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Le projet transhumaniste : l’homme capté, augmenté,… idéal ?

Source :
Le corps, nouvel objet connecté, CNIL

La démocratisation du « bricolage du vivant » devrait débuter en 2015. À partir de cette date, nous pourrions commencer à augmenter nos capacités, à remplacer nos pièces défectueuses par des implants ou par des prothèses, à nous greffer des électrodes dans le corps, à modifier notre ADN… Bref, ce sera le début de l’ère de l’amélioration. »

Laurent Alexandre,
PDG de DNAVision. Co-fondateur de Doctissimo

De « l’hommer réparé » à « l’homme amélioré »

Il n’a pas été nécessaire d’attendre la multiplication des prothèses médicales et l’apparition de la bio-ingénierie pour que la technologie pénètre le vivant. La « médecine d’amélioration » existe depuis longtemps, au moins depuis l’invention des lunettes et elle compte parmi les causes de l’accroissement continu de l’espérance de vie.

Mais aujourd’hui, l’apport de la technologie dans le domaine médical va beaucoup plus loin et certains ne veulent lui fixer aucune limite. C’est ce qui caractérise le transhumanisme, un courant de pensée qui s’est cristallisé en Californie dans les années 80 et qui s’est fixé pour objectif la transformation radicale de l’être humain grâce à la fusion progressive de la technologie et de la vie. Pour ses adeptes, les progrès scientifiques permettront à l’homme non seulement de s’améliorer, d’augmenter ses capacités, de s’affranchir des limites du corps et de la biologie, mais aussi d’accéder à de nouveaux sens, voire à un niveau de conscience supérieur. Il s’agit de passer de « l’Homme réparé » à « l’Homme amélioré » ou « augmenté » et, peut-être un jour, à un Homme immortel. Cette conception conduit à faire de l’être humain « un être en perpétuelle évolution ».

C’est ainsi que la technologie essaie parfois de créer une vie artificielle en « bricolant le génome », comme lorsque le chercheur et homme d’affaires Craig Venter fabrique en éprouvette, en mai 2010, le premier chromosome artificiel, avant de l’introduire dans une bactérie. À d’autres moments, la technologie cherche même à surclasser la biologie grâce au développement de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique (« machine learning »).

Le moteur de recherche Google relève fondamentalement de cette approche. Il n’y a pas lieu d’en être surpris, s’agissant d’une entreprise qui est fortement marquée par l’idéologie transhumaniste. D’après Laurent Alexandre, les dirigeants de Google comprennent l’Homme comme « la version Beta des post-humains ».

Transhumanisme et quantified self

On retrouve une partie de la même philosophie transhumaniste dans le mouvement //Quantified Self//. Si les pratiques visent d’abord une meilleure « connaissance de soi », on bascule, en effet, assez aisément dans une logique d’augmentation, d’amélioration de l’Homme. Les outils de « quantification » visent à mettre en chiffres le maximum d’informations relatives au corps humain, que celles-ci se rapportent à des performances physiques, à des comportements, à des émotions, ou même à la capacité de compréhension de l’homme.

Sans doute, les capteurs restent-ils, à l’heure actuelle, disposés à l’extérieur du corps. Mais rien n’indique qu’il en sera de même demain. D’ailleurs, les objets connectés ne sont, en réalité, rien d’autre que de nouveaux yeux et de nouvelles oreilles ou, a minima, des extensions des sens et des organes, tandis que les données collectées sont perçues comme de nouvelles sources de connaissance. Quant aux conditions de leur exploitation, elles reposeront surtout sur de l’intelligence artificielle.

En fait, le monde est déjà engagé dans une logique transhumaniste sans que nous nous en soyons rendus compte. À terme, bien des choses devraient être possibles ; se faire greffer un cœur artificiel, composé de matériaux plastiques et biologiques pour prolonger l’espérance de vie ; troquer ses jambes pour d’autres, artificielles mais beaucoup plus rapides ; se faire implanter des yeux bioniques pour voir les infrarouges ou dans le noir, ou pour filmer ce qu’ils voient ; augmenter son intelligence grâce à des interfaces cerveau-machine et aux neurosciences ; télécharger son esprit ou sa mémoire dans un avatar…

Mais au-delà de cela, le projet transhumaniste est politiquement beaucoup plus ambitieux ; il faut « tuer la mort » pour paraphraser le titre d’un livre de Laurent Alexandre (« La mort de la mort », 2011), c’est-à-dire offrir aux humains l’immortalité. Google a d’ailleurs créé en septembre 2013 une filiale, baptisée Calico, qui doit s’attaquer au défi de l’âge et des maladies associées, ce qui poussa le magazine Time à se demander, à la une, si Google peut résoudre la mort (Septembre 2013).

Des idées qui essaiment

Les partisans du transhumanisme, appelés aussi « bio-progressistes », sont peu présents en Europe (à l’exception notable de l’Institut pour le Futur de l’Humanité de l’université d’Oxford et de son directeur depuis 2005, Nick Bostrom), mais particulièrement puissants autour du Pacifique (Californie, Chine, Corée du Sud…). En Californie, ces idées ne sont pas perçues comme farfelues ; de grands chercheurs s’impliquent par exemple dans les travaux de l’« Université de la Singularité », institut créé en référence à l’expression popularisée par Ray Kurzweil (voir encadré), pour lequel la singularité sera le seuil au-delà duquel l’intelligence artificielle aura surpassé l’intelligence humaine.

La NASA est par exemple un contributeur important de cette université d’un genre unique. Pour ces personnes, la vie s’apparente à une « nanomachine particulièrement sophistiquée », mais aussi largement manipulable. C’est pourquoi certaines d’entre elles essaient d’ores et déjà de modéliser l’intelligence de l’être humain, son autonomie, sa mémoire, le désir, la douleur, le rêve ou la conscience… Tous ces travaux visent à faire disparaître, à terme, toute opposition entre le naturel et l’artificiel, le vivant et le non-vivant, le conscient et son contraire.

La revendication d’égalité, qui s’appuie sur la logique de « normativité perfectionniste » propre au quantified self (cf. avant-propos d’Antoinette Rouvroy), est un puissant vecteur de justification de ces transgressions biotechnologiques.

La « démocratie radicale » des transhumanistes suppose, en effet, de permettre à chacun de se libérer, grâce à la technologie, de la tyrannie du destin, de la nature (« les incertitudes de la sélection darwinienne », la maladie et le vieillissement) et de sa condition sociale.

LA « RÉVOLUTION NBIC »

Pour cela, les transhumanistes s’appuient sur ce que l’on a pris l’habitude d’appeler la « révolution NBIC », qui est le fruit de la convergence des Nanotechnologies, de la Biologie – en particulier de la génétique -, de l’Informatique et des sciences Cognitives – c’est-à-dire de l’intelligence artificielle et des sciences du cerveau. Les découvertes réalisées dans l’un de ces domaines servent à la recherche dans les autres. Ces quatre disciplines ont été pour la première fois liées entre elles en 2002 dans un vaste programme scientifique doté par le gouvernement des États-Unis de plusieurs milliards de dollars.

C’est ainsi que l’association des nanotechnologies et de la biologie devrait permettre de réparer des organes du corps humain ; que l’augmentation exponentielle des vitesses de calcul informatique et l’intelligence artificielle pourraient conduire à la création de robots plus intelligents que les humains ; que l’association des sciences cognitives à la génétique, aux biotechnologies et aux nanotechnologies vise à mieux comprendre le cerveau, à en développer les capacités, puis à bâtir de nouvelles formes d’intelligence artificielle et de « machine learning ».

En elles-mêmes, les nanotechnologies tiennent déjà leur dimension révolutionnaire de leur capacité à manipuler le vivant. Peu de choses, en effet, distingue une molécule vivante d’une molécule chimique. Le « bricolage du vivant » devrait donc avoir tendance à se banaliser comme le montre le succès de « La paillasse », « laboratoire communautaire pour les biotechnologies citoyennes » en région parisienne, qui a le soutien de la mairie de Paris. Rien n’interdit ainsi de penser que, demain, des nanorobots seront en mesure de circuler dans le corps humain, d’établir des diagnostics et d’agir en présence d’un problème physique. On peut imaginer que se développent, d’ici une dizaine d’années, la transformation du corps grâce à des composantes électroniques, les thérapies et ingénieries cellulaires et tissulaires, grâce notamment à la réécriture du génome, ainsi qu’une nano-médecine préventive personnalisée (cf. partie 01).

Le passage de ces technologies dans la médecine collective ne devrait être qu’une question de quelques décennies. Les maladies les plus graves seront sans doute les premières à être traitées grâce à la reprogrammation génétique. Mais certains transhumanistes ont souhaité prendre de l’avance. Les « body hackers » essaient depuis des années de « s’améliorer » eux-mêmes, en modifiant leur corps pour en augmenter les capacités, ou développer de nouveaux sens.

L’un des plus connus, le professeur de cybernétique Kevin Warwick, se voit comme le premier « cyborg » de l’histoire depuis qu’il s’est greffé des puces dans le corps et que des électrodes, placées dans un bras, sont reliées à son système nerveux et à un ordinateur. Il peut ainsi commander par la pensée un ordinateur ou une main robotisée. De son côté, Amal Graafstra, auteur du livre RFID Toys (2006), s’est fait implanter une puce RFID dans chaque main pour démarrer sa moto, ouvrir son coffre-fort ou s’authentifier plus facilement lorsqu’il rentre chez lui. Une autre « body hacker » s’est fait greffer une caméra à l’arrière du crâne pour filmer tout ce qui se passait derrière elle. Les transhumanistes rêvent ainsi que l’human enhancement de demain, c’est-à-dire l’homme augmenté ou amélioré, puisse bénéficier d’une amélioration de ses caractéristiques physiques (vitesse, résistance…), de ses capacités cognitives (mémoire, capacités de calcul…), de sa vie affective (émotions, motivation…), de sa résistance aux maladies ou, bien sûr, d’une durée de vie plus longue… La course à la création d’hybrides semble ainsi être lancée. Après l’homme-machine, pourquoi pas un homme-animal ?

Transhumanisme ou posthumanisme ?

En réalité, ne serait-il pas préférable de parler de posthumanisme ? La plupart des opposants à ce courant de pensée (certains parlent de « bio-conservateurs ! »), tel le professeur de philosophie des technologies d’information et de communication Jean-Michel Besnier, déplorent qu’il n’engage aucune réflexion existentialiste sur la nature de l’humanité ; « Ce que veut le transhumanisme, ce n’est pas parfaire l’humanité, mais nous arracher à l’humanité. Faire de nous des êtres qui ne naîtront plus mais qui seront fabriqués, lisser la vie psychique, ne plus vieillir grâce au téléchargement de la conscience, éradiquer la souffrance et donc le plaisir. Le désir même, alors que c’est le moteur de l’humanité… Arrêtons de dire que c’est au service de l’humanité, alors que ce n’est que pour la détruire ».

D’autres critiques, à l’image de Marc Roux, le président de l’association transhumaniste française «  Technoprog  !  », mettent l’accent sur les risques sociaux et démocratiques attachés à certaines formes de transhumanisme. Ils craignent la naissance d’une humanité à deux vitesses ; « L’un des risques, c’est qu’une oligarchie s’accapare cette technologie et que nous tombions dans une sorte de dictature ».

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How do atheists explain how the world was created – Dan Holliday

A wonderful (layman) description of the cosmogony without any religion involved. As someone said “read this with Carl Sagan voice in your head”. The text also successfully managed to capture the brevity of man in the history of the universe. 622 signs out of 195,000.

Majestic.


Several billion years ago, a molecular cloud – a nebula – of almost pure hydrogen (in the general area where our star was to be) sat, relatively motionless. It did not contain sufficient gravitational mass to coalesce and even if it did, it would merely be a star system with some gaseous planets. No heavier elements existed within the nebula to allow rocky, silicon, carbon, iron planets to form.

Several light years away, existed a super-massive star. Probably many hundreds, if not thousands of times our current star’s mass. It was one of the fore-mothers of our section of the galaxy. She probably only lived a few million years, as she – being a super giant – burned through her fuel at a hyper-rapid pace. This was around 4.6 billion years ago and her life came to an abrupt and fortunate end. So large was she, that her collapse was to form the largest type of explosion in the universe – second only to the Big Bang.

That explosion is called a supernova and it caused a shock wave of heavier elements (formed during its collapse) to blast out towards our stellar nursery consisting of simple hydrogen atoms. That shock wave caused the nebula to compress just enough for its very weak gravity to begin to have an affect on all the matter within the cloud. Included in that blast were the rare elements that made our existence possible: carbon, nitrogen, oxygen, iron, nickel, silicon, calcium and dozens more. The guts of that super giant, cast out during the death of our grandmother star, have been recycled into the bodies of every living creature that ever existed on the Earth.

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Cryptomonnaies : l’argent autrement… et plus loin

La séance sera consacrée aux cryptomonnaies, et notamment à Bitcoin (la plus capitalisée) et Monero, (la petite dernière qui capitalise… le meilleur de la réflexion sur les cryptomonnaies).

Nous aurons l’honneur de recevoir David LATAPIE. Gascon et Parisien, David LATAPIE travaille depuis 2014 dans le domaine des cryptomonnaies. Géographe et informaticien de formation, il est membre du comité directeur de Monero, une cryptomonnaie respectant la vie privée et la neutralité du net. Il se concentre plus particulièrement sur la promotion des cryptomonnaies et l’étude des impacts sociétaux de celles-ci sur le monde de demain.

Les cryptomonnaies sont des processus logiciels communautaires permettant grâce au cryptage d’échanger de façon sécurisée et virtuelle des unités de comptes. Elles sont donc techniquement utilisables comme monnaie par des communautés humaines les adoptant à cette fin. La valeur d’échange d’une unité de compte d’une cryptomonnaie se développe au fur et à mesure qu’une communauté importante adopte cette cryptomonnaie et l’utilise pour des échanges de plus en plus en plus importants.

Selon David LATAPIE les cryptomonnaies sont une affaire non seulement sérieuse, mais également salutaire. Il nous narrera la genèse des cryptomonnaies, leur utilité et la motivation de leurs créateurs et de leur adopteurs précoces. Il décrira leur fonctionnement général, leurs avantages et leurs inconvénients, ainsi que les mesures palliatives à ces inconvénients. Il fera un rapide tour d’horizon en détaillant la plus connue t la plus capitalisée, Bitcoin. Il présentera également les applications non-financières, en terme de réduction des coûts, d’automatisation des tâches juridiques et d’internet des objets. Enfin il détaillera Monero, une nouvelle cryptomonnaie sur laquelle il travaille afin de neutraliser les défauts des cryptomonnaies précédentes et notamment Bitcoin. David LATAPIE accorde une grande importance à cette démarche pour que les hommes libres restent maîtres de leur destin.

Qu’est-ce qu’une monnaie ? Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie ? Pourquoi introduire Monero ? C’est autour de ces questions que nous vous proposons de débattre le lundi 16 mars à 20h00 au café le Coup d’Etat, 164, rue Saint Honoré, 75001 Paris (M° Palais Royal) !

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Facing overpopulation

One problem: overpopulation. Three solutions: war, environmentalism, space exploration.

Problem

Overpopulation: economy rests on the postulate of an “empty world” (no food here, walk a bit further to get it). Since the discovery of Australia and the oil crisis of 1973, we live in “fully-filled world” (“monde plein”, Georges Duby) and we are not used to deal with that.

Solutions

  • War: evil and innefficient (only postpone the inevitable by temporarily releasing the demographic pressure).
  • Environmentalism: most desirable (eco-economic_decoupling, sustainable long term).
  • Space exploration: most probable, because of the principle of least energy (common to all living organisms, whether carbon-based, digital…): perpetuating old habits (looking for an empty world) costs less than changing them (being able to live with what we have). Said otherwise: at least in the short-term, business-as-usual is the cheapest option and so the one that will probably be preferred.

I predict that the future will be a mix of the three solutions, with space exploration having the lion’s share.

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On passwords

I historically preferred to avoid a software for password (what I call “dedicated software”), because you constantly run into situations like “no access to your machine”, “no battery on the phone”, “what if no internet”, “inconvenient”, “place your data in the hand of a party that can go bust”, etc.

But I’m starting to considering it.

My present password strategy, which I call “pattern-based”, is this: use a high entropy password (estimated 98 bit on http://rumkin.com/tools/password/passchk.php) with a part that is always the same (the high entropy part) and a part that can hinted by contextual information (and has low entropy). For instance, “!?.op.” plus the three last letters of the domain name (excluding the TLD).

I see three problems here:

  1. First, password-reuse. There is still a pattern. If I happen to enter my password on a site that gets hacked or is just malicious, the pattern can be identified. Of course, chances are low that the hacker bothers when he has so much other simpler password at its disposal.
  2. Second, no change of password. It is nigh impossible to periodically cycle through all the websites to change the password (a database would make it less difficult because I would not have to remember all the websites but it would still be very tedious, to the point it would simply not be done). And if I don’t spend days changing the password on all the websites in a row, I would then have to remember three or four different patterns.
  3. Exception handling. You will always find a website that doesn’t allow one of your character (same issue with the space in passphrases) or places an upper limit in characters (particularly annoying for passphrases). Those exceptions must be handled by hand. On the opposite, with dedicated software, there is basically no exception, since there is no rule.

As you can see, both approaches (pattern-based and dedicated software) have their limits.
A friend in IT security gave me this answer:

passwordsafe by Bruce Schneier is open source. Some features: hierarchical encrypted storage, password never displayed visibly, protected from dictionary attach, no disk swapping, encrypted in memory and more.
I have hundreds of passwords, all distinct, all unguessable and I don’t know any of them.

I’ll give it a try.

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