J’ai alors demandé à avoir des exports CSV et on m’a répondu Y a pas et y aura pas dans le prochain logiciel qui arrivera dans six mois.

Tout d’un coup, je me suis senti dans la peau de Richard Stallman quand, en 1980, Xerox lui refusa de modifier quelque chose sur un produit qui appartenait pourtant à son université. Ce sentiment, c’est celui de l’urgence d’avoir un format ouvert.

Vos données bancaires sont prisonnières

Eh oui. Vous êtes à la merci de votre banque pour savoir ce qui se passe avec l’argent que vous dépensez. Alors qu’un simple export texte permettrait d’importer toutes ces données brutes dans un programme informatique qui, lui, vous donnera l’information que vous voulez et non l’information que la banque pense (ou fait semblant de penser) que vous voulez.

À l’heure où l’État et les collectivités locales mettent en ligne leurs donnée (initiative Open Data, data.gouv.fr), les banques, elles les gardent pour elles.

Encore une fois, je refuse de tout voir en noir. Il y a dix-quinze ans, l’export CSV était la norme (c’était même le PDF qui n’était pas courant). Je n’attribuerai donc pas à la malveillance ce qui peut s’expliquer par l’incompétence et donne le bénéfice du doute aux banques.

Mais vous pouvez faire quelque chose, concrètement, ici et maintenant, pour un système bancaire plus sain : contactez votre banque et demandez-lui si elle propose des exports CSV. Si ce n’est pas le cas, changer de banque. Et, surtout, dites-lui bien pourquoi, afin qu’elle en prenne de la graine et le propose à l’avenir. Dites-lui même (surtout si vous avez beaucoup d’argent chez elle) que ce n’est pas long à faire ; s’il faut, comme par miracle, on se rendra compte que, finalement, si vous voulez bien patienter trois mois, l’export CSV sera mis en place, cher monsieur et vous pourrez récupérer un an d’inscription bancaire.

Vive les formats ouverts !

(nota : quand je parle de format ouvert, je ne parle pas du fait que PDF est propriétaire mais que l’on nous donne une information dégradé (un fichier PDF) et non une donnée primaire (du CVS).

Et pour finir, voici une vidéo sur les procédures pour changer de banque.

Annexes

Si vous avez l’occasion de contacter une de ces banques (ou une autre), merci de me donner leur réponse, je mettrai la liste à jour.

Les banques avec exports CSV, XLS ou Quicken

  • Allianz
  • Fortuneo
  • monabanq.
  • Tookam

Les banques sans exports CSV, XLS ou Quicken

  • BNP Paribas (au moins la banque physique, La Net Agence, je n’ai pas les avoir)
  • Boursorama
  • HSBC
  • ING Direct
  • Société générale (au moins la banque physique)

Les banques pas encore contactées

Ces banques ne proposent pas forcément un compte courant. Si vous connaissez une liste de banques avec compte courant, je suis preneur (pas sûr qu’une liste des banques de dépôt fasse l’affaire).

  • Gan Patrimoine
  • GE Money Bank
  • Groupama
  • e-LCL
  • Barclays Bank
  • Matmut
  • MMA
  • monbanquierenligne (Caisse d’épargne)
  • Progretis
  • MAIF
  • RCI banque
  • Société Générale

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La COVEFI, adieu. Sans regret.

…si ce ne n’est celui d’être resté aussi longtemps.

Longtemps client de la Société Générale1, j’en étais très content, ayant la chance de bénéficier d’une agence de quartier très compétente, aimable et avec de bons horaires. Quand j’ai déménagé sur Paris, j’ai dû troquer cette agence contre un bureau minable et jamais ouvert ; comme j’étais 50 % du temps au travail et 50 % du temps à la maison, je me retrouvais à ne plus pouvoir librement faire mes opérations bancaires (histoire de domiciliation unique : vous pouvez tout faire à la banque, mais avec certaines agences, vous pouvez plus tout faire qu’avec d’autres).

Lassé de cette situation, j’ai décidé de passer à une banque en ligne (ce qui m’a valu une pathétique histoire). Dans ma folle espérance (ou ma candide naïveté, à vous de choisir), j’osais croire qu’avec une banque en ligne, finies les histoires d’horaires, de domiciliation unique et tout ça. Après avoir enquêté, je me suis décidé pour la banque COVEFI, qui avait le meilleur taux d’intérêt du marché.

Je n’ai eu de cesse d’avoir des problèmes avec cette banque :

  • Site Web ne fonctionnant pas (au juste avec Internet Explorer pour Windows ; j’ai essayé tous les autres). Malgré mes multiples appels et courrier circonstanciés, rien n’a jamais été fait. La COVEFI pue.
  • Impossibilité d’obtenir le renouvellement de ma carte de crédit depuis l’étranger. En ligne, mais pas trop…
  • Récemment (aujourd’hui, en fait), j’apprends que ma cotisation pour ParisWeb n’a jamais été envoyé ! Ils n’ont même pas de trace (dommage que je n’ai pas conservé de capture d’écran, tiens). De même, j’ai reçu un chèque qui a été encaissé, mais le site Web n’en porte aucune trace. En revanche, lorsque j’appelle la conseillère (banque en ligne, mais pas trop, bis…), elle m’affirme que le chèque est bien passé.
  • Ais-je mentionné que, à la manière de l’infâme Yahoo!Groups, on passe son temps à rentrer son mot de passe ?

Accessoirement, cette base interdit les accès sans www, alors qu’elle n’a aucun autre sous-domaine, au moins public. Une classe C inversée, en somme.

Cette histoire de virement externe qui n’est pas passé est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je n’ai jamais vu de ma vie une banque aussi merdique. N’allez pas à la COVEFI !

Et en plus, la COVEFI ne permet pas d’ajouter une information à destination du receveur lors d’un virement externe. Ç’eut été utile pour automatiser mon inscription à ParisWeb. Je sais que c’est possible ailleurs mais, là encore, pas à la COVEFI.


Au-delà du taux d’intérêt

Je suis en train d’effectuer les opérations pour changer de banque. Je n’ai pas trop envie d’AXA banque (même si c’est l’ancienne Banque Directe, qui m’avait refusé il y a quelques années), vu mes déboires avec les banques soi-disant en ligne.

De plus, j’ai envie de faire plus que placer mon argent. Je souhaite le placer dans une banque avec d’autre considérations que le taux d’intérêt (de toute manière, les intérêts bancaires sont largement sur-vendus à moins d’avoir un demi-million d’euros). Du coup, j’hésite entre La Nef et le crédit coopératif, qui a justement une agence près de chez moi. Avez-vous de l’expérience avec l’une d’elles ?


  1. Avant, j’étais à la Caisse d’Épargne, puis je suis passé à La Poste (Banque postale depuis qu’elle n’a plus un statut de caisse d’épargne) pour être sûr d’avoir un bureau près de chez moi ou que je sois et pour aller au même endroit pour le courrier et l’argent. Puis j’en suis parti quand j’ai constaté les queues énormes (il m’est arrivé d’attendre une heure à l’agence du Mirail, à Toulouse)

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L’euro et les langues : cours de linguistique politique

Actuellement, les billets d’euro comportent la double inscription Euro (tous les pays sauf la Grèce) et Ευρω (Grèce). Jusqu’à 2007, ça ne posera pas de problème, cette double inscription contentant tout le monde et même doublement : il se trouve que, en plus d’utiliser ces lettres, cette combinaison de lettres est également possible dans toutes les langues officielles de l’Union.

Cette situation a conduit à penser que la politique de la Banque centrale européenne est d’afficher le mot Euro dans tous les alphabets officiels. Le Conseil européen estime que le nom de la monnaie doit être le même dans toutes les langues officielles de l’Union européenne en tenant compte de l’existence des différents alphabets; il doit être simple et symboliser l’Europe.

Pas tout à fait.

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PayPal, bof

Je me disais Chouette, avec Paypal, plus de limitation de pays, je peux envoyer et recevoir de l’argent sans avoir à me prendre la tête avec des histoires de pays. C’est bien, PayPal.

Ben non, pas mieux que les banques classiques :

Je ne peux pas procéder à votre règlement, car votre adresse PayPal est en Slovénie et n’accepte pas le règlement.

Alors, c’est peut-être la faute à la législation slovène (mais on est pourtant en Europe, avec libre circulation des capitaux…), à ma banque, à un papillon du Japon… mais au final, PayPal, bof.

Lire aussi La COVEFI pue et surtout Paypal is not safe?

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