Archives pour la catégorie Rappeler

Cette catégorie est constitué de billets publiés à la date anniversaire d’un événement, avec le moins de commentaires possibles, car ils ne sont pas nécessaires. Ce sont souvent des sujets graves.

Le Jour de la Serviette

Le Guide du routard galactique a un certain nombre de choses à dire au sujet des serviettes :

Une serviette, nous apprend-il, est sans doute l’objet le plus vastement utile que puisse posséder le routard interstellaire. D’abord, par son aspect pratique : vous pouvez vous draper dedans pour traverser les lunes glaciales de Jagran Bêta ; vous pouvez vous allonger dessus pour bronzer sur les sables marbrés de ces plages irisées de Santraginus Ⅴ où l’on respire d’entêtants embruns ; vous pouvez vous glisser dessous, pour dormir sous les étoiles, si rouges, qui embrasent le monde désert de Karafon ; vous en servir pour gréer un mini-radeau sur les eaux lourdes et lentes du fleuve Mite ; une fois mouillée, l’utiliser en combat à mains nues ; vous encapuchonner la tête avec afin de vous protéger des vapeurs toxiques ou bien pour éviter le regard du hanneton glouton de Tron (un animal d’une atterrante stupidité: il est persuadé que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas non plus – con comme un balai, mais très, très, très glouton) ; en cas d’urgence, vous pouvez agiter votre serviette pour faire des signaux de détresse et, bien entendu, vous pouvez toujours vous essuyer avec si elle vous paraît encore assez propre.

Plus important, la serviette revêt une considérable valeur psychologique : si, pour quelque raison, un rampant (rampant : non routard) découvre qu’un routard a sur lui une serviette, il en déduira illico que ce dernier possède également brosse à dents, gant de toilette, savonnette, boîte de biscuits, gourde, boussole, carte, pelote de ficelle, crème à moustiques, imperméable, scaphandre spatial, etc. Mieux encore, le rampant sera même heureux de prêter alors au routard l’un ou l’autre susdits article (voir une douzaine d’autres) que ledit routard aurait accidentellement pu « oublier », son raisonnement étant que tout homme ainsi capable de sillonner de long en large la galaxie en vivant à la dure, de zoner en affrontant de terribles épreuves et de s’en tirer sans avoir perdu sa serviette ne peut être assurément qu’un homme digne d’estime.

Aujourd’hui, c’est le Jour de la Serviette (le 11 février aurait mieux convenu, mais bon…)

flattr this!

À la lumière des flammes

Initialement publié le 13 juin 2005 à 18:57:30

Le 17 février 1600 s’allumait au cœur de Rome, sur le Campi dei Fiori, le bûcher où périssait l’un des plus libres esprits de son temps – et peut-être de tous les temps. Giordano Bruno, né en 1548, est ordonné prêtre en 1572. Mais, déjà novice, il attire l’attention de l’Inquisition par l’originalité de ses vues et la critique ouverte de la théologie conventionnelle. Accusé d’hérésie en 1576, il fuit Rome. Après avoir traversé l’Italie, il parvient à Genève en 1579, se rapproche des calvinistes qui finissent par le chasser. On le trouve ensuite à Toulouse, Lyon, Paris, puis en Angleterre, où il dispute – et se dispute – avec les professeurs d’Oxford. Il revient à Venise en 1591, chez un mécène qui le dénonce à l’Inquisition. Emprisonné à Rome pendant huit ans, il sera condamné au début 1600. Lors de son procès, il conservera son insolence : Vous qui prononcez cette sentence, aurait-il tonné devant ses juges, vous avez certainement plus peur que moi !

Au cours de ses errances, Bruno écrivit de très nombreux ouvrages de satire philosophique et de critique théologique. Il y développe une conception du monde résolument matérialiste et unitaire, qui lui vaudra d’être excommunié par les calvinistes, les luthériens et les catholiques, mais lui gagnera plus tard l’admiration de Spinoza et de Hegel. Ayant adopté le copernicanisme, Bruno le dépassera pour se faire le propagandiste d’un Univers infini et de la pluralité des mondes. Certes, il serait très abusif de faire de lui le pionnier de la science moderne. Là où Galilée, de vingt ans son cadet, inaugure la modernité, Bruno reste tributaire de modes de pensées archaïques. Mais c’est précisément la leçon qu’il nous faut tirer de son œuvre. Car les idées nouvelles ne naissent jamais sous la forme claire et nette que la postérité leur donne rétroactivement. Chez Bruno, des éléments d’hermétisme et de philosophie néo-platonicienne se combinent pour produire une conception du monde audacieuse et visionnaire. Même si on ne peut lui attribuer aucune découverte scientifique majeure, il a joué un rôle essentiel en préparant les esprits à la révolution galiléenne. Et l’actuelle floraison de planètes extrasolaires est un magnifique hommage à sa prescience.

Mais sommes-nous aujourd’hui, plus qu’il y a quatre siècles capables d’entendre les porteurs de ces polémiques exubérantes, de ces archaïsmes paradoxaux qui préparent l’avenir ? En ces temps de certitudes rationnelles, souvenons-nous de ce que nous devons aux mauvais esprits.


La citation à-peu-près-dans-le-sujet du jour : L’homme raisonnable s’adapte au monde. l’homme déraisonnable adapte le monde a lui. Il s’ensuit que tout progrès dépend de l’homme déraisonnable.

flattr this!

Nostradamus et le 11-Septembre

Nostradamus, c’est des conneries selon certains, la vérité selon d’autres, une énigme pour la majorité. Le problème est qu’une prédiction de Nostradamus est sous les projecteurs une fois que l’événement prédit est passé, pas avant. Du coup, on peut tout justifier. Bref, pas folichon.

Presque trois ans jour pour jour après le 11-Septembre, alors que je cherchais (dans le cadre du billet C’était quoi, l’ancienne ?) des informations à propos de la Nouvelle-Angoulême, j’ai trouvé une page sur la grande frayeur annoncée. On y analyse une prédiction de Michel de Nostre-Dame censée se réaliser en 1999. Or, comme le signale l’auteur en ce 3 février 2001, point de catastrophe en 1999. Pour le plus grand bien de l’humanité, l’étoile de Nostradamus a momentanément pâli. Il va ensuite essayer divers déchiffrages alternatifs pour justifier une date légèrement décalée par rapport à celle de 1999. Comme nous le savons rétrospectivement, elles se révéleront tout aussi fausses. Les calculs de de Nostre-Dame étaient faux.

Pour les dates. Pour les événements, lisez donc…

Lire la suite

flattr this!

Le sang impur

Durant la période révolutionnaire en France […] on considère qu’il y a une différence entre la noblesse (qui a "le sang bleu" ou pur) et le reste de la population.

Aussi, quand on parle du sang impur dans la Marseillaise, ce n’est pas celui des ennemi qu’on massacre, c’est le sang des hommes du peuple prêt au sacrifice pour défendre la patrie […]

Cette question du sang non bleu est traitée sur le site de l’elfe noir.

En revanche, contrairement à Olivier, je ne considère pas que l’on devrait faire de concessions sur les paroles. Au pire passer à l’hymne européen (vous savez, celui qui n’a pas ni titre ni paroles pour ne pas froisser de susceptibilités…)

flattr this!

Le mythe du « vrai » Sherlock Holmes

Initialement publié le 23 mai 2005 à 09:38:32

C’est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance de Sir Arthur Conan-Doyle, créateur de Sherlock Holmes. Entre ça et un rétrolien pour l’occasion, je me devais de mettre à jour… Et je remarque que, sans faire exprès, j’avais initialement publié ce billet à peine un jour après la date anniversaire !

Sherlock Holmes n’a jamais existé. Je pensais pourtant qu’il y avait bien eu un « vrai » Sherlock Holmes, comme il y a eu un vrai Cyrano de Bergerac.

Je suis rassuré de savoir que 59 % des Anglais (ou des Britanniques ?) font la même erreur. Ouf.

Ali Baba mentionne le musée Sherlock Holmes au Sherlock Holmes au 222b Baker Street.

Un précédent chez Conan Doyle

Ajoutons que pour ce qui est de se baser sur des faits réels et en faire une fiction qui passe pour la réalité, Conan Doyle n’en était pas à son galop d’essai : en 1884, il publie J. Habakuk Jephson’s Statement, une histoire écrite anonymement brodant sur la véritable histoire de la Mary Céleste (renommée Marie Céleste), le fameux bateau abandonné. C’est notamment de Conan Doyle que vient l’histoire du thé encore chaud à la découverte du bateau.

Au sujet de ces mystères entourant les bateaux, lire aussi Intuitions… à propos du Naufrage du Titan.

Le professeur Bell

Florent Verschelde me signale que le personnage de Sherlock Holmes est basé sur le professeur Joseph Bell, docteur, professeur d’université, médecin personnel de la reine Victoria et par_dessus tout doué d’un sens de l’observation proprement incroyable. Le scénariste et dessinateur de BD Joann Sfarr s’en est à son tour inspiré pour sa série Le Professeur Bell. Ci-dessous, les liens sur les entrées de la FNAC.

  1. Le Mexicain à deux têtes
  2. Les poupées de Jérusalem
  3. Le cargo du roi singe
  4. Promenade des Anglaises
  5. L’Irlande à bicyclette

Ils en parlent mais ne me le disent pas, les petits cachottiers :

flattr this!

Pauvre ONU…

Les pays qui fournissent les plus gros contingents [de Casques Bleus] sont actuellement le Bangladesh, l’Inde, le Pakistan, l’Éthiopie et le Ghana.

Les endroits où l’ONU est généralement envoyée sont pourris. Cela n’excuse ni l’incompétence ni la paresse, mais ils sont pourris. Et s’ils ne l’étaient pas, les États membres s’en occuperaient eux-mêmes.

Comme nous l’a récemment confié M. Annan, nous ne récoltons pas ce qu’il y a de meilleur. Les gouvernements ont tendance à nous envoyer les personnes qu’ils n’arrivent pas à caser.

L’ONU est-elle une cathédrale ? Son rôle peut-il être tenu par des bazars ? La vieille dame à 61 ans aujourd’hui.

flattr this!