Contre l’hypocrisie, pour un sport augmenté

À par­tir de cet article, je vais argu­men­ter sur la ques­tion du sport aug­menté.

Le cas Oscar Pis­to­rius, un pas dans le transhumanisme

Pis­to­rius est-il un ath­lète comme les autres ou bénéficierait-il d’un avan­tage illé­gi­time par rap­port à ses concur­rents ? Autre­ment dit, la tech­nique et la méde­cine lui auraient-elle apporté, plus qu’une thé­ra­pie répa­ra­trice, une véri­table « aug­men­ta­tion humaine » ? Point de vue trans­hu­ma­niste sur le sport du XXIe siècle.

[…]

le siècle qui vient de s’ouvrir devrait être celui d’un élar­gis­se­ment de la notion d’humanité. Jusqu’à pré­sent, le sport, et notam­ment l’olympisme, défend une vision qu’on pour­rait dire « natu­ra­liste » de l’humain. Selon cette idée, l’humain, et le corps humain, pour­raient être défini pour tou­jours, sans modi­fi­ca­tions. Pour­tant, cette vision s’est sou­vent trou­vée en bute aux contra­dic­tions. A chaque fois, l’évidence est apparu avec plus de clarté : l’humain fait un avec ses outils, avec sa tech­nique, avec ses artifices.

Pre­nons des exemples : que s’est-il passé lorsque des foot­bal­leurs ont com­mencé à béné­fi­cier des pre­miers cram­pons Adi­das ? Que s’est-il passé lorsque sont appa­rues les pre­mières “pointes” de sprint, quelles contro­verses n’ont pas entraîné les com­bi­nai­sons des nageurs ou les perches des sau­teurs en hau­teur ? A chaque fois, les pre­miers ont pu béné­fi­cier d’un réel avan­tage, le temps que les auto­ri­tés spor­tives ne créent de nou­velles règles et que les concur­rents accèdent aux mêmes technologies.

Que se passe-t-il, ou se passerait-il, lorsque la tech­nique uti­li­sée est plus étroi­te­ment liée au corps de l’athlète ? Quand un gol­feur devient plus per­for­mant après une opé­ra­tion au Lazic ? Ou si un cou­reur de fond équipé d’un pace-maker ou d’un cœur arti­fi­ciel suite à un acci­dent car­diaque deve­nait plus endu­rant que ses adver­saires non transplantés ?


À mon sens, il fau­dra créer une troi­sième caté­go­rie pour les sports : après les « moins » (para­lym­piques) et les « nor­maux » (olym­piques), il faut intro­duire les « plus » (trans-olympiques ?)

Ceci sera-t-il la fin du sport ? Bien sûr que non — comme tout mème mul­ti­mil­lé­naire, il ne peut mou­rir comme ça. Regar­dez plu­tôt les For­mule 2 et For­mule 3 par rap­port à la For­mule 1 : ce sont des courses mono-chassis, où l’on éli­mine toute dif­fé­ren­cia­tion tech­no­lo­gique pour qu’il ne reste que le pilote pour faire la dif­fé­rence. Ça marche, il y a de la demande. Alors certes, les yeux sont rivés sur la For­mule 1, mais il reste de la place pour ceux qui veulent un défi « plus sportif ».

Demain, un spor­tif de haut niveau devra, à un moment de sa car­rière, faire un choix : res­ter « pur », se rete­nir dans ses ambi­tions car­rié­ristes et faire du sport pour la gloire et le plai­sir. Ou bien se faire aug­men­ter et appro­cher les cla­meurs de la plus grande foule (parce que ne nous leur­rons pas : ce sera le sport aug­menté qui géné­rera le plus gros chiffre d’affaire). C’est déjà ce que font les cyclistes et tous les sports où le dopage est la règle non-dite. Ces­sons cette hypo­cri­sie et admet­tons que nous ne ne pou­vons lut­ter contre une demande qui, rappelons-le, viens des spor­tifs eux-mêmes.

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2 réflexions au sujet de « Contre l’hypocrisie, pour un sport augmenté »

  1. PunKeel

    J’ai pas très bien com­pris … Vous vou­lez dire que le sport est juste un … Masque en fait ?

    C’est un peu remettre en cause la société, non ?
    C’est plus/moins pareil pour tout… On finit par s’y habi­tuer, et à ne plus le remarquer…

    On pour­rait par­ler de poli­tique. Mais en fait non.
    Plus sérieu­se­ment … Oui ils gagnent de l’argent, et se payent de la drogue avec… Pour gagner tou­jours plus.
    Quel inté­rêt ? (on va bien­tôt par­ler du bon­heur en cours, c’est lié à ça je pense.…) ils vont mour­rir plus jeune, mais riches.

    On peut pas dire que l’on soit concerné par ces per­sonnes … Enfin per­son­ne­le­ment, je ne suis pas fan de sport (à cause de mes anciens profs, qui sait ?, mais sur­tout à cause de la média­ti­sa­tion … Trop forte.)

    On à tou­jours l’impression de payer au match (foot) : 3.000.000.000 pubs par ci. Par là…
    Un effet de masse, en plus. Tout le monde aime le foot. Ou le rugby. Ou le hand. Voir les trois.
    À en oublier … La “rai­son” si il y en a une…

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  2. David Latapie Auteur de l’article

    Non, le sport est une acti­vité humaine comme une autre. Les acti­vi­tés humaines ont ten­dance à s’adapter au monde dans lequel elles existent. Le tra­vail, la santé, l’amusement, la reli­gion… Et quand une acti­vité refuse de s’adapter au monde, ça donne ostra­cisme, vio­lence ou dépé­ri­tion (selon l’activité) : ainsi, le fon­da­men­ta­lisme en reli­gion, les inadap­ta­tions médi­cales (le mal-voyant qui n’a pas de lunettes aujourd’hui est bien plus ostra­cisé aujourd’hui qu’il a cent ans) les dif­fi­cul­tés sco­laires en éducation…

    Pareil pour le sport. Soit le sport refuse de vivre avec son temps (regar­dez la polé­mique autour de Pla­tini qui refuse l’arbitrage vidéo), soit il l’embrasse. Et, qu’on le veuille ou pas, ça veut dire hier les chaus­sures à cram­pons, aujourd’hui le dopage (eh oui) et demain les aug­men­ta­tions humaines.

    Du moins, tant que l’on veut être meilleur que l’autre. Tant que l’on veut juste se faire plai­sir, point besoin de tout ceci.

    C’est peut-être ça la dif­fé­rence entre le sport et la compétition.

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