Le Mot et la chose, pour parler de la chose sans en prononcer le mot

Ou com­ment par­ler de c… en rui­nant son SEO. Les ordi­na­teurs ont encore des pro­grès à faire !

Le Mot et la Chose
Abbé de L’Attaignant, XVIIIe siècle — lisez sa bio­gra­phie suc­cincte, un régal !

Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit sou­vent le mot
On vous a fait sou­vent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pou­vez dire quelque chose
Et je gage­rais que le mot
Vous plaît beau­coup moins que la chose

Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J’avouerai que j’aime le mot
J’avouerai que j’aime la chose

Mais c’est la chose avec le mot
Mais c’est le mot avec la chose
Autre­ment la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pou­voir ajou­ter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l’avantage sur la chose

C’est qu’on peut dire encore le mot
Alors qu’on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c’est tou­jours quelque chose

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu’il ne faut ajou­ter au mot
Qu’autant que l’on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot
Vien­dra seul hélas sans la chose
Il faut se réser­ver le mot
Pour se conso­ler de la chose

Pour vous je crois qu’avec le mot
Vous voyez tou­jours autre chose
Vous dites si gaie­ment le mot
Vous méri­tez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n’avez pas dit le mot
Qu’on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connais­seur en la chose

Et bien voici mon der­nier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous pas­se­rai la chose

Le transhumanisme — retour d’une conférence

Ca y est, la confé­rence ENS a eu lieu. Un grand moment pour moi quand Mar­tin (le co-organisateur) m’a demandé de le rejoindre sur l’estrade. Je me suis pen­ché sur le micro, j’ai com­mencé à par­ler… Conti­nue rea­ding

Cet Anglais va vous faire aimer les maths

Mar­cus du Sau­toy, prof de maths à Oxford, est le meilleur vul­ga­ri­sa­teur de sa spé­cia­lité. Ren­contre pour la sor­tie de son nou­veau livre, La Symé­trie ou les maths au clair de lune.

Conti­nue rea­ding

« Les quatres notes les plus célèbres de l’histoire de la musique »

Voilà à coup sûr les quatre notes les plus célèbres de l’histoire de la musique.

– Pierre Charvet

L’auteur lui-même me donna la clé de ses idées, en trai­tant un jour à fond la ques­tion : Ainsi le des­tin frappe à la porte [So pocht das Schick­sal an die Pforte] dit-il, en se réfé­rant aux pre­mières notes de l′Allegro. »

Anton Schind­ler

Le motif par lequel débute le pre­mier mou­ve­ment (Alle­gro con brio) est l’un des plus célèbres de la musique occi­den­tale. Presque rien en fait : trois sols et un mi bémol, trois brèves et une longue, une des figures les plus simples qui soient et les plus cou­rantes de notre inven­taire rythmique.

– Wiki­pe­dia, Sym­pho­nie nº 5 de Bee­tho­ven — Struc­ture et analyse

Le Nouvel Observateur : Baudrillard decodes « The Matrix »

MAJ : en fait, je l’avais déjà publié.

Il y a des années, un anglo­phone avait désiré que je tra­duise un entre­tien de Jean Bau­drillard sur Matrix. Je m’étais exé­cuté et il en était extrê­me­ment content (pro­ba­ble­ment jusqu’à ce qu’il lise à quel point Bau­drillard tenait Matrix en piètre estime, mais passons).

Entre-temps, le site web Empy­ree (avant l’apparition du blog) a dis­paru (il est tou­jours dans un coin de mon ordi­na­teur et merci feu Google Desk­top pour m’avoir aidé à le retrou­ver — je ne sais pas com­ment je ferais quand je réins­tal­le­rais ma machine, vu que j’ai perdu l’installeur).

À la demande de… per­sonne (mais quand même pour répondre à Marc Plan­tu­reux), je vous pro­pose donc à nou­veau cette article (en ver­sion anglaise, la ver­sion fran­çaise appar­te­nant à Libé­ra­tion).

Cepen­dant, j’aurai bien aimé savoir ce que Bau­drillard pense de la fin du second volet, quand Neo neu­tra­lise les machines dans le monde dit réel… Appa­rem­ment, il ignore com­plè­te­ment cet aspect et c’est dommage.

Conti­nue rea­ding

Origine du verlan et du cockney

Le ver­lan se déve­loppe d’abord dans les quar­tiers popu­laires. Il a la même fonc­tion que le cock­ney anglais : enco­der la langue pour la rendre opaque aux autres groupes sociaux. Le cock­ney était le fait des ven­deurs des rues lon­do­niennes qui pou­vaient dis­cu­ter devant les poli­ciers sans que ceux-ci n’y pigent rien. Notre ver­lan, lui, est donc direc­te­ment rat­ta­ché à l’émergence des bandes de « caille­ras » pari­siennes, donc des ban­lieues parisiennes.

Ori­gines du verlan

Cellules-souches, don à la science et éthique

Source : Faut-il auto­ri­ser les recherches sur les cellules-souches — l’embryon est un être humain, on peut donc l’utiliser dans la science

Affir­ma­tion de Mar­tin France

  • soit l’embryon n’est pas consi­déré comme humain, alors la ques­tion éthique ne se pose pas.
  • soit l’embryon est consi­déré comme humain, alors, si il est mort, comme tout être humain, il peut « don­ner son corps à la science »

Réponse de Patrick Gaudray

Membre du comité consul­ta­tif natio­nal d’éthique.

On pour­rait, en effet, rêver que cela soit aussi simple. Mais hélas…

  • Même si l’embryon n’était pas humain, il res­te­rait des ques­tions éthiques.
  • L’embryon humain est humain, au moins en deve­nir, mais il ne peut don­ner son avis, et il faut consi­dé­rer qu’il « délègue » sa volonté à ses parents.

Dans le cas d’un fœtus, cela ne pose pas de pro­blème. Dans le cas d’un embryon, il y a conco­mi­tance entre le recueil des cel­lules souches et la mort. La déli­cate ques­tion est de savoir si c’est le recueil des cel­lules qui tue l’embryon, cer­tains disent même que c’est la recherche qui le tue, ou si, étant donné qu’il s’agit d’embryons dits sur­nu­mé­raires dont la mort est déci­dée (c’est la loi qui le demande), on peut assi­mi­ler, comme vous le pro­po­sez, le pré­lè­ve­ment des cel­lules à un acte post-mortem.

La ques­tion est ouverte, au moins pour celles et ceux qui acceptent qu’elle le soit.