Quand les loups sauvent les ours

Vous connaissez l'effet papillon (le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas). Il a été utilisé comme argument encourageant le principe de précaution. Vous allez voir ci-dessous un exemple dans la vraie vie et sur les populations animales. On appelle cela une cascade trophique. Ainsi, en 1995, le loup fut réintroduit au Yellowstone.
  1. Du coup, le wapiti, principale proie du loup, se fit plus rare et s'éloigna du bord des rivières.
    1. En conséquence, les saules, trembles et peupliers purent à nouveau croître.
      1. À leur tour, il créèrent les conditions d'un habitat propice aux castors, élans et autres espèces.
  2. Les loups ne terminant pas leur repas (comme beaucoup de carnivores, ils chassent des proies trop grosses pour être terminées en un repas), les restes font les bonheurs des ours, soit pour préparer leur hibernation, soit au contraire pour se sustenter au sortir de l'hiver. Ainsi, les oursons nés au sortir de l'hibernation sont en meilleure santé, puisque mieux nourris. Et comme les ours sont une espèce menacée, il y a tout lieu de s'en réjouir.
Source : Apex predator Bien évidemment, ça ne s'arrête pas là. D'une part, l'augmentation du nombre d'ours aura elle aussi des conséquences (qui auront elle=-mêmes des conséquences !). D'autre part, des douzaines d'autres espèces se nourrissent des restes des repas des loups, ce qui veut dire encore plus de conséquences. Ainsi, on parle souvent de l'impact des niveaux trophiques inférieurs, qui, étant tout en bas, impactent sur tout, mais on oublie les niveaux trophiques supérieurs (les superprédacteurs). Cet oubli est facile à expliquer : nous confondons chaîne trophique et écosystème.
  • une chaîne trophique (herbe, lapin, homme) est une ligne, avec un départ et une arrivée, un amont et un aval. Une modification en amont impacte toute la chaine, alors qu'une modification en aval n'impacte guère (la disparition de l'homme n'empêchera pas le lapin de vivre ; la disparition de l'herbe, si).
  • une écosystème est une "pelote de ficelle" (dire que c'est un cercle serait incorrect : c'est bien plus complexe, un écosystème n'est pas un cycle). Par conséquent, le superprédateur, qui est pourtant en bout de chaine dans une chaine trophique, a d'importantes conséquence dans un écosystème, comme nous venons de le voir.

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