Bye, bye Disqus, bonjour Google+ Comments

Je viens de rem­pla­cer Dis­qus par Google+comments sur ce blog (article source). Dis­qus est plus puis­sant, mais mes com­men­taires sont moins cen­tra­li­sés qu’avec Disqus.

Du coup, mon Word­Press reprend de l’intérêt, même si j’ai tou­jours l’impression que, côté reve­nus et visi­bi­lité, mon blog Blog­ger reste devant. Dur, dur de choi­sir. Word­Press est plus puis­sant mais moins visible (et les deux importent pour moi).

Merci de lais­ser un com­men­taire pour que je vois ce que ça donne.

CSS Multiple columns dashed list

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Le lait est-il dangereux pour la santé ?

Le lait est-il dan­ge­reux pour la santé ? Je pense de plus en plus que oui, le lait est dan­ge­reux pour la santé.

(pré­ci­sion : j’utilise lait comme rac­cour­cis pour pro­duits lai­tiers — le lait, mais aussi le fro­mage, la crème fraiche…)

Voici mes arguments :

Accusé, levez-vous

Pas de fumée sans feu

Il n’y a pas de fumée sans feu (même s’il ne faut pas se trom­per de feu) et l’épreuve du temps, ça compte. Beau­coup de gens parlent des méfaits du lait, le fond depuis long­temps, et sont plus nom­breuses chaque jour. Enfin, leurs dis­cours, hor­mis quelques exci­tés, sont géné­ra­le­ment argu­men­tés. J’ai une assez bonne connais­sance des méca­nismes des signaux faibles/précurseurs (dans tous les domaines) pour ça me fasse réfléchir.

Le lobby du lait : 100 mil­liards de dollars

Les anti-lait n’ont pas de rai­son par­ti­cu­lière de men­tir (sauf les végé­ta­liens, peu nom­breux), contrai­re­ment aux pro-lait avec le lobby du lait. Celui-ci est puis­sant. Rien qu’en France, c’est :

  • 24 mil­liards d’euros de chiffre d’affaire
  • 65 000 salariés
  • 23 mil­liards de litres de lait de vache par an
  • 3,9 mil­lions de vaches lai­tières (avec tous les ser­vices annexes à une vache qu’on ima­gine : vété­ri­naire, four­rage, loge­ment…), sur­tout loca­lisé en Bretagne
  • Second plus grand pro­duc­teur de lait en Europe (le pre­mier étant l’Allemagne)

(source : Le Monde, 2009)

C’est aussi 4 fédé­ra­tions (FNPL, OPL, FNCL, FNIL) et 6 syn­di­cats (SFPP, SIGF, SYNDIFRAIS, SYNDILAIT, SYNDIFONTE, SPPAIL).

Au niveau mon­dial, les 14 pre­mières entre­prises tota­li­saient en 2007 presque 100 mil­liards de dol­lars de vente (source Les Echos, 2007). En 2011, c’était 24 mil­lions de tonnes de lait de vache qui étaient pro­duits en France (source : FAO)

Production française de lait en 2011 (FAO)

Une telle puis­sance per­met bien sûr de « sen­si­bi­li­ser » les méde­cins, les poli­tiques et les médias. Je ne dis pas que c’est le cas, je dis que c’est possible.

Bref, il y a de l’argent der­rière. Nul besoin d’être conspi­ra­tion­niste pour com­prendre que les inté­rêts en jeu peuvent être une menace pour l’objectivité. Et que ces inté­rêts ne vont guère que dans un seul sens (il n’y a guère de pres­sion uni­fiée contre le lait — les sec­teurs qui pro­fi­te­raient du recul du lait ne sont pas unifiés).

Et si le « bon sens » n’est pas une don­née rece­vable pour vous (ce que je com­prends tout à fait), ceci pourra vous intéresser :

[Sur 206 articles scien­ti­fiques] Lorsqu’une étude est finan­cée par l’industrie, les chances de voir sa conclu­sion favo­rable au spon­sor sont 4 à 8 fois plus éle­vées que lorsqu’il n’y a eu aucun finan­ce­ment de l’industrie.

Main­te­nant que nous avons abor­dés les points les moins solides, ceux qui relèvent de l’intuition, du « fee­ling », voire du pro­cès d’intention, pas­sons à des argu­ments plus scientifiques :

Le lait de vache épuise le corps humain

Le lait est conçu pour sti­mu­ler la crois­sance d’un enfant. Donc, ce n’est pas fait pour un adulte. Selon le coach en nutri­tion Erwan Men­theour après 4 ans, il n’y a pas un indi­vidu qui sécrète l’enzyme qui per­met de digé­rer le lait (la lactase).

Dans le cas du lait de vache, l’enfant en ques­tion, c’est le veau. Si vous avez déjà eu l’occasion de tou­cher un veau (faites-le quand sa mère à le dos tourné !), vous consta­te­rez que ses pattes sont très mas­sives et qu’il a des os très gros, bien plus gros que ceux d’un humain adulte. Certes, un veau boira plus de lait qu’un humain (s’il peut boire à volonté, il ira jusqu’à 10 litres par jour), mais l’humain mange autre chose (et dans le cas d’un enfant, il est aussi plus léger qu’un veau).

Bref, le lait de vache est fait pour pro­duire de l’os. Beau­coup d’os. En fait, trop d’os pour un corps humain. Consé­quence : les ostéo­blastes (cel­lules qui pro­duisent de l’os) s’épuisent au bout d’un cer­tain temps. Ce qui explique les ostéoporoses.

Vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole (en fait, je vous encou­rage même à ne pas me croire et à uti­li­ser mes pistes pour véri­fier par vous-même). Je vous invite à médi­ter ceci : les pre­mières traces fos­siles d’ostéoporose coïn­cident en temps et lieu avec la domes­ti­ca­tion de la vache.

Ainsi, mal­gré l’absence totale de lai­tages dans son ali­men­ta­tion, l’espèce humaine a joui d’une excel­lente santé osseuse jusqu’à la fin du paléo­li­thique supé­rieur. Les pre­miers signes de stress et de mala­dies des os, qu’il s’agisse du rachi­tisme, de l’ostéomalacie ou de l’ostéoporose sont rele­vés au néo­li­thique, dans les popu­la­tions qui se livrent à l’agriculture et l’élevage (48. Eaton B : Paleo­li­thic life­style and bone. IOF World Congress, Toronto (Canada), 4 juin 2006.).

Ceci conti­nue aujourd’hui. L’organisation mon­diale de la santé parle de « para­doxe du cal­cium » pour décrire le fait que les popu­la­tions qui consomment le plus de lait de vache et d’autres lai­tages connaissent des taux d’ostéoporose et de frac­tures du col du fémur parmi les plus éle­vés au monde ; le contre-argument de l’industrie lai­tière arguant de diver­si­tés géné­tique est lui-même battu en brèche.

Les autres sont-ils en moins bonne santé ?

Selon le coach sus­men­tionné, 75 % de la popu­la­tion mon­diale est aller­gique au lait. Sommes-nous en meilleure santé qu’eux (tout autres choses étant égales par ailleurs) ?

Ques­tion : est-ce que ceci est vrai de tous les laits ou uni­que­ment du lait de vache ?

Per­son­nel­le­ment, ça fait plu­sieurs dizaines d’années que j’ai un rituel immuable : un bol de « cho­co­lat au lait » (du cacao en poudre avec du lait de vache) et des céréales le matin. Je sens qu’il ne me sera pas facile d’en chan­ger. Qu’est-ce que vous pré­co­ni­sez comme rem­pla­ce­ment, sachant que le petit déjeu­ner est le repas le plus impor­tant de la journée ?

Et quoi d’autre ?

Voici à quoi les pro­duits lai­tiers expo­se­raient (source : congrès 2006 de la fon­da­tion inter­na­tio­nale d’ostéoporose) :

  • consom­ma­tion de graisses satu­rées chez l’enfant ;
  • consom­ma­tion de graisses insa­tu­rées chez l’enfant ;
  • consom­ma­tion de sucres chez l’enfant ;
  • favo­rise l’acné d’adolescence (soupçonné) ;
  • risque accru de :
    • can­cers agres­sifs de la prostate,
    • can­cer du pou­mon (beurre),
    • can­cer colo­rec­tal (graisses d’origine animale),
    • mala­die de Parkinson
    • lym­phome non-hodgkinien.

La parole est à la défense

Y a-t-il quand même des effets béné­fiques au lait ? Probablement.

Déjà, il n’y a pas que le lait de vache ; le lait d’autres ani­maux (par­ti­cu­liè­re­ment la bre­bis et la chèvre) sont moins dan­ge­reux – mais je ne peux en dire davan­tage, je n’ai pas assez enquêté.

Ensuite, le lait de vache sous forme liquide (du lait, quoi) pour­rais pro­té­ger contre le can­cer du côlon. Cepen­dant, sous forme solide (fro­mage) il pour­rait au contraire le favoriser.

Conti­nuer, en dépit des don­nées dis­po­nibles, de pré­sen­ter les lai­tages comme des ali­ments incon­tour­nables, qui règle­ront les pro­blèmes de santé osseuse, pré­sente le risque de détour­ner l’attention du public et des pro­fes­sion­nels de santé d’autres moyens de pré­ve­nir les frac­tures, d’ailleurs absents de l’éditorial de Vidail­het et coll., comme l’exercice phy­sique régu­lier, la dimi­nu­tion du sel ali­men­taire, la consom­ma­tion accrue de fruits et légumes, la limi­ta­tion des pro­téines ani­males, le sta­tut en vita­mine D et l’exposition régu­lière et modé­rée au soleil, l’arrêt du tabac.

Où trou­ver du cal­cium en-dehors du lait ?

Source : e-sante.fr.

Par ordre décrois­sant (lait de vache : 113 mg/100 g) :

  • Algue wakamé : 1 300 mg/100 g
  • Sar­dines en boîte : 400 mg/100 g
  • Tofu : 350 mg/100 g
  • Per­sil : 250 mg/100 g
  • Amandes : 250 mg/100 g
  • Cres­son : 210 mg/100 g
  • Epi­nards : 168 mg/100 g
  • Farine de soja : 154 mg/100 g
  • Cho­co­lat : 105 mg/100 g
  • Bro­co­lis : 76 mg/100 g
  • Figues sèches : 64 mg/100 g
  • Hari­cots verts : 60 mg/100 g
  • Hari­cots blancs cuits : 60 mg/100 g
  • Orange : 52 mg/100 g
  • Viandes et pois­sons : 10 à 40 mg/100 g

Et pour les autres lai­tages et l’eau :

  • Par­me­san : 1 200 mg/100 g
  • Lait de chèvre : 325 mg/100 g
  • Chèvre sec : 200 mg/100 g
  • Hépar : 555 mg/l
  • Cour­mayeur : 553 mg/l
  • Contrex : 550 mg/l

Conclu­sion

Peu de lai­tage (deux por­tions max par jour) ou pas du tout. En tout cas, pas les quatre por­tions par jours recommandées.

Reste à savoir ce qu’est une « por­tion ». Est-ce que mon bol quo­ti­dien de lait au petit déjeu­ner compte pour deux por­tions, pour trois, pour quatre… ?

Voici ce qu’en disent Extenso, le site de santé de l’université de Mont­réal (Qu’est-ce qu’une por­tion ?) et Santé Canada (À quoi cor­res­pond une por­tion du Guide ali­men­taire?) :

  • Légumes et fruits (carotte, patate douce, bro­coli, chou-fleur, tomates, lai­tue, pommes, oranges, poires, mangues, rai­sins, kiwi, etc.) : la gros­seur de votre poing
  • Pro­duits céréa­liers (pain, bagel, muf­fin anglais, tor­tilla, pain pita, pâte, riz, cous­cous, bulg­hur, orge, céréales à déjeu­ner, muf­fins mai­son, cra­que­lins, etc.) : la gros­seur de votre poing
  • Lait et sub­sti­tuts (lait, fro­mages, bois­son de soja enri­chie) : deux fois la gros­seur de votre poing ou une tasse. Pour le yaourt, trois quart de tasse
  • Fro­mage : 2 doigts en V (index et majeur)
  • Viandes et sub­sti­tuts (bœuf, porc, veau, agneau, pou­let, pois­son, œufs, tofu, légu­mi­neuses, noix et graines, etc.) : la paume de votre main (et en épaisseur ?)

Donc pour résumer :

  • Fruits, légumes et céréales : une gros­seur de poing
  • Lai­tages : deux gros­seurs de poing (sauf yaourt et fro­mage, plus compliqué)
  • Viandes et sub­sti­tuts : une paume de main (mais épais­seur inconnue)

Arnaud Bou­dou a apporté un contre-argumentaire inté­res­sant sur Google+:

Donc, il y a un truc qui me gène dans ton billet :

On a d’un côté Selon le coach en nutri­tion Erwan Men­theour après 4 ans, il n’y a pas un indi­vidu qui sécrète l’enzyme qui per­met de digé­rer le lait, suivi plus loin de Selon le coach sus­men­tionné, 75 % de la popu­la­tion mon­diale est aller­gique au lait.

Donc il fau­drait savoir : ou bien per­sonne ne peux digé­rer le lait, ou bien 25% le peuvent (et 1/4 de la popu­la­tion, ce n’est pas mal).

Et d’ailleurs, ce qu’il appelle aller­gie, c’est plus l’impossibilité à l’âge adulte de sécré­ter la lac­tase, et qui de plus n’est pas répar­tie de manière uni­forme dans la popu­la­tion. Jette un œil ici : Into­lé­rance au lac­tose, tu ver­ras que pour les popu­la­tions d’origine euro­péenne, la norme est plu­tôt la tolé­rance au lactose.

Bref, il faut plu­tôt voir la tolé­rance au lac­tose comme une évo­lu­tion qui a été béné­fique dans le passé (je ne me pro­nonce pas pour l’époque actuelle) : pos­si­bi­lité de digé­rer le lait = apports sup­plé­men­taires en nour­ri­ture = chances accrues de sur­vie. Qu’une muta­tion géné­tique ai un côté posi­tif qui soient supé­rieurs ses éven­tuels effets néga­tif ne me choque pas plus que ça. Fait le paral­lèle avec le taux d’incidence de la dré­pa­no­cy­tose (mala­die géné­tique) avec celle de la mala­ria (mala­die para­si­taire). Tu ver­ras que ce qui est de manière glo­bale une évo­lu­tion néga­tive est dans ce cas par­ti­cu­lier une évo­lu­tion positive.

Sinon, autre point relevé : Les pre­miers signes de stress et de mala­dies des os, qu’il s’agisse du rachi­tisme, de l’ostéomalacie ou de l’ostéoporose sont rele­vés au néo­li­thique, dans les popu­la­tions qui se livrent à l’agriculture et l’élevage. Est-on sûr que l’un est la cause de l’autre (cor­ré­la­tion n’implique pas cau­sa­lité). Cette aug­men­ta­tion consta­tée pour­rait avoir plu­sieurs autres causes :

  • L’agriculture et l’élevage ont entrai­nés une explo­sion de la popu­la­tion humaine par l’apport plus impor­tant et plus sécu­risé de nour­ri­ture. On a donc plus d’ossements à obser­ver qu’avec des popu­la­tions de chas­seurs / cueilleurs, donc poten­tiel­le­ment plus de chances d’observer les effets men­tion­nés précédemment.
  • Cet apport de nour­ri­ture a donc aussi per­mis d’augmenter l’espérance de vie. Plus la per­sonne vit vieille, plus elle a de chances de souf­frir d’ostéoporose (on parle quand même d’une mala­die qui touche prin­ci­pa­le­ment les per­sonnes âgées).

Après, qu’un excès d’un ali­ment (quel qu’il soit) soit nui­sible, je suis tout à fait d’accord avec. Mais de là à dire que par lui même le lait est nocif, c’est un pas que je ne fran­chi­rai pas.

DCRI vs Wikipedia : un choc de cultures

Contexte : le « DCRIgate »

Le 4 avril 2013, la DCRI (le contre-espionnage fran­çais), a demandé à la Fon­da­tion Wiki­me­dia (Wiki­pe­dia, Wik­tio­nary, Wiki­com­mons, Media­Wiki…) de reti­rer un article dont le contenu cir­con­ve­nait à la sécu­rité natio­nale. Très vite, l’affaire a échappé à la DCRI comme le montre reflets.info. Résul­tat : l’opération fut contre-productive pour les ren­sei­gne­ments fran­çais et est même deve­nue poli­tique, puisque l’affaire a été relayée au niveau inter­na­tio­nal (le double effet Kiss­Kool Strei­sand et Slashdot).

La Fon­da­tion Wiki­me­dia […] a refusé la demande de sup­pres­sion au motif que la demande de la DCRI n’était pas jus­ti­fiée [lire la défense de Wiki­me­dia en fran­çais et l’originale en anglais ; vous ver­rez que les argu­ments de Wiki­me­dia font sens]. C’est suite à ce refus que la DCRI aurait alors jeté son dévolu sur Rémi Mathis qui jouis­sait alors de droits admi­nis­tra­teur. Comme l’explique la fon­da­tion sur son blog, des pres­sions ont très pro­ba­ble­ment été exer­cées sur Rémi Mathis qui s’est vu retiré ses droits admi­nis­tra­teur. Comme l’expliquent les dis­cus­sions à pro­pos de cette page, les droits lui ont été reti­rés pour le pro­té­ger des pres­sions de la DCRI.

Pire, 3 des admi­nis­tra­teurs fran­çais ayant des res­pon­sa­bi­li­tés à Wiki­me­dia France ont aban­donné leurs pri­vi­lèges sur le site pour évi­ter d’avoir à subir les mêmes pres­sions que Rémi Mathis… merci la DCRI, ceci est une pre­mière mon­diale et c’est en France que ça se passe !

Dépas­sion­nons le débat

Je ne ren­tre­rais pas dans le débat de savoir s’il est nor­mal que les ser­vices de sécu­rité d’un État puissent cen­su­rer une infor­ma­tion. C’est une vaste ques­tion, émi­nem­ment poli­tique, et les deux par­tis (oui, les deux) ont de très bons argu­ments à faire valoir. Je vais juste me concen­trer sur l’aspect effi­ca­cité.

Je suis pour ma part très content que cette affaire appa­raisse. En effet, elle a le mérite d’amener la ques­tion sur la place publique, avec à terme une meilleure ins­crip­tion des ser­vices de ren­sei­gne­ments dans le « sixième conti­nent » qu’est le web. Rappelez-vous, je ne parle pas légi­ti­mité, je parle effi­ca­cité.

Un choc de cultures

En effet, cette affaire démontre sur­tout un conflit de culture :

  • une culture de l’autorité (mana­ge­ment direc­tif) typique et com­pré­hen­sible (même si dom­ma­geable) de la part de ser­vices de renseignements
  • une culture de la par­ti­ci­pa­tion (mana­ge­ment col­la­bo­ra­tif) des ser­vices web phi­lan­thro­piques comme Wikimedia.

Prag­ma­tisme et efficacité

Plu­tôt que de voir un gen­til et un méchant (débat sté­rile, puisque cha­cun cam­pera sur ses posi­tions et que, si l’un des deux doit céder, ce sera dans la frus­tra­tion et l’amertume), je pré­fère voir une néces­sité de mieux com­mu­ni­quer.

La DCRI gagne­rait beau­coup à écou­ter les remarques des per­sonnes avec qui elle inter­agit, tant en per­ti­nence d’action qu’en réac­ti­vité (l’image de marque, la DCRI s’‘en fiche et c’est bien nor­mal, même si ça peut rejaillir sur les poli­tiques qui décident indi­rec­te­ment du bud­get de la DCRI). Je suis convaincu que Wiki­me­dia est tout à fait prête à obtem­pé­rer promp­te­ment à une fuite détec­tée par la DCRI du moment que c’est jus­ti­fié — et là, la plainte de la DCRI ne l’est mani­fes­te­ment pas.

Le web est trop puis­sant pour être écrasé comme un mous­tique ; il importe de le consi­dé­rer comme un égal, ce qui n’est pas dans la culture des ser­vices secrets. Encore une fois, ce n’est pas une ques­tion d’ego ou de légi­ti­mité, mais de prag­ma­tisme et d’efficacité.

Bref, à l’heure où le web est un acteur majeur de la vie de la polis, il importe que la DCRI (ou la DGSE, ou d’autres) effec­tue un aggior­na­mento en regard d’Internet. Elle y gagne­rait en effi­ca­cité. Et c’est bien ce qui compte.

Merci à Yann André pour m’avoir informé de l’affaire.

Surdoué : la parabole du guépard

Le sur­doué est comme un gué­pard ; il peut le plus, mais pas le moins ; il est mino­ri­taire, incom­pris voire rejeté.

Ci-dessous des mor­ceaux choi­sis, avec mes remarques.

Texte ori­gi­nal : Is it a chee­tah?, Ste­pha­nie S. Tolan. Tra­duc­tion : Est-ce un gué­pard ?, Alexan­dra Zebrounet

A l’image de Je suis neuro-droitier, si ce texte vous parle, ou parle à votre enfant, contactez-moi (en com­men­taire ou par le for­mu­laire de contact), je peux vous don­ner des pistes si vous en cherchez.

Quand un gué­pard court à 110 km/h, ce n’est pas un exploit ! Même s’il fait ce qu’aucun autre félin ne peut faire, c’est tout à fait nor­mal, pour un guépard…

Cet exemple montre bien une des rai­sons du com­plexe d’infériorité des sur­doués. Pour lui, il n’a rien fait d’extraordinaire. De plus, contrai­re­ment à un gué­pard qui sait faire la dif­fé­rence entre un lion et un gué­pard, le sur­doué ne sait pas que la per­sonne en face n’est pas un sur­doué. Il ne com­prend pas pour­quoi on le féli­cite, il peut même s’en trou­ver emba­rassé. Au mieux, ça appa­rait comme de la fausse modes­tie. Au pire comme soit de l’arrogance, soit comme un malaise pour celui qui féli­cite, les ques­tions du sur­doué par rap­port aux féli­ci­ta­tions qu’il reçoit ne fai­sant que creu­ser l’écart dans l’esprit de l’autre.


Bien que sa concep­tion phy­sique réponde à ses besoins uti­li­taires, celle-ci crée éga­le­ment un besoin interne ins­tinc­tif. Le gué­pard a un réel besoin de courir !

Je confirme. Sans sti­mu­la­tion intel­lec­tuelle, je dépéris.


En plus de cela, il est plus motivé pour cou­rir à ses limites extrêmes lorsqu’il a faim et qu’il a des anti­lopes à poursuivre.

Les sur­doués font sou­vent tout au der­nier moment. Accro au shot d’adrénaline de l’urgence ? Je ne sais

Pour les lions, les tigres, les léo­pards ou n’importe lequel des autres grands félins, les carac­té­ris­tiques bio­lo­giques du gué­pard semble-raient être des dif­for­mi­tés. Loin d’être le meilleur félin, le gué­pard sem­ble­rait être à peine un petit chat.

So true. Moi, sur­doué ? Je n’arrive même pas à faire le moins (et les autres le voient bien), com­ment pourrais-je faire le plus ?

Étant donné la ten­dance du gué­pard à l’activité, les félins qui passent la plu­part de leur temps à dor­mir au soleil pour­raient le consi­dé­rer comme étant un hyperactif.

Étran­ge­ment, je n’ai jamais posé la ques­tion à d’autres sur­doués, mais en tout cas, autour de moi, tous mes amis non sur­doués ne cessent de me le répé­ter : tu fais énor­mé­ment de choses.


Cepen­dant, les écoles sont aux enfants sur­doués ce que sont les zoos aux gué­pards. Beau­coup d’écoles ne four­nissent qu’une cage de 3 mètres sur 4, ne don­nant aucun espace pour leurs cer­veaux hors du com­mun, pour qu’ils puissent prendre de l’essor. Beau­coup d’enfants sur­doués sont assis dans la salle de classe comme les grands félins sont assis dans leurs cages, les yeux mornes d’ennui & silen­cieux. Cer­tains sont inca­pables de résis­ter à une forte envie inté­rieure, bien qu’ils ne puissent pas l’exercer, & ils arpentent les cages, grondent & réagissent vio­lem­ment envers leurs gar­diens ou se jettent contre les bar­reaux jusqu’à ce qu’ils se blessent.

Atten­tion cepen­dant : ce n’est pas parce qu’un enfant est cha­hu­teur qu’il est for­cé­ment sur­doué. De même, un enfant sur­doué n’est pas for­cé­ment cha­hu­teur (moi, par exemple, je le l’étais pas).


Un zoo, quelle que soit la place qu’il offre à ses gué­pards, & qui ne les nour­rit pas avec des anti­lopes, ne leur donne pas le choix, soit de cou­rir à pleine vitesse soit de souf­frir de la faim. De la même façon les écoles offrent trop peu de com­pé­ti­tion pour le déve­lop­pe­ment de ces cer­veaux extra­or­di­naires. Même un pro­gramme bien conçu ne peut offrir que l’équivalent intel­lec­tuel de lapins cou­rants à 30 km/h (par­fois éti­que­tant même de « sous per­for­mants » les enfants soup­çon­nés d’être sur­doués, parce qu’ils ne vont pas à toute vitesse pour attra­per ces lapins !). Sans pro­grammes adap­tés, les écoles offrent l’équivalent sco­laire de la nour­ri­ture de zoos, une ali­men­ta­tion qui ne demande abso­lu­ment aucun effort. Cer­tains enfants refusent com­plè­te­ment une telle nour­ri­ture morte, non variée & si peu intéressante.


Dans cer­taines écoles on demande à des enfants sur­doués de faire, ce qu’ils n’ont jamais été conçus pour faire (comme si on deman­dait à des gué­pards d’ouvrir un gnou en déchi­rant sa peau avec ses griffes, puisque après tout, les lions peuvent bien le faire !), tan­dis que les carac­té­ris­tiques qui révèlent visi­ble­ment une capa­cité men­tale peu com­mune, comme l’intensité, la pas­sion, la haute éner­gie, l’indépendance, le rai­son­ne­ment moral, la curio­sité, l’humour, des inté­rêts hors normes, l’insistance sur la vérité & l’exactitude sont consi­dé­rés, comme des pro­blèmes à régler plus tard.

Gérer sa déception dans un groupe

Inté­grer la contrainte, rela­ti­vi­ser et pen­ser pro­ces­sus (com­ment la faute ?).

C’est dingue comme presque tout le monde me déçoit.

Dixit un excellent col­la­bo­ra­teur sur un pro­jet où quasi tout le monde pro­met mais ne fait pas (ou moins qu’on croyait).

Ça ne vous rap­pelle rien ? Mais si, cela vous est pro­ba­ble­ment arrivé.

Quand quelqu’un arrive à ce stade, il y a de fortes chances qu’il décide de quit­ter le groupe. Il sera alors par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile de le faire chn­ger d’avis, parce que que jus­te­ment, son départ est ample­ment motivé. Donc, per­sonne déçue : dan­ger !

Deux manières de sur­mon­ter l’épreuve de la décep­tion : le départ et l’intégration des contraintes.

Le départ, ou stra­té­gie de l’éloignement

Simple mais frus­trant (on en vou­dra long­temps au groupe). Envoyer tout le monde bou­ler et quit­ter le groupe.

Ramas­sis d’incapables, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Ne riez pas ; c’est très ten­tant, c’est tel­le­ment plus simple. C’est très effi­cace sur le court terme et quand on connait la pro­pen­sion de la psy­cho­lo­gie humaine à pri­vi­lé­gier le court-terme, ça explique pour c’est ten­tant. Sur le long terme, en revanche, c’et moins évident (mais ça peut marcher).

Inté­grer la contrainte

Plus com­pli­qué, mais plus gra­ti­fiant à terme. Cette solu­tion est plus construc­tive et moins émo­tion­nel­le­ment pre­nante mais aussi autre­ment plus dif­fi­cile. Inté­grer la contrainte, c’est recon­naître qu’on a sur­es­timé la per­sonne ou sous-estimé l’ampleur du pro­jet et aussi déci­der de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Inté­grer la contrainte passe sou­vent par dépas­sion­ner le débat

Et, sur­tout, évi­ter d’associer le col­lègue de tra­vail et l’être humain (y com­pris soi-même). X est très bien, mais pas contre, je ne tra­vaille plus avec lui sur ça et ça, car, mal­gré ce qu’il dit (et où je le crois sin­cère), ça ne passe pas.

Com­ment la faute ?

Corol­laire : ne pas se deman­der à qui la faute mais com­ment la faute. Pas qui a pêché ? Mais quel est le pro­ces­sus qui a été mal pensé et à per­mis à ceci d’advenir ? À qui la faute indique un bouc-émissaire, une per­sonne sur qui cra­cher son venin, c’est du mau­vais karma.

Vous me voyez peut-être venir : assu­rance qua­lité, ISO 9000/20000, CMMI… Oui, pen­ser pro­ces­sus est normé et c’est même un gage de meilleure pro­duc­ti­vité. Et de moindre frus­tra­tion. Mais déve­lop­per dépas­se­rai le cadre de cet article. L’important, ici, c’est de se rap­pe­ler de ceci : si ça ne marche pas, cher­chez dans les pro­ces­sus, pas dans les hommes. C’est plus sou­vent les pro­ces­sus, les méthodes, que les hommes qui sont en tord (mais je suis un huma­niste aussi :) ) Et pen­ser pro­ces­sus, quand vous êtes aux com­mandes (d’une entre­prise, d’une ini­tia­tive, d’une soi­rée, d’un prjet…), c’est aussi ce regar­der dans un miroir : c’est bien beau de blâ­mer l’autre, mais com­ment ais-je moi pu lais­ser la situa­tion se dégra­der à ce point ?

Atten­tion, Com­ment la faute peut mener à l’indolence et à la déres­pon­sa­bi­li­sa­tion (c’est pas moi, c’est le sys­tème). Mais même avec ce risque, inté­grer la contrainte me parait pré­fé­rable à l’éloignement. Ce n’est pas un obs­tacle, une frus­tra­tion, une décep­tion ; c’est une contrainte. On parle tou­jours de la même chose, mais lui mettre un mot dif­fé­rent, ça aide à le voir comme dépas­sable mais aussi à s’en déta­cher, à « gar­der la tête froide ».

Pour résu­mer : ne soyez pas déçu par des gens, soyez déçu par des méthodes. Ne res­tez pas buté sur l’obstacle, inté­grez la contrainte. Enfin, soyez lucide sur l’importance des chan­ge­ments que vous pou­vez appor­ter ou deman­der — et s’il le faut, dites non et … par­tez ! Mais vous le fai­rez alors en connais­sance de cause et ça, c’est du nec­tar pour l’accomplissement personnel.

Et vous, qu’en pensez-vous ?


Pour aller plus loin, quelques pistes :

  • Temps, argent, éner­gie émo­tion­nelle. Pas­sez vos inves­tis­se­ments au crible de ces troi cri­tères. On pense sou­vent au x deux pre­miers, plus rare­ment au troi­sième (j’ai des théo­ries sur pour­quoi on l’omet, mais ça m’entrainerai trop loin)
  • La faille du mau­vais ouvrier (aten­tion : faille pour faille logique/sophisme et non fable). A force de s’entendre dire le mau­vais ouvrier à tou­jours de mau­vais outils (c’est pas ma faute, c’est mes outils qui ne conviennent pas), j’en viens à l’excès inverse : si je pense que l’outil n’est pas adapté, alors je me dit que je me cherche une excuse pour ne pas avouer (y com­pris à moi-même) que j’ai été mau­vais. Quand je me fais cette réflexion, j’ai une alerte dans ma tête, la faille logique du mau­vais ouvrier. Désor­mais, quand je mets l’outil en cause, je suis beau­coup plus lucide. Un pro­blème avec un outil dénote un pro­blème. Qui peut certes venir de l’humain, mais il peut aussi venir de l’outil. Et comme dans un blo­cage entre deux per­sonnes, ce n’est pas la faute de l’un ou la faute de l’autre&202f;; c’est la faute des deux. Il s’agit juste de trou­ver la part de cha­cun, alors le pro­blème d’outillage a des causes liés à l’outil, mais aussi des causes liées à mon attente de l’outil et avec le fait que je n’ai pas su les expri­mer aux per­sonnes qui pou­vaient m’aider à les résoudre.

La cita­tion à-peu-près-dans-le-sujet du jour : Pro­per Pre­pa­ra­tion Pre­vents Poor Performance

Le temps de cerveau disponible — commentaire du documentaire

L’homme est un être trans­gres­sif. Ce qui fait que l’homme évo­lue, que les socié­tés ont évo­lué, c’est qu’il y a des trans­gres­seurs. Sans trans­gres­sion, il n’y a pas d’humanité. L’humanité est trans­gres­sive. En même temps, le rap­port à la trans­gres­sion, c’est comme le rap­port au feu ; c’est-à-dire qu’on a besoin du feu, mais le feu peut nous détruire.

Je viens de vision­ner grâce à Daniel Buteau Le Temps de cer­veau dis­po­nible, docu­men­taire très inté­res­sant sur l’abaissement des tabous à la télé­vi­sion au nom non pas d’un accom­plis­se­ment per­son­nel mais plu­tôt de l’enrichissement pécu­niaire d’une mino­rité au prix d’une des­truc­tion psy­cho­lo­gique du plus grand nombre. Le docu­men­taire entre­mêle images d’archives et dis­ser­ta­tion psy­cho­lo­gique et anthro­po­lo­gique par Ber­nard Stiegler.

L’ensemble du docu­men­taire est sai­sis­sant. J’ai aussi appris quelque choses sur le freu­disme. D’abord, la pul­sion sco­pique : les mam­mi­fères sont inté­res­sés par l’odorat, sauf l’homme qui, en se levant et donc en éloi­gnant le nez du der­rière des femelles, a dés­in­vesti l’odorat au pro­fit de la vue. Ensuite, tou­jours Freud : ce qui fait que l’homme est un homme, c’est qu’il a la capa­cité de trans­for­mer ses pul­sions en désirs. L’homme veut cou­cher avec une femme, il va se marier avec elle (ahem, mais vous voyez l’idée).#qui­des­thoomo.

Selon Stie­gler, la télé-réalité repré­sente un extrême dans la glo­ri­fi­ca­tion des pul­sions (alors que la civi­li­sa­tion est la cana­li­sa­tion de ces pul­sions). Selon lui, on n’est jamais aussi loin (ou des­cendu si bas. Per­son­nel­le­ment, je me méfie de tout ce qui déclare qu’on n’est jamais dans l’histoire allé aussi loin/haut/bas…

J’en pro­fite pour intro­duire une réflexion per­son­nelle. Notre société a-t-elle jamais été aussi tech­no­lo­gique ? Je sais que c’est un peu facile d’opposer tech­no­lo­gie et bes­tia­lité (ani­ma­lité serait une insulte pour les ani­maux), mais n’est-ce pas jus­te­ment ça, un équi­libre dyna­mique ? Peu de déshu­ma­ni­sa­tion par le « haut » (la tech­no­lo­gie, qui est une créa­tion de la civi­li­sa­tion) et peu de déshu­ma­ni­sa­tion par le bas (glo­ri­fi­ca­tion des pul­sions) ; au contraire, beau­coup de déshu­ma­ni­sa­tion par le haut, beau­coup de déshu­ma­ni­sa­tion par le bas pour com­pen­ser ? Ce qui ne m’empêche pas d’être trans­hu­ma­niste, mais pour un trans­hu­ma­nisme choisi, non un trans­hu­ma­nisme subi (oui, je sais, c’est mon delenda Car­tago).

Plus vicieux encore (?), l’analyse des émis­sions de pseudo-survivalisme comme Koh-Lantah comme des pro­mo­tions de la société de consom­ma­tion : en effet, la vie dans la nature y est sys­té­ma­ti­que­ment inconfortable…

Aun final, voici un docu­men­taire très inté­res­sant lors des inter­views de Stie­gler, mais aussi très dur lors des pas­sages télé­vi­suels — mais les deux sont com­plé­men­taires et néces­saires. La gué­ri­son par le dégoût ? Ou bien par la honte ? Parce que moi aussi (moi, David), j’ai regardé ces émis­sions quand j’avais la télé (même si, hon­nê­te­ment, je ne me sou­viens pas avoir regardé une seule fois une seule des émis­sions pré­sen­tées, sauf Le Maillon Faible deux-trois fois et pas plus d’une quin­zaine de minutes). Et au moment où je regar­dais, je pense qu’on aurai (qu’on a ?) pu tout me mon­trer, j’aurais pris.

Jodo­rowsky avait rai­son. Je trou­vais, gamin, le monde de Jodo­rowsky cau­che­mar­desque alors qu’il n’était qu’un reflet à peine exa­géré de ce « vomi ordi­naire » que nous sommes nom­breux à aimer avoir en pâture.

Je suis né en 17 à Lei­dens­tadt. Comme beau­coup d’entre vous. Il est impor­tant de le reconnaître.

Artiste, vous DEVEZ avoir un SIRET

La rumeur veut que les artistes, sur­tout ceux qui ne gagnent pas beau­coup (la majo­rité), n’aient pas besoin d’un SIRET pour fac­tu­rer. Cette croyance est d’autant plus répan­due qu’un artiste n’est géné­ra­le­ment pas une per­sonne très inté­res­sée par le droit, y com­pris celui qui le concerne.

Pire encore, si vous appe­lez la Mai­son des artistes (01 42 25 06 53) pour avoir une pré­ci­sion, on risque de vous dire que vous n’avez pas besoin de SIRET (cas vécu par un col­la­bo­ra­teur de Scrip­ta­rium). Ce qui signi­fie que l’organisme auquel, en tant qu’artiste, vous faites confiance vous induit en erreur. C’est grave. En en plus, vous ris­quez de mettre non seule­ment vous, mais aussi votre employeur, dans l’illégalité, au mieux au niveau comp­table, au pire au niveau pénal (tra­vail dis­si­mulé, c’est-à-dire du tra­vail au noir).

Alors pour lever toute ambiguïté :

Toute per­sonne qui fac­ture doit avoir un SIRET. Pas d’exception. Même les artistes. Même les artistes qui ne gagnent pas beaucoup.

 Voici ce qu’en dit le site expert-comptable-tpe.fr :

Contrai­re­ment à ce qu’on entend sou­vent, il n’existe pas d’exonération per­met­tant de fac­tu­rer ponc­tuel­le­ment sans être immatriculé.

Les gens font sou­vent une confusion :

  • avec l’exonération qui per­met de ne pas fac­tu­rer de TVA jusqu’à un cer­tain mon­tant (fran­chise en base : 32.100 euros pour les pres­ta­taires de ser­vices, 80.300 euros pour les ventes)
  • avec le régime de la micro-entreprise (mêmes limites) qui per­met de ne pas tenir de comptabilité.

Mais ces deux régimes, ne vous dis­pensent en rien de votre obli­ga­tion de devoir être imma­tri­culé et d’avoir un numéro Siret pour fac­tu­rer, même ponctuellement.

Si vous avez donc une petite note d’honoraires à émettre (par exemple : 500 ou 1.000 euros), vous devez obli­ga­toi­re­ment être ins­crit, au moins en tant qu’auto-entrepreneur.

Et comme il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints, voici ce que signale La Mai­son des artistes elle-même !

Toute per­sonne qui désire pré­sen­ter et com­mer­cia­li­ser sa créa­tion artis­tique dans le(s) domaine(s) des arts gra­phiques et plas­tiques doit obli­ga­toi­re­ment se décla­rer auprès de l’administration fiscale.

La page men­tionne éga­le­ment une seconde iden­ti­fi­ca­tion, auprès de la Mai­son des artistes cette fois, qui elle est  facul­ta­tive en-dessous d’un cer­tain niveau de revenu. C’est sûre­ment ce qui explique pour par­tie la croyance comme quoi l’artiste n’a pas besoin de rem­plir de papiers.

La même page détaille les démarches à effec­tuer, donc artistes, sui­vez les démarches pour être en règle.

Pour ceux qui dou­te­raient encore, il y a une solu­tion impa­rable (pour peu qu’elle soit bien rédi­gée, sans ambi­guité) : une demande de res­crit fis­cal adres­sée en recom­mandé à l’administration fis­cale (géné­ra­le­ment, votre centre des impôts). Mais sachant qu’ils ont un délai de six mois pour vous répondre, mettez-vous juste en microBNC + fran­chise de TVA, par exemple en EIRL (un artiste ne peut être auto-entrepreneur)c (microBNC + fran­chise de TVA), c’est plus rapide, ça peut être fait en quelques jours.

Merci à Emma­nuel Rimo­rini, Nico­las Faline et Aman­dine pour les relec­tures et précisions.

Vive le mariage pour tous !

J’écrivais sur Google+ il y a quelques jours que j’étais opposé au mariage homo­sexuel. Mon argu­ment : le mariage est une ins­ti­tu­tion reli­gieuse et en France au moins, le mariage civil serait un non-sens (et il se pas­sera du temps avant que l’Église accepte le mariage de deux hommes ou deux femmes). A la place, je pro­po­sais une union civile. Bref, une ques­tion de ter­mi­no­lo­gie ? Oui, mais les mots ont leur importance.

J’ai depuis changé d’avis. Tyrian Dunaé­dine m’a rétor­qué en com­men­taire que le mariage exis­tait avant l’Église et, à bien le com­prendre, est indé­pen­dant de la reli­gion (le fait que les Romains se mariaient sous la béné­dic­tion pro­ba­ble­ment d’Hestia et les Égyp­tiens sous celle de pro­ba­ble­ment Neph­tys ne change rien à la chose ; la reli­gion reste secon­daire). Main­te­nant que la ques­tion de la reli­gion est écarté, je suis donc.

Pour le mariage pour tous

Pas que la mariage homo­sexuel. Le mariage pour tout être en état de com­prendre les impli­ca­tions (ben oui, je suis anti­spé­ciste et même pro­ba­ble­ment plus anti­spé­ciste que bien des anti­spé­cistes, puisque je ne me limite pas aux ani­maux). Autant la mariage d’une femme avec un dau­phin est… anec­do­tique (tant que les dau­phins ne seront pas pro­vo­lués), autant demain, la ques­tion du mariage robo­sexuel devra être abor­dée sérieu­se­ment (voir en pas­sant cette vidéo de Char­lie Fox­trot sur le sexe et les robots). Ou le mariage avec une intel­li­gence arti­fi­cielle. Et pour­quoi pas le mariage poly­game (je n’ai pas dit poly­amour, où il n’y a pas for­cé­ment mariage (vision­nez Le Bon­heur à ce sujet, même si la rela­tion est dés­équi­li­brée et mal­saine), ou poly­gy­nie, mais poly­game, donc autant plu­sieurs femmes par homme que plu­sieurs hommes par femmes ou bien plu­sieurs hommes avec plu­sieurs femmes) aussi.

Du moment que c’est entre per­sonnes consen­tantes et plei­ne­ment éclai­rées, je suis pour. Ensuite, c’est à la loi de s’adapter aux hommes et non le contraire.

Nota : le mariage poly­game est inter­dit en France, de même que les rela­tions sexuelles avec des mineurs de moins de 16 ans. Ce billet n’est pas un appel à l’illégalité, mais une réflexion d’herméneutique juri­dique (le pour­quoi pro­fond d’une loi). Je n’encourage pas le mariage poly­game dans l’état actuel des choses (femmes contraintes et exploi­tées, non réci­pro­cité puisque la poly­an­drie est très rare — de plus, de mul­tiples ques­tions fis­cales se posent) et condamne avec la plus grande véhé­mence l’exploitation d’enfants ou de per­sonnes dont le psy­chisme ne serait pas suf­fi­sam­ment déve­loppé, quel que soit leur âge.

Les robots arrivent (Robot Revolution: Androids are coming)

Très bon repor­tage (en anglais, mais vous avez un sous-titrage et un trans­cript auto­ma­tiques) sur l’état actuel de la robotique.

Uti­lité prin­ci­pale : pré­pa­rer le public, pour évi­ter les peurs et que, l’esprit calme, les réflexions inté­res­santes puissent enfin avoir lieu (com­ment gérer l’emploi – que l’on soit sala­rié, déci­deur poli­tique, patron ou mana­ger –, la sénes­cence ou la garde des enfants dans un monde mas­si­ve­ment robo­tisé). Pour moi, ce genre de vidéo est un pro­lé­go­mène. Ce n’est pas une fin, c’est un début.

Mes­sage encou­ra­geant même pour ceux qui connaissent bien le domaine : l’uncan­ny­ness dis­pa­rait avec le temps (uncan­ny­ness : malaise décou­lant de l’Uncanny Val­ley ou vallée_dérangeante, ce moment où la res­sem­blance avec un être humain est si frap­pante qu’elle cesse d’être posi­tive et devient d’un coup très négative).

4:31 :

The lon­ger [the humans] are in the room, the more they came to accept [the android] being in the room?

Yes, and the uncan­ny­ness disappears.

En fran­çais :

Plus [les humains] res­tent long­temps dans la pièce, plus ils acceptent la pré­sence [de l’androïde] dans la pièce ?

Oui, et le malaise disparait.