Coup de blues

Faut se rendre à l’évidence, je ne suis bon qu’à une chose : faire illu­sion.

Si jamais vous trou­vez que mes billets sont inté­res­sants, que l’auteur doit en savoir un rayon, être cultivé, poly­mathe ou talen­tueux, détrompez-vous.

Y’a rien derrière.

Je suis mau­vais en géo­gra­phie (ma for­ma­tion de base), mau­vais en infor­ma­tique (mon passe-temps), mau­vais en langue (troi­sième semestre de slo­vène, et tou­jours rien, même les débu­tants sont meilleurs que moi – certes, ils sont slaves), mau­vais en éso­té­risme, mau­vais pour m’organiser, mau­vais pour apprendre (des connais­sances ou de mes erreurs) et même pour ensei­gner (et sûre­ment un mau­vais amant, aussi), et un mau­vais DJ. J’aurais bien­tôt trente ans et aucune qua­li­fi­ca­tion, vis aux cro­chets des autres, aime me com­plaire dans ma propre médio­crité (en fait, c’est pour entendre quelqu’un me dire mais non, tu es bien – aussi appellé faire son inté­res­sant ou pleur­ni­cher – et je déteste me savoir ainsi), me rabaisse sys­té­ma­ti­que­ment par rap­port aux autres (il paraît que beau­coup d’autodidactes ont ce même pro­blème), et suis inca­pable d’apporter un peu de bon­heur autour de moi.

Émo­tion­nel­le­ment par­lant, je suis un ton­neau des Danaïdes, per­pé­tuel­le­ment insa­tis­fait de l’attention que m’accordent les autres (ça, il paraît que c’est cou­rant chez les gar­çons qui n’ont pas connu leur père). Je n’aime même pas mon propre sexe, plus ou moins per­suadé que nous sommes infé­rieurs aux femmes en tout (mais ça doit être d’avoir passé mes quinze pre­mières années uni­que­ment entouré de femmes). Intel­lec­tuel­le­ment, je me dis que je dois bien avoir tord, mais quand je vois com­ment fonc­tionnent les socié­tés matriar­cales, qui est le meilleur en classe, qui est le meilleur pour tenir un bud­get, qui c’est qui se saoule et qui fait des guerres ou bat sa femme (ou ses enfants), qui se cache der­rière son pou­voir parce qu’il ne peut s’assumer, ça ne m’encourage pas à aimer mon sexe… et moi par la même occasion.

Une fois (je crois que je m’en sou­vien­drais toute ma vie) j’étais content, aux anges (je ne sais plus pour­quoi et ça importe peu) et, tout d’un coup, je me suis fait la réflexion suivantes :

Si tu es content, c’est juste parce qu’une glande a relâ­ché une hor­mone dans ton corps.

Ça fait quoi, d’être un pantin ?

En un ins­tant, je suis passé de l’euphorie à la tris­tesse pro­fonde. Et cet auto­dé­ni­gre­ment ne me quitte que rare­ment. Peut-être est-ce une bonne chose en ce sens que je suis immu­nisé à l’effet de sur­prise de la chose, désor­mais. Ou peut-être est-ce sim­ple­ment de la luci­dité… En par­lant de luci­dité, j’imagine que, si quelqu’un com­mente, il me dira quelque chose du genre tu sais, les autres, c’est pareil.

Avez-vous remar­qué comme je suis égoïste aussi ? Dix-huit fois le mot je dans un seul billet. Et exhi­bi­tion­niste, en plus…

Ah ! si, j’ai quand même une chose pour moi (c’est ça, d’être lucide) : mon niveau d’anglais est supé­rieur à la moyenne fran­çaise. Tu parles d’un exploit…

Le pire, c’est que je me dis que de par­ler de mes pro­blèmes sur mon blogue pour­rait bien me rendre plus sym­pa­thique à vos yeux. Même les coups de cafards, je ne sais pas faire (je ne me sens pas mieux après avoir écrit tout ça).

Faut se rendre à l’évidence, je ne suis bon qu’à une chose : faire illu­sion.

Ça s’appelle com­ment, ce truc de par­ler pour se libé­rer, se sou­la­ger ? Je ne crois pas que ce soit la cathar­sis, mais je n’arrive pas à retrou­ver.

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21 réflexions au sujet de « Coup de blues »

  1. Ali Baba

    Mar­rant, cette impres­sion que j’ai de me recon­naître dans cer­tains passages…

    Pour le coup du pan­tin, il fau­drait au moins être juste avec toi-même, et recon­naître que si cette glande a relâ­ché son hor­mone, c’est sous ton propre sti­mu­lus. Donc tu n’es en rien un pantin…

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  2. Regis

    Humm, le fait que tu paraisses « plus sym­pa­tique » auprès de tes lec­teurs — ce qui est sans doute vrai — un fois ton coup de blues déballé devrait te prou­ver que tu es entouré d’illusionistes qui recon­naissent en toi un confrère.
    Nous sommes tous ce que tu dis de toi.
    Enfin, je crois…

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  3. Olivier _Carmine_ G.

    Coup de blues — Empyrée

    Évi­de­ment, quelqu’un qui sait un peu sur beau­coup se retrouve dans la posi­tion dif­fi­cile de ne pou­voir pas ser­vir à grand chose au long cours, même s’il rend ser­vice de temps en temps. Pour une acti­vité sur le long terme, mieux vaut quelqu’un qui sait…

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  4. David Latapie

    Propre sti­mu­lus… Je me sou­viens bien qu’il n’y avait aucune rai­son consciente à cette « pous­sée de bon­heur » (terme que j’utilise pour qua­li­fier ces moments où je suis content sans rai­son clai­re­ment détec­table). C’est ça le drame.

    Régis > Merci. Ça fait du bien, par­fois, d’être comme les autres :-)

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  5. Empyrée

    Coup de blues… et vous ?

    Ini­tia­le­ment un billet libé­ra­toire, Coup de blues a semble-t-il éveillé pas mal d’écho tant dans les com­men­taires qu’autre part.

    Ce billet, par sa nature, ne devait pas avoir de suite. Mais fina­le­ment, je crois qu’il y a matière à…

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  6. Borelek

    Je ne suis pas sûr que tu sois comme les autres (hélas pour les autres) en tous cas tu me sembles très proche de moi sauf sur un point qui, tu vas voir fait, toute la dif­fé­rence ;
    Quand tu te fais « la réflexion sui­vantes :
    Si tu es content, c’est juste parce qu’une glande a relâ­ché une hor­mone dans ton corps.
    Ça fait quoi, d’être un pan­tin ?« 
    moi je me fais la sui­vante
    « Si t’as le blues, c’est juste parce qu’une glande a relâ­ché une hor­mone dans ton corps.
    C’est pas mon genre d’être un pan­tin.« 
    Bore­lek
    P.S: si tu vois du lan­gage SMS dans mon texte tu fais erreur c’est sim­ple­ment mon ortho­graphe ;-)

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  7. Empyrée

    Fiche d’identité

    Fiche d’identité Entrée Valeur Pseudo Non1 Pré­noms David Cédric Sexe Masculin2 Date de nais­sance 1977–03-253 Lieu de nais­sance Toulouse4 Che­veux Châ­tains Yeux Bleus…

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  8. HK

    Ton coup de blues me semble hon­nête. Je pense que tout homme qui a une conscience de soi, des autres et du monde qui l’entoure prend ce recul.
    Je ne suis pas tout à fait convaincu que tu ne fasses que « illu­sion ». Pro­ba­ble­ment ressent-on (cha­cun), par moments, la néces­sité de briller en société.
    Tu vois, moi qui occupe une fonc­tion « com­mer­ciale » dans les nou­velles tech­nos et qui inter­viens de temps à autre face à du public qui n’a aucune pitié sur le moindre mot que tu pro­nonces, j’éprouve par­fois ce sen­ti­ment de doute. Par­fois, je dois défendre des causes « busi­ness » qui dans le fond me sont tota­le­ment exté­rieures. Mal­gré tout, je suis par­fois content de moi (hé oui, cela arrive de temps en temps). Je suis content de moi lorsque, dans une rela­tion avec autrui, j’arrive à ne pas don­ner le sen­ti­ment d’avoir été « médiocre ». C’est pas facile de ne pas être médiocre. Médiocre, cela ne signi­fie pas « être mau­vais ». Cela signi­fie être « médian ». En gros, plat.
    Donc je ne me suis pas fixé comme défi vital d’être bon (l’excellence très peu pour moi !), mais juste comme but d’éviter d’être médiocre. C’est déjà un objec­tif très dif­fi­cile à atteindre en fait (dans son bou­lot, dans sa vie de couple, devant sa belle-famille et devant soi-même évi­dem­ment).
    Donc, en lisant tes billets, je constate que tu ne par­viens pas à être médiocre. Tu te débrouilles très mal en matière de médio­crité, ce n’est visi­ble­ment pas ta spé­cia­lité. Les sujets que tu abordes avec un ton humble et empreints de ques­tion­ne­ments sont tout sim­ple­ment inédits, loin des lieux com­muns. Je ne sais pas où tu vas cher­cher tout ça ? Ils sont même par­fois dérou­tants mais jamais de mau­vais goût. J’imagine pour la plus grande satis­fac­tion de tes lec­teurs. Du coup, j’ai mis ton blog dans ma feuille de route quo­ti­dienne. J’aime bien faire mon petit tour de la blo­go­sphère chaque jour et j’ai donc ajouté une étape Empyrée.

    Enfin je ne sais pas te dire, au fil de la lec­ture de ton blog, ce que tu es véri­ta­ble­ment. Je peux plus faci­le­ment te dire ce que tu n’es pas.
    Bien bonne conti­nua­tion. Je me demande quel sujet tu vas nous sor­tir la pro­chaine fois ? Vas-tu par exemple nous par­ler d’une arme bac­té­rio­lo­gique qui serait capable, sur la base d’un extrait d’ADN d’une per­sonne, de lui pro­vo­quer une mala­die mor­telle ? Une sorte de virus « per­son­na­lisé » qui n’atteindrait qu’une seule per­sonne. Ce serait une bonne alter­na­tive aux armes de des­truc­tions mas­sives qui font périr pleins d’innocents ?
    A la prochaine.

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  9. Migard

    Je trouve mer­veilleux qu’on ait des hor­mones sti­mu­lées pour x raisons,tantot on est sous la tris­tesse, d’autres fois sous la grande joie, et tous pleins de sen­ti­ments qui nous tra­versent, j’adore ! De plus, je suis sûr qu’il y a autre chose en nous, peut être une âme en nous, on est loin de savoir com­ment on fonc­tionne vrai­ment, nos vieux mythes parlent bien d’ âme dans le corps… Dans les mythes d’ Europe, il y a des mys­tères aux­quels nous DEVONS répondre, il y aurait eu les prê­tresses capable de « voir », des hommes capables de se métar­mor­pho­ser, de voya­ger à tra­vers l’espace (cf terre du milieu de l’antiquité), un bateau conte­nant une armée et pliable dans une poche !
    On uti­lise un frag­ment de notre cer­veau. On en est qu’à 5% de nos connais­sances sur nous mêmes et vous jugez donc trop vite. Il reste encore beau­coup de che­mins avant de juger l’ homme. Pis vous êtes très fort en texte, et curieux par beau­coup de choses, nous tous , nous cher­chons par taton­ne­ments qui nous étions, où nous étions, qu’ avons nous fait dans ces temps là avant que nos mythes prennent formes… Après les cataclysmes…

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  10. David Latapie

    Médiocre, cela ne signi­fie pas être mau­vais.

    Atta­ché au sens des mots comme je le suis, ça fait plai­sir d’enfin lire ceci :-)

    Je suis cepen­dant en désac­cord avec ta déduc­tion médian ~> plat : je com­prend plat comme inin­té­res­sant. Or, être moyen ne veux pas dire être inin­té­res­sant, juste valoir juste (ou juste pas).

    En lisant tes billets, je constate que tu ne par­viens pas à être médiocre

    Merci, du fond du cœur de mon ego :-D

    Enfin je ne sais pas te dire, au fil de la lec­ture de ton blog, ce que tu es véritablement.

    Je cherche…

    Vas-tu par exemple nous par­ler d’une arme bac­té­rio­lo­gique qui serait capable, sur la base d’un extrait d’ADN d’une per­sonne, de lui pro­vo­quer une mala­die mortelle ?

    C’est un peu trop com­mun, ça ;-) Certes, il y les bombes humaines bac­té­rio­lo­giques (un por­teur sain kami­kaze qui s’infiltre dans un milieu et pro­page par ses excré­tions
    salive

    un virus qu’on lui a implanté) et qui a déjà été abordé par la science-fiction (dont le superbe Trans­hu­man Space) ou bien l’expérience du énième pays (tiens, je n’en ai pas encore parlé, je pen­sais pour­tant. Ah oui, c’est sur Wiki­pé­dia que j’ai créé l’article).

    Non, pour un truc vrai­ment amu­sant, il y a les virus infor­ma­tiques qui s’attaquent à l’homme

    Srečno!


    Migard : si tu penses à ce que je pense, ce n’est pas 5 % des connais­sances, mais 5 % du cer­veau. Et en fait, c’est même 5 % du cer­veau en même temps. Bref, un mys­tère qui n’en est pas un (il suf­fit de connaître un mini­mum le prin­cipe des zones du cer­veau pour com­prendre et de savoir que la nature ne jette jamais l’inutile, juste le dan­ge­reux), mais qui conti­nue à se pro­pa­ger. Pas que je n’aimerai pas que la psionique/magie existe…

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  11. Migard

    je vou­lais dire qu’on en est qu’au début de notre connais­sance sur notre bio­lo­gie et donc sur le cer­veau. Et puis même si comme vous dites que l’on est que des machines chi­miques, en tout cas je suis émer­veillé. Mais si les druides disait qu’on avait une âme, il y a espoir, les druides ne disaient jamais rien par hasard, comme nos mythes
    Je ne crois pas à la magie tant que je n’ai pas vu, repro­duit par moi même (tel Saint Tho­mas qui ne croit qu’en ce qu’il voit). Et puis la magie et la science il y a de moins en moins de fron­tière: par exemple on a réus­sit à télé­trans­por­ter une micro par­ti­cule puis un atome. On rat­trape la magie ((:^D.

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  12. Migard

    Vous avez dit une belle pen­sée…
    Les der­niers objets « magiques » sont inter­net et les télé­phones por­tables. Et ce n’est qu’un début ! Un jours, je crois, avec les pro­grès, cha­cun pourra être un des 4 fan­tas­tiques, fan­tas­tic hein ? .D

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  13. PunKeel

    Ça s’appelle com­ment, ce truc de par­ler pour se libé­rer, se sou­la­ger ? Je ne crois pas que ce soit la cathar­sis, mais je n’arrive pas à retrou­ver.
    Exu­toire ? (SEPT ANS PLUS TARD, MAIS JE RÉPOND QUAND MÊME :D ) (oops, majuscules :#)

    PS : 22 fois le mot « je », dont 6 après que tu dises « 18 », or 22–6=16, pas 18 o/

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    1. David Latapie

      Ah ah ! Puisque tu me lis depuis si long­temps, tu sais que je suis opposé au car­can chro­no­lo­gique (j’espère que Medium saura le faire sau­ter, d’aillleurs, mais vu comme on en parle peu, je crains que ce soit mort avant même d’être né, comme dot­mail).

      Exu­toire me parait bien. Un exu­toire est cathar­tique. Je serais bien en peine de dif­fé­ren­cier les deux, mais tu pour­rais peut-être contri­buer à cette entrée dans le dic­tion­naire des dif­fé­rences ?

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          1. PunKeel

            Awi, sur­tout de la mise en page (et du refor­ma­tage …).
            J’suis pas fan de Wiki­pe­dia, en fait. Tu postes, on édites. T’as aucun mérite. On ne peut pas remer­cier, juste « cri­ti­quer » en modi­fiant.
            Et modi­fier ≠ amé­lio­rer, parfois …

            Hein ? J’aurais dû pos­ter ça sur l’article Wiki­love ? Snif, je pen­se­rais à le redire si je retourne sur l’article :D

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