Cellules-souches, don à la science et éthique

Source : Faut-il auto­ri­ser les recherches sur les cellules-souches — l’embryon est un être humain, on peut donc l’utiliser dans la science

Affir­ma­tion de Mar­tin France

  • soit l’embryon n’est pas consi­déré comme humain, alors la ques­tion éthique ne se pose pas.
  • soit l’embryon est consi­déré comme humain, alors, si il est mort, comme tout être humain, il peut « don­ner son corps à la science »

Réponse de Patrick Gaudray

Membre du comité consul­ta­tif natio­nal d’éthique.

On pour­rait, en effet, rêver que cela soit aussi simple. Mais hélas…

  • Même si l’embryon n’était pas humain, il res­te­rait des ques­tions éthiques.
  • L’embryon humain est humain, au moins en deve­nir, mais il ne peut don­ner son avis, et il faut consi­dé­rer qu’il « délègue » sa volonté à ses parents.

Dans le cas d’un fœtus, cela ne pose pas de pro­blème. Dans le cas d’un embryon, il y a conco­mi­tance entre le recueil des cel­lules souches et la mort. La déli­cate ques­tion est de savoir si c’est le recueil des cel­lules qui tue l’embryon, cer­tains disent même que c’est la recherche qui le tue, ou si, étant donné qu’il s’agit d’embryons dits sur­nu­mé­raires dont la mort est déci­dée (c’est la loi qui le demande), on peut assi­mi­ler, comme vous le pro­po­sez, le pré­lè­ve­ment des cel­lules à un acte post-mortem.

La ques­tion est ouverte, au moins pour celles et ceux qui acceptent qu’elle le soit.