Le transhumanisme à Laval Virtual (3) — David Latapie

Ça y est, après Aubrey de Grey et avant James H. Moor, donc entre deux som­mi­tés inter­na­tio­nales, c’est le grand moment. C’est à mon tour. Je com­mence à bafouiller un merci. iPad à ma gauche (pour les notes), ordi­na­teur à ma droite (pour la pré­sen­ta­tion), je me lance. Je me pré­sente, ainsi que l’association. J’essaie de m’en tenir au texte col­lec­tif, d’expliquer les spé­ci­fi­ci­tés du trans­hu­ma­nisme en France. Je dis que les impacts sont légions et qu’en fait, il y en a tel­le­ment qu’il ne faut plus par­ler de tech­no­lo­gie, mais de poli­tique. Je mets en avant les points suivants :
  • La pré­sence de plu­sieurs ten­dances dans le trans­hu­ma­nisme est la preuve que celui-ci est solide.
  • Le trans­hu­ma­nisme est pris très au sérieux par les cabi­nets de conseil, les­quels ne parlent pas à des doux rêveurs mais à des inves­tis­seurs. C’est là que je place bien sûr les dia­grammes de Gart­ner.
  • Les inter­ac­tions sont légions – en début de séance, j’ai dis­tri­bué à tout le monde des exem­plaires de ma carte heu­ris­tique, que je leur com­mente donc.
  • La sagesse humaine n’a pas pro­gressé de beau­coup, alors que la tech­no­lo­gie a explosé. Nous ne savons tou­jours par arbi­trer entre l’intérêt géné­ral et l’intérêt par­ti­cu­lier (Mar­vin Minsky, 1994, Laisserons-nous la Terre à des robots ?).
  • Le feu sert à cuire les ali­ments comme à brû­ler les hommes – ce n’est pas le feu qu’il faut blâ­mer en cas de mau­vais usage, mais l’homme qui est der­rière et qui, s’il n’avait pas eu de feu, aurait pris un fouet.
  • Ne nous leur­rons pas, il y a trop d’argent et trop d’espoirs en jeu ; bien des « anti » seront « pour » quand ils seront concer­nés au pre­mier chef, ainsi est fait l’homme. Le trans­hu­ma­nisme arri­vera, futur simple.
  • En revanche, on ne peut arrê­ter une rivière mais on peut la cana­li­ser. Les pou­voirs publics sont très conser­va­teurs et se réveille­ront trop tard. C’est donc à nous, AFT, de sen­si­bi­li­ser l’opinion publique pour per­mettre un trans­hu­ma­nisme choisi et non un trans­hu­ma­nisme subi.
Mal­gré mes écarts et mon stress, les avis furent una­nimes (et répé­tés) de la part d’Aubrey comme de James (et d’autres). Ouf, je pou­vais me ras­soir. À demain pour la pré­sen­ta­tion de James Moor !
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